Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Dec-1-08

Odyssée (suite)

Posted by Nancy

Je serai brève sur cette deuxième partie de mon récit. Sachez que Tony a pu utiliser une pièce mise à sa disposition quand nous sommes arrivés sur les lieux. Après avoir renoncé à son jus et mangé plutot mal que bien, le ciel lui a épargné l’inconfort de la voiture pour se changer. Une compensation appréciable vu tout ce qu’il avait déjà enduré et ce qu’il devait encore subir.

En fait, moi je digérais péniblement le mauvais état des routes, mais pour le reste c’était bien. J’ai pu visiter mes deux frères, jouir de la pluie et apprécier l’effort de ceux venus nous écouter. Rudolph était lui aussi content d’avoir tenu bon.

– “Un week-end réussi !” n’arrêtait-il de dire, et en effet il avait raison. Si nous nous étions découragés par le mauvais temps, nous ne serions pas partis et nous n’aurions pas eu la joie de la réussite.

Mais que restait-il a Tony ? Il faudrait le lui demander, car les deux vols, la pluie, les cahos qui l’envoyaient ballotés de chaque côté du véhicule ont eu raison de sa résistance. Cependant, la prochaine fois, je suis certaine qu’il sera le boute-en train du groupe et qu’il passera au camp des taquins pour s’amuser aux dépends de Rudolph !

Feb-2-07

Sur la route du retour

Posted by Nancy

Bénéficiant d’un billet d’avion valable pour un an, Rudolph et moi nous optons pour la route au retour. Nous pourrons donc utiliser notre deuxième coupon à notre prochain voyage au Cap. Sa voiture prêtée à Harry à l’aller s’en retournait avec beaucoup moins de monde prévu, autant en profiter pour jouir du paysage un peu plus luxuriant sur ce versant Nord.

Nous laissons le Cap dans l’après-midi à 4h. Le retour se fera en deux étapes. Pour nous permettre de nous reposer de la fatigue du trajet nous dormirons à la maison aux Gonaïves. La route est malaisée par endroits obligeant Harry à ralentir, ce qui me permet de bien observer les alentours. Trois chaines de montagnes seront traversées à tour de rôle. La première, La Coupe Limbé, est la moins haute, elle domine cependant la superbe baie de Camp Louise, que les couleurs du couchant teintent de rose et de gris bleuté. Nous nous extasions en choeur, n’étant jamais lassés des beautés de notre pays même abimées et non entretenues. Que seraient-elles dans leur plein épanouissement? Des merveilles qu’aucun mot ne saurait décrire. Après nos exclamations enthousiastes, Rudolph et Harry pensent en meme temps à la photo obligatoire, approuvée par Devige et moi.(à suivre)

Bientôt vous aussi serez bouche bée à la vue de notre formidable baie.

Jan-30-07

continuons notre voyage capois

Posted by Nancy

Me revoici à l’aéroport du Cap-Haïtien accueillant mon ami Rudolph qui vient comme moi faire un travail particulier dans la ville. Il se coince à l’avant de la pick-up que j’ai pu nous trouver pour le récupérer. En route, je lui fais un bref compte-rendu de ma première journée, puis nous nous préparons à l’interview radio devant avoir lieu dans une demi-heure, c’est à dire à 4h pm.

A la radio, c’est l’enthousiasme complet. Beaucoup d’éditeurs posent des questions en direct sur les sujets ésotériques et spiritualistes qui constituent la trame de l’émission. Certains sont même venus sur place rencontrer l’invité spécial d’antenne-Jeune, de radio Maxima. Rudolph est intarissable et nous deux sommes bien contents que le milieu capois puisse montrer un si grand intérêt aux choses de l’esprit dans le domaine de la spiritualité. Cependant, après une dure matinée cahotée et ballottée dans les transports publics je n’étais plus bonne à rien après plus d’une heure d’entretien. Il me tardait de rentrer chez Henry, mon frère, qui nous offrait son hospitalité, pour manger, me laver et me reposer. Mon désir de bien-être fut mis à l’épreuve car nous dûmes patienter fort longtemps pour combler nos besoins légitimes. Une panne importante obligeait Henry à se procurer un autre véhicule et pour cela attendre celui d’un ami. De plus ma nièce tenait à une séance de cinéma, que je trouvais incongrue, vu les circonstances, mais à laquelle nous dûmes nous plier. Il fallait attendre la fin du film ne pouvant la laisser et la maison étant à plusieurs kilomètres de la ville.

Dans un premier temps, des oranges juteuses apaisèrent partiellement notre faim devenue cruciale entre temps. La petite marchande de douze ans épluchait avec compétence les fruits démandés. N’allait-elle donc pas à l’école? Ou était-ce une activité post-scolaire? Elle avait l’air neutre d’une personne ne pouvant plus s’étonner de rien. Rudolph lui offrit la somme pouvant lui permettre de s’acheter une autre cuvette pour contenir ses oranges, car la sienne menaçait de se fendre complètement. Elle remercia sans chaleur bien qu’avec sincérité. A mon avis, la lassitude et le découragement avaient eu raison d’elle. Devra-t-elle remettre l’argent à quelque sévère marâtre?

A sept heures du soir, le ventre toujours creux et les oranges largement digérées, nous atteignons enfin le cabinet d’Henry où ma belle-soeur avait eu la lumineuse idée de nous faire apporter notre repas. Dégustant du poisson frais accompagné de notre riz et pois national nous jouissions de la lune montante et d’une bonne brise vespérale. En guise de dessert, nous eûmes des cacahuètes grillées et chaudes et des bonbons à la menthe. C’est un mélange que nous faisons souvent chez nous en Haïti . Rassasiés, nous devisions calmement attendant ma nièce Audrey. (A suivre)