Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Jun-6-09

Scène dans un cimetière

Posted by Nancy

Hier, j’ai assisté aux funérailles du frère d’une amie qui était un très bon camarade de travail de mon mari pendant de très nombreuses années.

Mon mari et moi étions en avance au cimetière où devait se tenir une brève cérémonie, puisque le corps revenait des Etats-Unis où avait déjà eu lieu une messe.

Le salon funéraire qui devait acheminer le corps était en retard, le prêtre aussi. Je me demandais si le défunt ne retardait pas exprès le moment de la séparation définitive. Surtout qu’au moment de fermer la bière il y eut le blocage du système. Plusieurs personnes s’attelèrent à cette fermeture sans pouvoir y arriver. Cela me confirmait ma pensée.

Enfin comme il fallait que le défunt acceptât sa nouvelle situation et comme sa volonté avait été respectée jusqu’au bout par son fils, il se laissa faire.

Finalement la mise en terre se fit. J’exprimai le désir de partir, mais mon mari voulait profiter du moment de la collation qui était prévue au cimetière également pour retrouver d’anciennes connaissances.

J’oubliai la torture de mes pieds souffrant dans les chaussures neuves tout juste étrennées et je restai. A mon désir de lui faire plaisir, j’ajoutai une intention de guérison pour un être cher et je supportai avec légèreté.

Alors que je me servais d’une boisson, une poulette se faufila parmi nous en chantant son oeuf. Ma compagne s’exclama :

“Elle a un oeuf, si elle le pond là, je le mange! ”

Moi de lui répondre :

” C’est une poule sociable, qu’elle puisse ainsi sans crainte venir chanter.”

Quelqu’un d’autre de dire :

” Elle est habituée à voir du monde”

Voir du monde dans un cimetière, cela ne devait pas être tous les jours en nombre important, mais qui sait?

Nous nous laissâmes distraire par cette poule un moment puis je décidai que là il fallait vraiment que j’y aille.

Au retour, j’eus un léger moment de panique quand je ne sentis plus mes pieds sous la pédale de la voiture. Mes orteils étaient tout à fait ankylosés mais ma volonté de vivre me conduisit à la maison.

Ce matin m’est revenue l’image de la poule, heureuse d’annoncer qu’elle portait en elle la vie, son nouvel oeuf ! Et c’est à ce moment que je compris le message qu’elle avait voulu transmettre.

La vie se renouvelle sans cesse gardez confiance en elle.

Sa présence ne me parut plus insolite comme elle l’avait été hier. Ce n’était donc pas par hasard qu’elle avait été avec nous. Nous avions besoin de la consolation qu’elle nous offrait avec courage, sans crainte d’être chassée. Nous devions savoir que son oeuf, symbole de vie chantait en elle.

Qu’elle meilleur endroit pour manifester la vie continue sinon au cimetière !

Nov-6-08

Le nouveau monde est en marche

Posted by Nancy


Félicitations Mr Obama !
Comme beaucoup d’Amours de Lumière, je me réjouis grandement de l’élection de Barack Obama, 44ème Président des Etats-Unis.
Je souhaite de tout mon coeur que les pouvoirs des 7 rayons l’accompagnent tout au long de son mandat : Protection et endurance, sagesse et intelligence, amour et compassion, pureté et idées créatrices, santé et prospérité, paix et service, liberté et élévation humaine et spirituelle.
Il en aura bien besoin !
Sa première grande mission humaine est déjà largement accomplie.
Celle de transformer les mentalités raciales de ce pays et d’ouvrir à la tolérance. Il a largement rempli son rôle et plus rien ne sera comme avant sur cette planète.

Il y a quatre ans, en groupe, nous avions demandé quel président allait être élu et le maître avait répondu à peu près ceci : Peu importe, celui qui sera élu cette année, cela ne changera rien, par contre, c’est celui qui sera élu dans quatre ans, qui changera tout et mènera à l’arrivée du nouveau monde pour 2012.
J’étais donc sure que ce serait Obama qui serait élu. Il ne pouvait en être autrement.
Ceci prouve combien les mentalités changent.

Il prend sa mission dans un contexte vraiment très ingrat. Deux guerres, catastrophe monétaire et humaine, pauvreté; délabrement des édifices… aussi, offrons lui notre courage et nos meilleures vibrations de réussite.
Vous pouvez lui envoyer vos félicitations grâce à l’association Avaaz qui compte regrouper plus d’un million de signatures :
http://www.avaaz.org/fr/million_messages_to_obama

Le nouveau monde, doit être différent.
Les mentalités et les comportements doivent changer.

Beaucoup ont peur de cette transformation, car elle mène automatiquement à des pertes.
Comment voulez-vous que le gâchis commercial qui est fait actuellement et qui pollue énormément la terre et cause des pertes financières cesse, si les hommes ne sont pas prêts à faire un effort de réduction d’achats ?
Faut-il dire récession ou réajustement des besoins ?
Quels sont nos vrais besoins ?
Regardez vos placards, ne débordent-ils pas de vaisselle, linges et vêtements, chaussures et autres objets divers ?
Et côté nourriture… armoire à pharmacie… produits d’entretien…
Sans parler des appareils ménagers de toutes sortes et je crois le plus, ce sont les jouets pour les enfants.
A peine né, un bébé est couvert de peluches…
Les parents achètent des cadeaux à leurs enfants toute l’année, sans aucune raison, pour d’abord ‘se’ faire plaisir et souvent pour compenser leur absence.
L’argent ne peut pas acheter la présence qui est indispensable. Les liens échangés entre les auras sont indispensables pour que l’enfant se construisent. Les hommes ne savent pas toujours cela.
Lorsqu’une maman prends son enfant dans ses bras, elle lui transmet des informations, sa vibration, une partie de son savoir.
De même pour le papa et tous ceux qui touchent cet enfant.

De la même manière, lorsque deux adultes se touchent, il y a échange d’informations au sein du corps éthérique. C’est pour cela que les relations physiques sont importantes.
Deux personnes qui dorment côte à côte s’échangent aussi des informations, de l’énergie.
L’un peut ‘pomper’ l’autre… et parfois, il y a des couples qui se maintiennent ainsi parce que l’un soutien l’autre énergétiquement, mais il s’épuise aussi physiquement.
Il est important alors à cette personne qui en a conscience, de se recharger dans la nature par des marches, des grandes respirations, mais aussi du repos, une nourriture légère et vivante (graines germées, petites pousses de salade, légumes et fruits crus, amandes et autres fruits secs naturels), pas d’alcool mais beaucoup d’eau et de tisanes vivifiantes et dépuratives.
Le bon fonctionnement des organes de filtration est important.

Le nouveau monde se veut plus juste, équitable, respectueux de toute vie.
C’est un peu le monde utopique dont parlaient déjà Platon ou Francis Bacon (incarnation de maitre St Germain).
Je suis une grande utopiste ! Je crois à ce monde plus conscient et juste pour tous et c’est pour cela que j’agis en conscience pour qu’il arrive.

Aussi, si vous voulez ce nouveau monde, prenez vos responsabilités et osez changer ce qui doit l’être.
Tout doit être réajusté, régénéré, transformé…
Le système financier (retour à un système de valeurs réelles), la façon de soigner (plus axé sur la causalité que sur l’effet) , la façon de construire (avec des matériaux bons pour la terre et des énergies renouvelables) , de conduire (plus respectueux et souples), tous les moyens de transport (zéro pollution et sécurité accrue), les moyens de tester les médicaments et autres (fin de la souffrance des animaux de laboratoires qui seront remplacés par des machines), fin de l’utilisation de produits qui détériore la terre (des nouveaux produits et méthodes naturelles seront mis en action), changement dans l’éducation (plus d’intercommunication entre élèves et profs, et plus d’autonomie surveillée)…
D’énormes transformations, et ce n’est qu’un morceau d’une grande liste !
Tous les humains ont leur rôle à jouer.
Nous avons chacun notre rôle !
Commençons donc par balayer devant notre porte et voir ce que nous pouvons vraiment faire pour apporter cette ouverture au monde.
Belle réflexion
Joéliah
amourdelumiere.fr
Merci de diffuser en gardant la source y compris cette ligne.

Jun-8-08

Naissance d’un quartier

Posted by Nancy

La première fois que je vis Silver Shores, c’était pour le Grand Opening d’une communauté prochaine dans la ville de Miramar. Des gens se rendaient en foule pour choisir emplacement et modèle de leur future maison. Nous étions parmi ceux-là. J’accompagnais mon fils dans sa nouvelle acquisition qui se révélait être une étape d’un autre ordre, puisque d’un town-house il allait expérimenter une maison individuelle.

Aux Etats-Unis, les maisons particulières ne sont pas permises à tout un chacun, les gens habitent plutôt des appartements. Cependant, le projet d’une ville neuve ayant un caractère méditerranéen avait germé dans l’esprit des bâtisseurs avec l’accord de leur gouvernement. Il fallait rendre accessibles à une majorité des maisons individuelles cadrant davantage avec la nouvelle conception.

Ce qui me plait de vous relater est la naissance de cette communauté que j’habite en Floride en alternance avec ma résidence haïtienne.

Mon fils a été le premier à loger dans la parcelle B de Silver Shores. Je me souviens avec assez d’acuité du vaste chantier autour de nous. Des bruits incessants et des corneilles gourmandes qui s’amusaient à éventrer les sacs poubelles devant la porte. Aucun service de voierie n’était encore en place. Il nous fallait nous rendre ailleurs pour déverser les sacs. Cependant, les oiseaux ne nous accordaient aucun répit s’il nous arrivait de paresser pour jeter les ordures. Quand mon fils n’était pas disponible certain jour, je me chargeais de les chasser pour lui donner le temps. Néanmoins, souvent ils me devançaient et c’était la corvée inévitable !

Notre jardin était souvent envahi par les ouvriers qui venaient s’approvisionner en eau ou parfois juste se reposer. Partout les matériaux de construction empêchaient ce bienfaisant répit. Cette opportunité de trouver une certaine forme d’accueil ne fut pourtant pas le souci de leur reconnaissance quand ils eurent chapardé notre tuyau d’arrosage. L’indélicatesse de quelques-uns priva les autres de ce bienfait, car les responsables interdirent désormais notre cour aux ouvriers, après avoir reçu nos doléances.

En moins d’un trimestre, les voisins s’amenèrent et le cul de sac fut occupé. Le travail de construction me fascinait. Jamais je n’avais connu une telle technique ! L’armature de la maison était constituée de poteaux en fer sur lesquels étaient déposées des poutres en bois. Les murs creux s’élevaient d’une fondation en béton puis se recouvraient de plâtre. Plancher et plafond s’élaboraient sur cette base. Les fils électriques et les conduits de téléphone couraient dans les espaces à combler avant d’etre intégrés dans des tuyaux en plastique.

Tous les toits sont ornés de tuiles rouges s’harmonisant avec les beiges, les roses et les ocres des maisons. Un jardinet garni de palmes disposés en triangle accueille à la façade où court un buisson d’hibiscus. Mis à part de rares changements de plantes, tous les jardins offrent la même allure. Les façades des maisons diffèrent pourtant s’il s’agit, de Bentley, de Savoy, d’Avallon ou de Graham, soient les modèles proposés.

La manie uniformisatrice de l’Amérique, par souci d’égalité peut-être, avait réuni une majorité de Bentley dans notre parcelle, à notre grande déception. Nous pensions vraiment qu’une maison individuelle nous redonnerait cette originalité haïtienne à laquelle nous aspirions même en terre étrangère. Enfin il fallut bien accepter l’évidence du pays qui nous recevait.

Matin et soir je faisais de grandes promenades m’ébahissant de la rapidité des constructions dans les rues avoisinantes. En même temps que les maisons s’érigeaient, les trottoirs se construisaient. Aux bords des allées piétonnes étaient déposés des arbres adultes retenus par des cordes fichées en terre. Cela aussi m’étonnait grandement, je ne croyais pas qu’un arbre puisse prendre racine passé l’âge adulte. Tous les arbres étaient pareils. Je me réjouissais de ma chance d’avoir plus de liberté dans mon pays. Pourtant une certaine harmonie se détachait de l’ensemble et mes promenades me valaient quelques sympathiques saluts. Cela aussi me changeait de l’habituelle indifférence américaine. Des personnes chaleureuses faisaient oublier les autres qui n’avaient rien à offrir, il y avait l’espoir d’une véritable communauté.

Mon récent voyage d’Europe m’a apporté cette certitude du changement dans le monde. Les gens se reconnaissent frères, il semble. Pour la première fois je sentais l’affection de ceux que je rencontrais ; à Paris surtout, qui malgré tout avait l’air de s’humaniser.

Un lac artificiel donne l’illusion d’une plage à certains riverains et les grandes fougères complètent le décor voulu méditerranéen. L’Amérique avait mis l’Europe dans ses murs !

A suivre

Sep-1-07

Impressions de voyage (suite)

Posted by Nancy

Paris est restée telle quelle, comme je la connais depuis plusieurs années, belle, distante, fière et hautaine. Cependant les nouveaux Français lui mettent une touche de chaleur très agréable. Néanmoins au cours de ce voyage particulier j’ai surtout retenu quelques faits insolites. Les voici :

L’hotel est logé au troisième étage d’un édifice commercial. C’est ma première expérience du genre.

L’ascenseur peut contenir officiellement deux personnes. Dans la réalité il faut compter une personne. Car mon amie et moi qui sommes un peu rondes tenions à peine dans l’espace. Les bagages peuvent monter un à un ou deux carry-one et une personne. Cet ascenseur reste pour moi une curiosité quand je pense qu’il dessert un hôtel.

La dernière trouvaille est une chaîne chinoise ou japonaise, mais plutôt chinoise quand j’y repense, parmi celles qui sont proposées. Alors là, je me suis dit : La Chine est bien présente dans le monde si Paris peut lui réserver une place dans l’un de ses hôtels.

Pour finir, mes impressions, j’ai été assez surprise d’apprendre combien la communauté juive a repris ses droit à Berlin en particulier mais aussi un peu partout dans les lieux que j’ai visités. Je pensais qu’une majorité résidait en Israël et aux Etats-Unis où ils tiennent une grande part du commerce et qu’il n’y avait qu’une petite communauté en France de préférence à Paris. Je m’étais vraiment trompée !

Par exemple à Dresde ou Dresden en allemand, les Juifs ont une place importante et ils y sont très actifs. Cette ville allemande s’est relevée de ses ruines grâce au courage de ses femmes. Mais au contraire de Berlin, les habitants ont conservé le charme original de leur ville. Tout a été reconstruit comme avant. Cela a été leur méthode pour oublier les souffrances de la guerre. Maintenant ils peuvent vivre dans un décor agréable et offrir à leurs jeunes les merveilleux souvenirs d’avant guerre.

Je crois que c’est ce qui manque à la capitale allemande, elle a perdu son âme et bien que les habitants vivent sous verre, leurs sentiments ne transparaissent pas.

Mes amis et moi avons rencontré des gens gentils partout où nous sommes passés. Ils étaient heureux de rencontrer des Haïtiens. Beaucoup désiraient connaître notre beau pays. Pour une fois ils ne nous ont pas rappelé le souvenir de papa Doc! J’ai trouvé cette nouvelle attitude d’un bon présage.

Apr-23-07

Rasin

Posted by Nancy

Rasin

Les tambours vibrent à l’unisson, les danseurs tourbillonnent à leurs rythmes, emportés par la musique qui réveille le souvenir profond des sons primordiaux à l’origine de la création. Les mains sur le cuir s’agitent en cadence, légères ou pesantes, effleurant ou tapotant. Les vibrations passent à travers toutes les rangées des spectateurs. Beaucoup se trémoussent sur place, certains balancent la tête, mais tous sont captivés par ce qui se passe devant eux. Après la danse légère et colorée de deux couples en entrée, suit le reste de la troupe simulant une cérémonie vodou qui elle, sera suivie des Raras. A leur vue me sont venues des réflexions que je partage avec vous.

Les vodouisants ont le culte de Ancêtres qu’ils interpellent sous le vocable de lwa au cours d’un certain rituel. C’est ce qu’ils appellent rasin et qu’en anglais on traduit pas roots depuis qu’une grande majorité vit aux Etats-Unis. C’est ainsi, que débarquant dans une ville américaine, j’y suis accueillie avec un spectacle particulier de mes compatriotes d’origine. Je me demande pourquoi ils livrent aux profanes, ce qu’ils ont de sacré ? Pourquoi en font-ils un spectacle payant ?

Les rituels sacrés se déroulent dans un lieu dédié à cet effet en principe, mais là, sous mes yeux, les ousi en robe blanche, sous la conduite du maître de cérémonie, agitant son ason, s’exhibent en actrices.
Il n’y a désormais aucune danse traditionnelle qui ne soit liée au vodou quand on présente Haiti. N’y a-t-il rien d’autre pouvant nous identifier ? Ceux qui sont comme moi des Haïtiens et des Haïtiennes d’origine et de fait, habitant au pays sans être vodouisants, sont-ils des laissés pour compte ? Faut-il au vingt et unième siècle voir un paysan en gros bleu, son alfò à l’épaule avec une lavandière comme compagne pour caractériser les habitants de notre île? Nous sommes donc d’après ces images et ces spectacles, un peuple figé qui n’évolue pas et qui n’a aucune réelle croyance, puisque sans aucun respect pour un culte ancestral et sacré !

Le paysan français ou américain, chausse ses bottes, enfourche son tracteur et exploite ses hectares de terre. On ne le voit plus en sabots, avec un sarrau, sur les photos touristiques. Chez nous, ils n’ont pas de tracteurs, ils ne cultivent qu’un lopin, cependant, bien que travaillant encore pieds nus, ils savent s’habiller d’une façon moderne et aiment être photographiés en tenue du dimanche. Ils n’ont pas de télévision mais ils ont une radio et un portable. Beaucoup ont voyagé au Canada ou aux Etats-Unis et en France. Ils apprennent de leurs enfants plus instruits qu’eux, et comme tout être intelligent, ils savent s’adapter.

Sortez-les donc du cliché dans lequel vous voulez les enfermer, et permettez aux Haïtiens qui ne sont pas vodouisants de vivre et de prier comme ils l’entendent. Laissez le sacré des rasin dans les oufò. Quand vous voudrez montrer des danses traditionnelles, que ce soit uniquement celles qui se dansaient dans les fêtes champêtres sous les tonnelles d’autrefois. Et quand vous afficherez une représentation en salle, mettez-y la chorégraphie moderne sur des rythmes traditionnels, de la même façon que vous avez converti des mets orientaux, français, africains et autres, en typiques mets haïtiens après y avoir ajouté vos épices et votre savoir faire particulier.

Soyez vous-mêmes, tout en évoluant et en respectant l’autre. Bien sûr, ceci ne sont que mes propres réflexions qui n’engagent que moi.

Néanmoins chers compatriotes et amis, réfléchissez-y je vous en prie. Avez-vous déjà vu en salle de spectacle, une cérémonie juive, une messe ou tout autre rituel d’un culte, traduisant les croyances profondes de ceux qui les pratiquent ?

Mar-31-07

Boat People

Posted by Nancy

Les gens du bateau, ou bateau du peuple, traduisez le mot comme vous l’entendez, il ne vous donnera jamais la vraie signification de tout ce qu’il contient. Car vous ne penseriez peut-être pas y mettre des assassinats, des noyades accidentelles, des abandons, des captures et des renvois, en plus du dépouillement de tous ceux qui peuvent être rangés sous ce vocable, par leur compatriotes passeurs.

la télévision annonce périodiquement l’action des garde-côtes américaines qui interceptent les frêles embarquations d’Haïtiens voguant vers la Floride. Il n’y a pas longtemps une centaine a débarqué sur la plage de Hallendale, causant beaucoup d’émois dans la population. Après les avoir nourris et soignés ils seront rembarqués. La déception se mêlera à leurs souffrances et ils reviendront encore plus pauvres qu’avant. Au pays on les enfermera en prison comme des malfaiteurs et ils croupiront dans la crasse et la malnutrition, pour avoir voulu vivre mieux. Ce mieux hélas, pour ceux qui réussiront à en réchapper, sera un esclavage déguisé. Assez, assez, grâce, pitié !

Hier à une émission sur une des chaines françaises, c’est le calvaire des Somaliens et des Ethiopiens qui y était montré. Le journaliste a vêcu l’enfer de ces boat people pour interpeller le monde sur la barbarie organisée sous le regard de la police. Il a eu le courage et l’héroisme de filmer, dans des conditions périlleuses, la traversée de ces gens vers le Yémen. Il a pu atteindre la côte yéménite par miracle avec un groupe de naufragés. Car les passeurs, quand ils ne tuent pas les malheureux pour les dépouiller de leur maigres avoirs, en dépit du fait de toucher $4o dollars pour le prix du passage, ils les jettent en mer à l’approche des côtes. Seuls ceux qui savent nager atteindront cette sorte de hâvre.

Les gens savent qu’ils paient pour une mort presque certaine. Ils s’y risquent malgré tout car ils sont désespérés. Leur pays ne leur offrent rien et leurs compatriotes sont trop heureux de les tuer et de les voler. Ce journaliste a voulu crier vers les Etats-Unis, qui s’est érigé en chef du monde, Ils s’étaient déjà impliqués en Ethiopie pour mettre au pouvoir le gouvernement actuel, ils pourraient intervenir pour rétablir l’ordre comme ils prétendent le faire partout. Faisons le voeu que l’appel sera entendu pour les Ethiopiens et les Somaliens. Personne ne semblent vouloir intercéder pour nous les Haitiens. Il y a bien un groupe qui proteste maintenant en Floride contre le renvoi de la centaine fraîchement arrivée, mais, qui l’écoutera ?

Chers amis du net, cela vous est-il arrivé de penser que la terre n’appartient à personne et que ceux qui se l’approprient sont des anarchistes. Que s’il y a autant de pauvres c’est parce-que certains se sont enrichis en dépouillant les autres comme ils continuent de le faire car le créateur a placé assez de richesse sur sa planète pour tous. Chacun devrait pouvoir se trouver un coin pour vivre dans la discipline et le respect des autres sur cette terre. Aucune loi divine n’impose une patrie de force à quelqu’un. De la même façon les prédateurs ont jugé bon de se doter de territoires là où leur force en a imposé, tout le monde devrait pouvoir vivre en paix sur la partie du globe qui lui conviendrait mieux.

Le temps n’est-il pas venu d’agir de facon concrète  pour que cesse l’injustice ! l’engagement de le faire doit être pris par chacun en son âme et conscience. Ce n’est pas par la force qu’on arrivera au changement, la révolution n’a jamais donné de changements durables. A l’heure où l’on parle de développement durable, il est temps d’évoluer, d’avoir des regards nouveaux, de sortir de notre égoïsme, de regarder l’autre comme un frère, et la terre comme la patrie commune à tous; nous y avons tous droit.

Mar-20-07

Francophonie

Posted by Nancy

Cela voudrait dire : ensemble des pays ou la langue officielle est le français, ou promotion pour ne pas perdre la langue française acquise par la colonisation. En plus clair, garder les liens d’intérêts. Tout ça c’est très bien, mais je voudrais réfléchir un peu avec vous sur la signification de la francophonie en Haïti.

Aujourd’hui met fin à une quinzaine consacrée à la francophonie. Des manifestations culturelles et co…. Mais le quart de la population ne s’exprime pas en français, les trois quart ne le comprennent pas du tout. La langue se perd dans le milieu, car sous l’action des politiciens de tous bords, le créole est surtout la langue officielle désormais. A l’école le programme de l’Education Nationale revisée déjà sous le gouvernement de Jean-Claude Duvalier préconise d’enseigner le français comme langue étrangère, pratiquement aux abords du secondaire.

Je me suis toujours demandée pourquoi le gouvernement n’ouvrait pas des maternelles publiques avec des jardinières d’enfants compétentes, pour éduquer dès leur jeune âge les petits Haïtiens dans tous les domaines d’éveil mais aussi à parler non seulement le français mais également l’anglais et l’espagnol.

Pourquoi ? Nous avions déjà hérité d’une culture française de part nos origines, dont nous ne pourrons jamais nous en défaire. Autant donc bien connaître cette langue désormais nôtre pour nous ouvrir au monde francophone. Nous sommes situés en Amérique, avantage non négligeable, surtout que les Etats-Unis constituent l’Eldorado pour nos compatriotes. La moitié de l’île est hispanique et l’Amérique du Sud n’est pas loin non plus. Vous voyez la chance qu’auraient les petits enfants d’avoir ces trois atouts linguistiques, en plus des autres matières scolaires à leur portée !

Les écoles maternelles restent privées avec pour fréquentation une certaine élite quand elles sont “classes”, sinon les enfants vont plutot en garderie plus ou moins surveillées quand elles sont “peuples”. Dans les premières ils sont plutðt bien formés et parlent français ; parfois même recoivent un rudiment d’anglais. Combien sont de cet acabit ? Les autres continuent de parler créole et de baragouiner un semblant de français. Au lieu de ramener les ignorants à un plus haut niveau on va les rejoindre dans leur incurie.

Ainsi pendant quelques années j’ai enseigné le français en sixième secondaire, appelée depuis septième année fondamentale. La première année le livre utilisé était encore à la portée des élèves. Nous avions pu terminer le programme sans grandes difficultés, bien que parler français dans la cour de l’école n’était plus exigé et que la promotion du créole se faisait à grands renforts de slogans comme : le français est pour les bourgeois, et les zuzu.

La deuxième année je n’ai pu voir que la moitié du livre, l’année d’après on utilisait le bouquin du certificat d’études primaires. Quand je dû traduire en créole le petit fascicule émis par l’Alliance Française titré le Français Facile, je donnai ma démission comme professeur de français. La situation a continué à se dégrader et la population s’est installée dans le créole fière de dire ; ” se kreol mwen konn pale” (Je ne parle que le créole)

Alors aujourd’hui quel est le sens de la francophonie chez nous ? Le ministre, en faisant appel aux rares personnes qui parlent et comprennent encore le français pour organiser des manifestations culturelles à Port-au-Prince, bien sûr, afin de plaire au gouvernement français qui ne nous lache pas, sans trop nous tenir; se ment à lui-même je crois.

Ceux de chez nous, qui sont des écrivains connus, des hommes de lettres renommés, sont ou d’un certain âge ou d’un âge certain. Les quelques plus jeunes ont reçu leur formation ailleurs, heureusement. Les francophones haïtiens habitent les Etats-Unis et leurs enfants ne parlent plus français.