Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Un lac charmant dans les Laurentides au Canada

Feb-20-09

Une part de moi au ciel

Posted by Nancy

lune-et-coeur.gifUne fois, le ciel j’ai touché,

Un bout d’ongle lui ai laissé.

Cette petite part dans l’ailleurs,

Garde maintenant mon coeur

Accroché.

Ce  petit arc lumineux

Se réfléchit dans mes yeux

Apaisés.

Dec-21-07

Un Heureux appel

Posted by Nancy

Ce soir, je revoyais un film pour me délasser l’esprit tandis que je me reposais sur la chaise longue. Je pensais me mettre au lit tôt, très tôt. Cependant j’ai dû prolonger mon temps de pause devant la télé pour attendre le silence bienfaisant de la maison. Il s’est finalement installé fort tard, ce qui me vaut d’être encore éveillée à onze heures passées. Néanmoins, si ce n’était la visite inopinée du voisin et le film réparateur, j’aurais râté l’heureux coup de fil.

La voix au bout du fil accusait un fort accent canadien, je n’attendais personne de ce côté du monde, aussi ai-je pris quelques secondes pour identifier ma correspondante. Je l’ai d’abord prise pour mon amie canadienne résidant ces jours-ci au Mali. Et je lui disais : “tu es chez toi depuis quand ?”

Je n’ai pas bougé de la maison, Il y a tout plein de neige dans le décor !  “J’aurais bien aimé la partager avec toi ” lui répondis-je. Je m’interrogeais tandis qu’elle continuait :

” As-tu reçu mon message  de l’année dernière ? J’ai appelé tes deux fils pour te trouver. Heureusement que cette fois tu es là. Cependant pense à dire à tes fils que la prochaine fois que j’appelerai qu’ils n’oublient pas mes messages. “

” Combien de petits-enfants as-tu depuis la naissance du premier ?”

Quatre mais j’en attends un cinquième pour bientot, et toi?

“Moi j’en ai deux “

Je savais que mon amie en séjour au mali n’en avait aucun, alors je lui demande :

Qui t’a rendue grand-mère ?

Sa réponse m’amena à la réalité de l’appel et avec elle une bouffée de joie.

Celle qui me parlait fut longtemps ma compagne de classe, et comme de plus nous étions voisines,  j’allais souvent  étudier chez elle pour profiter du silence et de la fraîcheur de sa cour boisée.

Après le brevet, tandis que je me rendais à la capitale pour devenir normalienne, elle partait pour le Canada qu’elle n’a jamais laissé. Je n’ai plus eu de ses nouvelles pendant vingt ans. Puis nous nous revîmes pour constater que nous avions le même métier. Elle me fit avoir plusieurs livres de pédagogie quand elle sut que j’avais ma propre école, puis me promis de m’écrire desormais sans faute.

C’est ce qu’elle fait depuis nos retrouvailles. Cette année elle m’a fait la surprise de l’appel.

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Apr-23-07

Rasin

Posted by Nancy

Rasin

Les tambours vibrent à l’unisson, les danseurs tourbillonnent à leurs rythmes, emportés par la musique qui réveille le souvenir profond des sons primordiaux à l’origine de la création. Les mains sur le cuir s’agitent en cadence, légères ou pesantes, effleurant ou tapotant. Les vibrations passent à travers toutes les rangées des spectateurs. Beaucoup se trémoussent sur place, certains balancent la tête, mais tous sont captivés par ce qui se passe devant eux. Après la danse légère et colorée de deux couples en entrée, suit le reste de la troupe simulant une cérémonie vodou qui elle, sera suivie des Raras. A leur vue me sont venues des réflexions que je partage avec vous.

Les vodouisants ont le culte de Ancêtres qu’ils interpellent sous le vocable de lwa au cours d’un certain rituel. C’est ce qu’ils appellent rasin et qu’en anglais on traduit pas roots depuis qu’une grande majorité vit aux Etats-Unis. C’est ainsi, que débarquant dans une ville américaine, j’y suis accueillie avec un spectacle particulier de mes compatriotes d’origine. Je me demande pourquoi ils livrent aux profanes, ce qu’ils ont de sacré ? Pourquoi en font-ils un spectacle payant ?

Les rituels sacrés se déroulent dans un lieu dédié à cet effet en principe, mais là, sous mes yeux, les ousi en robe blanche, sous la conduite du maître de cérémonie, agitant son ason, s’exhibent en actrices.
Il n’y a désormais aucune danse traditionnelle qui ne soit liée au vodou quand on présente Haiti. N’y a-t-il rien d’autre pouvant nous identifier ? Ceux qui sont comme moi des Haïtiens et des Haïtiennes d’origine et de fait, habitant au pays sans être vodouisants, sont-ils des laissés pour compte ? Faut-il au vingt et unième siècle voir un paysan en gros bleu, son alfò à l’épaule avec une lavandière comme compagne pour caractériser les habitants de notre île? Nous sommes donc d’après ces images et ces spectacles, un peuple figé qui n’évolue pas et qui n’a aucune réelle croyance, puisque sans aucun respect pour un culte ancestral et sacré !

Le paysan français ou américain, chausse ses bottes, enfourche son tracteur et exploite ses hectares de terre. On ne le voit plus en sabots, avec un sarrau, sur les photos touristiques. Chez nous, ils n’ont pas de tracteurs, ils ne cultivent qu’un lopin, cependant, bien que travaillant encore pieds nus, ils savent s’habiller d’une façon moderne et aiment être photographiés en tenue du dimanche. Ils n’ont pas de télévision mais ils ont une radio et un portable. Beaucoup ont voyagé au Canada ou aux Etats-Unis et en France. Ils apprennent de leurs enfants plus instruits qu’eux, et comme tout être intelligent, ils savent s’adapter.

Sortez-les donc du cliché dans lequel vous voulez les enfermer, et permettez aux Haïtiens qui ne sont pas vodouisants de vivre et de prier comme ils l’entendent. Laissez le sacré des rasin dans les oufò. Quand vous voudrez montrer des danses traditionnelles, que ce soit uniquement celles qui se dansaient dans les fêtes champêtres sous les tonnelles d’autrefois. Et quand vous afficherez une représentation en salle, mettez-y la chorégraphie moderne sur des rythmes traditionnels, de la même façon que vous avez converti des mets orientaux, français, africains et autres, en typiques mets haïtiens après y avoir ajouté vos épices et votre savoir faire particulier.

Soyez vous-mêmes, tout en évoluant et en respectant l’autre. Bien sûr, ceci ne sont que mes propres réflexions qui n’engagent que moi.

Néanmoins chers compatriotes et amis, réfléchissez-y je vous en prie. Avez-vous déjà vu en salle de spectacle, une cérémonie juive, une messe ou tout autre rituel d’un culte, traduisant les croyances profondes de ceux qui les pratiquent ?