A travers cette fenêtre d’Astoria, j’admire une vigne vierge décorant la vitre, puis un arbre dont les branches feuillues cachent à demi quelques maisons; pas de gratte-ciel cette-fois. Sur cet arbre, la présence quasi constante d’oiseaux chanteurs en matinée.
Ce matin ils ont reçu la visite éclair d’un écureuil gris. Un bout de cour abandonné offre des fleurs jaunes et des fleurs mauves. Ces fleurs ne s’inquiètent pas de qui les verront; la nature est si abondante qu’elle se contente de donner sans compter. Elles poussent parmi les herbes folles, heureuses de s’épanouir au soleil qui semble vouloir s’installer.
Cette vue quotidienne me comblait jusqu’a ce matin, avant qu’un homme ne décide de tout arracher. Sa machine m’a forcée à mettre la tête dehors pour constater le dégat.
Du coup les oiseaux se sont tus, puis se sont enfuis. Plus de fleurs mauves désormais et les quelques jaunes qui restent,…jusqu’à quand?
Peut-être cet homme a-t-il besoin de planter des légumes ou à son sens de plus jolies fleurs ! Peut-être aussi trouve-t-il ces plantes sauvages de mauvais effet. Bref Il doit sûrement avoir une bonne raison. Et je me dis: ” heureusement que je ne suis pas passée à côté de toute cette beauté si généreusement offerte !”
Au moins j’ai un souvenir dans mon coeur. Je ne l’entretiendrai pas, car il faut savoir avancer sans attache et vraiment vivre au présent. Néanmoins, j’aurai remercié le ciel pour ce bonheur passager. En vous le décrivant amis lecteurs, je l’aurai partagé et il aura accompli sa mission.
Et il me reste les oiseaux et leurs chants matinaux, il y a toujours compensation.
Bientôt je partirai, je ne saurai pas ce que le bonhomme aura mis dans son jardin, mais, est-ce important? J’irai vers de nouvelles joies toujours prêtes à mon service.
Mon maladroit dessin mettra sa note particulière à ce séjour si enrichissant !
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Il est peut-être 2h du matin, je ne m’inquiète pas de savoir l’heure. La rue est déserte, les trains se rarefient. Cependant même vides, ils continuent de passer. C’est ainsi que j’ai pu observer un unique voyageur descendant de l’un d’eux. Il est étrange dans ce décor vide où les feux de la rue continuent inlassablement de réglementer une circulation inexistante.
Dans le ciel, la lune à son dernier quartier avant qu’elle ne soit pleine, prend son temps pour achever son cycle. Une brume partielle cache les building d’en face tout en mettant une note de mystère dans le décor. Une paix m’envahit et une pensée de gratitude me vient à l’âme. La beauté du moment, éclairé par la lune, me fait penser que partout dans le monde, la nature met sa touche personnelle pour nous réjouir le coeur.
A 3h heures , j’ai regardé le réveil pour vérifier la cadence des trains à cette heure, un train s’avance, déchargeant une douzaine de personnes. Est-ce des couche-tard puisque nous sommes au vendredi? Est-ce des employés rentrant finalement chez eux? Je m’amuse à trouver de multiples raisons à leur présence tardive sur le quai. Mais en définitive ne sommes nous pas à New-York où la vie se ralentit à certaines heures mais ne s’arrête jamais !?
Quand enfin je retrouve mon lit, il est déjà presque 4 heures et les activités de la rue reprennent…
Néanmoins j’ai vécu une formidable expérience qui valait vraiment la peine de raccourcir ma période de sommeil.
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Que peut-on voir à travers une fenêtre à Brighton Beach?
Un train omni présent, des logements en gratte-ciel,quelques passants et des véhicules de toutes sortes. Somme toute, rien que du banal pour un quartier de New-York.
Pourtant on s’étonnera de la présence d’une mouette sur la cheminée d’en face. On découvrira une famille de moineaux très adaptée à la vie urbaine, se logeant dans une gouttière.
Tout ce beau monde piaille et chante dès l’aurore. Néanmoins, à travers cette fenêtre je ne me serais pas attendu à voir cette envolée de pigeons exécutant des virevoltes artistiques, en début d’après-midi, sur un fond de ciel limpide nettoyé par le vent froid venant de la mer.
Un spectacle inédit pour une Haïtienne en séjour ! Alors que la presse relate des hécatombes d’oiseaux de par le monde, je jouis de la vue d’une centaine d’acrobates ailés.
Cette fenêtre m’offre une bolée de joie “free”, j’accroche mon coeur à ces brins de bonheur et mes pensées compatissantes accompagnent les Japonais, les Birmans, les Libyens et toutes les autres âmes souffrantes. Elles peuvent entrevoir l’espoir au travers de mes yeux admirant ces oiseaux porte-bonheur.
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J’ai ouvert les yeux
Juste à temps
Pour, à travers un pan
De fenêtre, voir aux cieux
Un éclair
De lumière.
Le soleil s’est accroché
A un bout d’aile
D’un objet au ciel,
Et l’éclat s’est reflété
Dans mon regard,
M’offrant une part
En ce nouvel An,
De cette joie tranquille
Qui rend l’âme juvénile.
Beau cadeau de l’instant
Pour mes soixante cinq ans !
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