Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Jan-16-10

Les deux faces du moment present

Posted by Nancy

Chez nous nous vivons au jour le jour, pas seulement parce que nous sommes pauvres et que les jours sont incertains mais surtout à cause de notre manfoubinisme que l’on peut traduire par indifférence profonde pour l’avenir. En d’autres termes le je m’en fout des français.

Aussi nous vivons sans projection d’avenir ni pour soi ni pour les autres. Cette disposition d’esprit concerne également le gouvernement. Nous avons donc dévaster les forêts à outrance sans penser à reboiser. Nous avons exploité les carrières de sable jusqu’à fragiliser intensément les montagnes; nous avons bâti les maisons dans les moindres espaces sans souci de la solidité du terrain ni même de la compétence de l’ingénieur, qui le plus souvent est un contremaître maçon.

Mille fois les spécialistes ont appelé à la prudence prévoyant l’ampleur du cataclysme que nous vivons, mais personne n’a écouté. Bon Dye Bon an nou viv !! ( Dieu est bon, vivons!!)

Et nous avons vécu comme nous avons pu dans l’insouciance, le carnaval prioritaire, le rara et autres…..

Et bien sûr comme tout enfant gâté, nous sommes en colère et accusons les retards des aides que l’on nous doit !!!!

Carpe diem d’un autre côté est, ce que les sages préconisent. Comment donc concilier les deux.

Voilà comment j’ai vêcu les jours depuis le 12 janvier fatidique où j’ai perdu mon pays.

J’ai compris concrètement que 15 minutes avaient suffit pour faire disparaître toutes les créations humaines si péniblement réalisées.

Les personnes autour de moi, qui m’avaient saluée la veille avec un à demain joyeux, je ne les ai plus revues.

Chaque minute que j’ai partagée avait été importante parce que j’y avais mis mon attention et mon cœur et je m’étais montrée disponible à accepter la volonté du ciel sur les circonstances que je ne peux ni changer ni influencer, par notre si Bondye vle (si Dieu le veut). Dieu est très présent chez nous et nous le vivons sincèrement chacun à notre façon.

Nous devrions donc. prévoir les meilleures conditions à notre portée pour nous offrir des jours plus féconds et plus fructueux, puisque nous devons sur terre vivre notre condition humaine. et, faire confiance au Cosmique, en prenant le temps de vivre profondément et avec détachement les minutes offertes.

C’est à mon avis une bonne façon de comprendre le moment présent car je viens justement d’en faire l’expérience lumineuse qui m’a confirmé que le manfoubinisme est de l’irresponsabilité infantile.

Nous devrions donc nous attacher aux choses et aux gens pour nous ancrer sur terre et intégrer nos expériences et en même temps nous détacher de tout puisque nous ne sommes pas des humains mais Dieu dans une multiple expérience humaine appelé à retourner à l’unité le Un, la seule et unique réalité.

Nov-17-09

PAPOTAGES A UN ENTERREMENT

Posted by Nancy

” Il est beau ce jeune Homme ! Depuis enfant il était beau, il l’est resté !”

” C’est qui, à ses cotés ?

“Son frère ingénieur.

” Tu as vu la femme assise auprès de lui ?

” Oui mais je ne sais pas qui c’est .

” Comment ! tu n’as pas reconnue la femme de X ? Tu ne l’as pas saluée ?

” Bien sûr que je l’ai saluée mais je ne l’ai pas reconnue, comme toujours d’ailleurs. Et l’autre, c’est lui qui est malade ?

” Oui.

Il faut préciser que la femme de X est veuve depuis plusieurs années, néanmoins le fait d’attirer l’attention sur elle dénote un blâme au lieu d’un encouragement d’avoir enfin quelqu’un sur qui s’appuyer.

Ces deux dames s’exprimant ainsi étaient venues, en principe, présenter leurs sympathies à la famille éplorée, mais sans se gêner faisaient allègrement leurs commentaires sur cette famille.

L’une est un des rares spécimen de la bourgeoisie agonisante du pays qui se veut parlant uniquement le français. L’autre est d’une certaine classe plus récente, mélangeant comme la plupart de nos compatriotes, le créole et le français dans toute conversation. Soi dit en passant, il y a dans la vague des nouveaux venus ceux qui acceptent de dire quelques mots de créole dans leur américain ne connaissant pas assez le français officiel.

Au fait, ces dames occupaient leur temps en attendant la levée du corps. La cérémonie prévue pour 10hres était largement en retard; déjà, l’exposition s’était faite attendre.

Quelqu’un mieux renseigné annonça à la personne près de moi :

Ce sera pour 11hres car les funérailles d’un membre important de l’église n’est pas encore terminée, c’est une messe concélébrée.

Mais l’église avait pris rendez-vous pour 10h, enfin !

Discrètement quelques personnes s’en allaient n’ayant pas prévu de rester si tard. Une dame méticuleuse refit le tour des membres de la famille les saluant à nouveau avant de se retirer.

Les autres continuaient leur papotages à voix basses, riant parfois, se déplaçant pour rencontrer des gens perdus de vue et retrouvés pour la circonstance.

Le mort, on n’y pensait pas trop; à la famille encore moins. Bref…..