Sur un des versants du Puilboreau à l’entrée de Chatard
Les maisons sont frileusement enveloppées de brume, car le soleil n’est pas encore là sur la montagne. Ceci est encore un paysage capté lors de mon voyage de retour du Cap-Haïtien que j’ai eu le bonheur de vous relater dans mes précédents posts.
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Ce que vous allez suivre, a commencé il y a 38 ans. J’étais beaucoup plus jeune sans aucun doute, mais aussi naïve que je l’étais, je ne pense pas que j’en trouverais beaucoup à la veille de cette ère du Verseau.
Nous habitions une jolie maison au style original comme je les aime, avec un escalier en colimacon pour accéder sur la grande terrasse en face des chambres. Cet escalier spécial et unique était l’élément principal du décor. Il s’enroulait autour d’un gros poteau creusé d’un ruban sur toute sa hauteur. Ce ruban prenait des teintes diverses quand je voulais renouveler la peinture extérieure. Des poteaux similaires se retrouvaient dans l’architecture des trois maisons construites par mon mari. Ce qui faisaient dire à mes amis : ” C’est normal qu’il mette son nom partout “. Ils faisaient allusion aux deux syllabes qui terminaient son patronyme. Cependant, même quand ils étaient un peu excessifs, ils ne déparaient pas et surtout garantissaient la solidité de nos habitations.
Cette maison qui m’accueillit le jour de mon mariage est à Passe-Reine, petite localité située à 18 kilomètres des Gonaïves. Si je mentionne la distance, c’est pour que vous compreniez pourquoi des cours de conduite automobile me furent proposés. Cet engin indispensable me défia longtemps sans que j’y prenne garde. Mais dès le moment où je décidai de lui faire face, je le matai comme je le fais de tous défis se présentant à moi. Cependant mon histoire avec la voiture étant assez spéciale, je veux la partager avec vous.
Un ami de mon mari, Lucien, se chargea de m’apprendre à conduire. Ma jeunesse me permit un apprentissage aisé et rapide. Huit jours après les premières lecons, j’abordais déjà la conduite en ville. Il ne me restait plus qu’à pratiquer pour me parfaire. Mon mari pour s’en convaincre, m’invita à une longue promenade-test. Je gravis les flancs du Puilboreau, chaîne de montagne assez élevée traversant les départements de l’Artibonite et du Nord de mon pays Haïti. Je m’acquittai de l’épreuve avec brio, y compris les arrêts et les démarrages et bien sur l’action de garer dans ma cour. C’est la seule fois où je fus à l’aise et insouciante derrière un volant. Ne me demandez pas pourquoi je ne le sais pas moi-même. Peut-être que si, comme l’avait conseillé Lucien j’avais continué à pratiquer aurais-je gardé cette attitude relaxe de cette toute première fois. Ce ne fut pas le cas. Dès le lendemain, mon mari vendit la voiture pour n’utiliser désormais que celle de la compagnie qui l’employait et à laquelle je n’avais pas droit. L’expérience s’arrêta aussitot commencée. (à suivre)
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