Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Jan-22-10

Après La catastrophe

Posted by Nancy

Toujours dans les neiges éternelles de Shasta, encore sous l’émerveillement de mon séjour,  je regardais un OO7 bien tranquillement à la maison, avec ma famille et mon frère venu en séjour. Cet après-midi de ce 12 janvier ne me prépara pas du tout à cette effroyable catastrophe.

Néanmoins j’ai survêcu avec ma famille et la maison  a tenu bon. Il a fallu par prudence vivre dans les rues. Après 6 jours,  avec toutes les difficultés que vous ne pourrez même pas imaginer ne les ayant pas vêcues, j’ai pu quitter le pays. C’est cete traversée vers Santo Domingo pour aboutir à Miami chez mon fils aîné que je veux vous raconter aujourd’hui.

Avec Lucien Balmyr, venu assister aux funérailles de son oncle victime du cataclysme, je laisse Port-au-Prince à 2h pm ce dimanche 17 janvier 2010. Nous allons vers la république voisine, car American a annulé le vol que je devais prendre et je sentais l’urgence du départ. Je laissais le pays avec peine et ceux que j’y laissais me déchiraient le coeur. Cependant au fond de moi c’est comme si je mourrais  forcée de tout quitter sans attache. Ce sentiment ne m’a plus quittée depuis. D’un seul coup j’acceptais la mort, la séparation d’avec ceux que j’aime, les choses que je possède, la maison… Plus rien n’avait la même valeur. Je n’avais ni faim, ni soif.

La voiture de Lucien chauffe ce qui nous vaut des arrêts pour la refroidir et mettre de l’eau dans le radiateur. J’accepte une bouteille d’eau  et une de jus que je bois entièrement. J’étais déshydratée sans m’en rendre compte.

Je ne peux communiquer avec mon mari qui obstinément était retourné aux Gonaïves. J’arrive à parler à mon amie Jacqueline et à lui faire mes adieux; c’est elle qui annoncera mon départ à mon mari et à mon fils absent de la maison.

Sans incident nous arrivons à Santo-Domingo à 11hpm il n’y a aucune place dans aucun hotel, les Haïtiens qui laissent le pays occupent tout. Mon vol avec Jet Blue est prévu pour 5h 20 am. Je décide de rester à l’éroport car je devrai obliger mon ami à se réveiller aux heures de la nuit pour m’y conduire. D’ailleurs les heures passeront vite. Pourtant elles se sont étirées bien plus loin…

Tous les sièges sont occupés à l’aéroport. Je m’installe sur une marche d’escalier, toute fatigue momentanément envolée.

J’écris, je me promène en attendant 3h am pour le “check in”, hélas la foule de passagers se rendant à Boston et à New-York retarde ceux de Fort Lauderdale. Ils doivent passer d’abord.

Je suis épuisée, on m’offre un fauteuil roulant qui en cet instant est le bienvenu. Je n’en ai jamais voulu et meme je ne suis jamais assise là-dedans. Tout est vraiment relatif car quand on me l’a proposé je me suis estimée chanceuse. La ligne est désespérement longue et les heures passent.

J’embarque finalement à 9h am ;cela m’avait fait la plus longue nuit jamais supportée. J’avais bien résisté et à midi je rentrais saine et sauve à la maison.

La dernière secousse de magnitude 6.5 hier matin a décidé mon fils et mon mari. Leur passage sera pour eux plus hasardeux mais ils devront assumer leur choix.

Ils sont arrivés aujourd’hui, nous sommes ensembles. Pas heureux, ne pouvant l’être avec toute la détresse laissée là-bas,  mais soulagés de pouvoir être ensembles

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Nov-17-09

PAPOTAGES A UN ENTERREMENT

Posted by Nancy

” Il est beau ce jeune Homme ! Depuis enfant il était beau, il l’est resté !”

” C’est qui, à ses cotés ?

“Son frère ingénieur.

” Tu as vu la femme assise auprès de lui ?

” Oui mais je ne sais pas qui c’est .

” Comment ! tu n’as pas reconnue la femme de X ? Tu ne l’as pas saluée ?

” Bien sûr que je l’ai saluée mais je ne l’ai pas reconnue, comme toujours d’ailleurs. Et l’autre, c’est lui qui est malade ?

” Oui.

Il faut préciser que la femme de X est veuve depuis plusieurs années, néanmoins le fait d’attirer l’attention sur elle dénote un blâme au lieu d’un encouragement d’avoir enfin quelqu’un sur qui s’appuyer.

Ces deux dames s’exprimant ainsi étaient venues, en principe, présenter leurs sympathies à la famille éplorée, mais sans se gêner faisaient allègrement leurs commentaires sur cette famille.

L’une est un des rares spécimen de la bourgeoisie agonisante du pays qui se veut parlant uniquement le français. L’autre est d’une certaine classe plus récente, mélangeant comme la plupart de nos compatriotes, le créole et le français dans toute conversation. Soi dit en passant, il y a dans la vague des nouveaux venus ceux qui acceptent de dire quelques mots de créole dans leur américain ne connaissant pas assez le français officiel.

Au fait, ces dames occupaient leur temps en attendant la levée du corps. La cérémonie prévue pour 10hres était largement en retard; déjà, l’exposition s’était faite attendre.

Quelqu’un mieux renseigné annonça à la personne près de moi :

Ce sera pour 11hres car les funérailles d’un membre important de l’église n’est pas encore terminée, c’est une messe concélébrée.

Mais l’église avait pris rendez-vous pour 10h, enfin !

Discrètement quelques personnes s’en allaient n’ayant pas prévu de rester si tard. Une dame méticuleuse refit le tour des membres de la famille les saluant à nouveau avant de se retirer.

Les autres continuaient leur papotages à voix basses, riant parfois, se déplaçant pour rencontrer des gens perdus de vue et retrouvés pour la circonstance.

Le mort, on n’y pensait pas trop; à la famille encore moins. Bref…..

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