La lune porte un burqa
Le sais-tu ?
Elle est dans l’anonymat
Le vois-tu ?
Sûr, c’est pour mieux aguicher;
Tout est dans les yeux n’est-ce pas ?
Vois donc son regard briller
En cette splendide aurore !
« Un côté ne suffit pas
Du mystère j’en donne encore »
C’est le message de ce voile,
Cette tenue inattendue!
N’est-ce pas un peu compliqué
Ce barrage de toile?!
De toi qu’est-il advenu?
De cette coquetterie
Ma foi un peu incongrue
J’ai souri ma chère amie.
Pourquoi vouloir nous priver
De la splendeur de ta vue ?
As-tu depuis, renoncé
A nous offrir ta brillance ?
Quand tu es simplement là,
Ta lumière, ta présence
Sans burqa,
Avec juste ta beauté
Sans fard, et sans nul détour,
Ayant ta simplicité
Comme seul atour,
Ma très chère amie crois-moi
C’est mieux, je t’assure, mille fois.
Elle s’est laissée dévoilée…
Pas tout à fait convaincue
Elle a remis son burqa
Se sentant peut-être nue.
Pourtant non ; la revoilà
Maintenant bien dépouillée
De son voile superflu.
Serait-ce un tout nouveau jeu
En ce matin si brumeux?
Mais là, pour nous étonner
Encore plus
Elle étale sa rondeur
En présence du soleil
Comme le font toutes les femmes
Donnant tout plein de bonheur
A l’aimé, à son réveil
Car lui, connaît leur âme.
C’était un jeu amoureux !!
Si longtemps, tellement longtemps
Que la lune attend son preux,
Le preux chevalier d’antan!
Pour nous aussi sur terre
Lune et soleil à la fois
Nous comble d’une totale joie.
Est-ce déjà le changement d’ère ?
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Très peu de maisons sont éclairées. Beaucoup jouissent encore de leur lit n’ayant pas à travailler ou peut-être n’étant pas obligés de s’occuper d’envoyer leurs gosses à l’école. Je marche dans une légère pénombre, cependant il est 6hrs. Il fait frais, l’atmosphère est calme , un air me monte aux lèvres…. Des oiseaux accompagnent mon chant.
Ce matin j’irai de l’autre côté du boulevard. La première fois que je m’y étais aventurée, je m’étais longtemps perdue avant de retrouver mon chemin. Il n’en sera pas question cette fois car je me retrouve plus facilement et de plus je prendrai le soin de refaire le même trajet en sens inverse.
Une dame promène son chien, c’est la seule présence en dehors de la mienne. Le chien se méfie de moi et me montre une sorte d’hostilité. Sa propriétaire a de la difficulté à le calmer. Je rebrousse sagement lui laissant son domaine.
J’admire les arbres qui sont bien plus gros de ce côté de la communauté. Devant une maison, un palmier multiple s’étend en largeur et en hauteur. Il a dû être fertilisé pour être aussi imposant.
Une voiture passe, puis deux chats s’amusent à éventrer un sac poubelle. L’un est gris l’autre parfaitement noir, exactement comme les miens. Je souris me surprenant à penser que les miens sont revenus en vie et sont là pour me visiter.
Je les regarde un moment, les salue d’un muet message puis continue ma route. Il est temps d’aller à mon rendez-vous avec le soleil. Je constate que je préfère l’ambiance de mon quartier, juste par habitude je crois.
Arrivée au bout de la route je m’aperçois que certains en ont fait une décharge. Je n’ai plus de place pour m’asseoir. Je reste donc debout.
Bien vite le ciel se colore de rose et de bleu. Couleur de l’amour et de la force. Des paquets de nuages noirs circulent paresseusement, venant de la tornade annoncée peut-être.
Rejetant la tète en arrière je m’ébahis de toute la soie qui s’effiloche sous mes yeux. Le spectacle est immense et me donne un sentiment de liberté en même temps que de mon ancrage ici-bas.
Bientôt l’or se répand effaçant le noir, et ajoutant ainsi la Sagesse aux deux précédentes vertus.
C’est le moment de rendre grâce, de communier et d’envoyer des pensées d’amour, de paix et de consolation à mon pays, aux humains et à la terre elle-même.
Un point devient étincelant, il est là enfin et à nouveau la gratitude m’envahit. Je remercie les oiseaux, les arbres, les plantes, l’herbe, le ciel, les nuages et le soleil bien sûr à qui je demande de me purifier et de me régénérer. Je remercie également la terre qui me supporte et j’offre chaque instant que j’aurai à vivre.
Au retour, je constate que certains gicleurs s’activent pour arroser les plantes. Le jet chante en douchant. Quelques rares voitures se mettent en route. Le quartier est encore en silence quand je rentre.
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Chez nous en Haïti, le célèbre vieillard se nomme Papa Noël. Dans mon enfance tout le monde croyait en son existence dans tous les milieux, même les plus défavorisés.
Depuis quelques années la grande question est : Le Père Noël existe-t-il? Ou encore: Faut-il dire aux enfants que les cadeaux viennent des parents?
Je me rappelle de mes Noëls fraternels, faits de partage et de joie pure ! Quel émerveillement ! Ces moments sont inoubliables. Même maintenant je revis ces instants de bonheur sitôt que la date du 25 décembre approche. Je ressens un frémissement identique à ces temps-là.
Je plains ceux qui se sont privés de cette féerie, je plains aussi ceux qui ont permis qu’on la leur enlève.
Je me souviens du grand chagrin de mon fils de six ans quand son oncle lui cria :
Ki afe papa nowel saa ? (c’est quoi cette affaire de Papa Noël? )
Il me dit :
Je crois que si Papa Noël n’existe pas, rien ne vaut plus rien pour moi.
Et moi de lui répondre :
Si tu y crois, c’est vrai pour toi.
Chacun a ses croyances et ses valeurs, pour toi Papa Noël existe et c’est très bien ainsi.
Je n’avais pas compris la réaction de cet oncle face à un petit enfant mais les jours ont révélé une âme tourmentée, désabusée, plus à plaindre qu’à condamner. Il n’a pas su être heureux des joies qui s’offraient à lui. Il est passé à coté de sa vie.
Mon fils lui, alimente en lui l’émerveillement de l’arbre décoré,( chez nous c’était plutôt du buis) de la découverte des cadeaux, de l’ambiance particulière et des chants spéciaux appelant encore cette précieuse présence qui nous a tant donné !
Ses enfants perpétuent la grande joie de Noël léguée par ma mère, qui l’avait elle-même reçue de sa mère et que je me suis efforcée de garder vivace pour les miens.
Il y a autant de joie pour les parents que pour les enfants. Que de stratégie pour garder le merveilleux! Que de bonheur en enveloppant les cadeaux! On jouissait par avance des cris de joie qui accompagnaient les cadeaux frénétiquement déballés!
Si les voeux étaient satisfaits c’était encore plus extraordinaire, néanmoins l’arrivée mystérieuse des cadeaux leur ajoutait un rien d’indéfinissable qui les conservait comme de précieux souvenirs !
Mais avant la distribution, la famille se réunissait autour du dîner familial, celui-ci précédé de la petite fête offerte à nos camarades de jeux du quartier.
Nous prenions un moment pour prier avant d’aller au lit. Plus tard, la messe de minuit avec ses chants grégoriens et son Minuit Chrétien rappelait aux aînés que l’Amour s’était incarné sur terre et qu’Il y est toujours malgré les apparences.
Noël est une fête du coeur, et seuls ceux qui savent l’écouter peuvent en comprendre tout le charme.
Je souhaite à chacun, le plus beau, le plus merveilleux des présents : La Joie de Noël. Que chacun puisse entretenir leur plus belles croyances sans se soucier de la mode, des opinions ou de se montrer pragmatique.
Papa Noël viendra à eux
A Noël, un rien bien emballé et cela suffit, les grandes dépenses ne procurent pas forcément de grandes joies, il faut savoir communiquer, il faut savoir ressentir et recevoir.
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Mwen konn rete gendelè / Des fois je pense,
M’mande sa map fè /Je me demande ce que je fais
Sou la tè /Sur la terre.
Eske lavi s’on kado /Est ce que la vie est un cadeau ?
Oubyen se yon misyon sakre ? Ou plutôt une mission sacrée?
Eske tout diferans sa yo ?Est ce que toutes les différences
Se pa ganit foniti/Ne sont que “garniture” et “fourniture”
Nan plan bondye /Dans le plan de Dieu?
Nou gen nasyon devlope /Il y a des nations développées
Nou gen nasyon soudevlope ?Il y a des nations sous développées
Eske bondye gen fòs kote /Est ce que Dieu est injuste ?
Ou byen se plan ou ki travay /Ou c’est notre propre plan qui s’exécute
Pou sa nou ye ? /Pour ce que nous sommes?
Depi lontan lemond ap filozofe /Depuis longtemps le monde philosophie
Sou non bondye /Au nom de Dieu
Pou mande kilès bondye ye? /Se demandant qui est Dieu ?
Kijan’l ye, kiles liye ? /Comment Il est, qui Il est?
Men jamè mande tèt nou /Mais jamais vous ne vous dites:
Pou kisa lavi ?kisa lavi-a ye pito /Pourquoi la vie et de préférence qu’est ce que la vie?
Lavi-a se lanmou /La vie c’est l’Amour
Lavi-a se renmen /La vie c’est s’aimer
Lavi-a se lanmou liye /La vie c’est l’amour que c’est
Pigwo rezon lavi-a /La principale raison de la vie
Se renmen(bis) /C’est de s’aimer
Chak moun kap vin sou latè /Chaque personne venant sur terre
Yo gen yon jen yo viv lavi /A sa propre façon d’envisager sa vie
Lavi ka dous,lavi ka si /La vie peut-être douce, elle peut être acide
Konsa tou li ka anmè /Mais elle peut aussi être amère.
Sa depan de jan’w panse’l /Cela dépendra de votre façon de la voir
Se sa ki pral fasone /C’est ce qui façonnera
Fòma ou prefere. Le format que vous préfèrerez
Lavi pa lòt bagay /La vie n’est pas autre chose
Men lise relijyon lanmou /C’est la religion de l’Amour.
Paske nou chak gen yon wòl. /Chacun de nous a un rôle
Remen lavi, remen lanmò. /Aimer la vie, aimer la mort,
Paske pa gen yon ki ka egziste san lòt. /Car l’un ne peut exister sans l’autre.
Auteur : Jean-Gardy Salomon
texte original en créole, traduit en français par Nancy
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