Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Mar-4-10

une lettre exceptionnelle !!!

Posted by Nancy
Chers amis du blog,

Je vous invite à cette lecture si profonde et si vraie, car je pense que mes compatriotes la comprendront et éveilleront l’amour dans leur cœur. J’espère aussi que tous les autres lecteurs du monde s’ouvriront également à l’amour car pour chacun de nous ici sur terre je pense que tous les conflits seront résolus par l’amour, qu’ils soient personnels ou nationaux ou mondiaux.

La terre montre dans son langage particulier qu’elle n’est pas contente de ses enfants, qu’attendons nous pour nous aimer tous ! Que la planète s’effondre ?!

Que la Paix soit en vous et autour de chacun de vous.

Avec mon amour inconditionnel à chacun de vous

Nancy

Cher Monsieur Bissainthe,

J’ai attentivement lu vos propositions relatives à ce que je qualifierais d’aspiration à la “reconquête d’Haïti’, je voudrais vous rappeler cependant, que le diagnostic d’Haïti ne peut se faire sans considérer la source première du mal qui la ronge jusqu’à la moelle. C’est l’Haïtien, lui-même, qui – de par sa mentalité, ses complexes, son irresponsabilité et son absence de réel sens du devoir civique – enfonce le pays dans ce gouffre de misère et de médiocrité. Le mal d’Haïti, c’est nous qui le représentons.

Ne devrait-on pas essayer d’extirper le mal qui ainsi détruit le pays, en l’attaquant à sa source qui n’est autre que nous-mêmes ? Rien ne portera de fruits réels et durables, en dehors de la rééducation assumée du peuple Haïtien, auquel il manque jusqu’aux rudiments les plus élémentaires du civisme, du respect de soi et de l’autre…C’est la pâte humaine qui doit d’abord et essentiellement être remodelée, en Haïti, dans toute démarche de prise en mains du devenir du pays. »

Je ne savais pas si bien dire, puisque la lettre du Dr. Kelly Jean-Jacques à Manno Charlemagne, se référant à des propos que ce dernier aurait eu à tenir contre l’ex-président Jean-Bertrand Aristide suscita en moi des réflexions qui ne soutiennent que davantage ma perception de la situation du pays qui, de l’appellation honorable de Première République Nègre est passée tout bonnement à celle de « pays le plus pauvre », et pourquoi pas, le plus sale, du monde. Et voilà à ce compte, le bilan édifiant de deux cents neuf ans gérés dans la délinquance, l’inconscience, l’inconsistance, la corruption et le marronnage des dirigeants et des classes privilégiées de notre pays. Deux- cents neuf ans de gabegie, d’irresponsabilité et d’incurie plus ou moins générale dans la gestion des intérêts nationaux et la gouvernance du peuple haïtien, partant des enfants de nos aïeux à nous-mêmes, aujourd’hui.

Cette indignation du Dr. Kelly Jean-Jacques, et son acharnement à revendiquer le second retour du président Aristide pourraient faire croire que le temps s’est depuis, arrêté avec le départ de l’ex-président Aristide, qui -faut-il bien finir par le croire – compte tenu de l’irréfutable succès de son/ses mandats représenterait l’incontestable et unique sauveteur du pays. Hélas ! Comment peut-on encore perdre son temps et son énergie à ressasser l’espoir d’un pareil retour du leader Lavalas au pays quand, quels qu’aient été les raisons ou les prétextes allégués pour justifier les résultats des trois phases de gouvernance du président Jean-Bertrand Aristide au pouvoir, se sont, en fait, soldées par un échec patent, en termes de réalisations sociales, économiques et politique ? D’une part.
D’autre part, comment peut-on placer des passions politiques et le culte d’un homme au-dessus de tout intérêt national, quand on vit des moments interminables de désespoir en Haïti ?

Je suis encore à rédiger cette communication, et voilà que les balles se lancent, maintenant, de parts et d’autres, entre les membres du forum culturel, les organisateurs du Congrès de la diaspora en Floride et ceux-là qui opinent défavorablement sur la qualité de la tenue de ce rassemblement qui devrait être une toute première étape de réussite de l’unité au sein des différents groupes d’Haïtiens vivant au pays et dans la diaspora.

Quand bien même, force nous serait de placer toutes les raisons : ou du côté du Dr. Kelly Jean-Jacques, ou de celui de ceux-là qui critiquent le congrès, ou encore dans le camp des organisateurs, il faut se demander pourquoi il nous est à ce point impossible, à nous, Haïtiens, de débattre d’une question quelconque sans en venir à l’irrespect, sans s’installer dans l’intolérance, et sans plonger tête baissée dans les accusations, les insultes, le dénigrement, le viol de l’intimité individuelle, voire les menaces … ? Mais, pourquoi ?

Sans vouloir m’immiscer dans des chamailles de clans où je n’aurai sans nul doute, jamais ma place, et tout en me gardant d’initier une quelconque polémique avec qui que ce soit, j’assume cependant mes responsabilités de simple citoyen d’un pays qui est mien, autant que vôtre, en lançant un cri d’alarme, en faveur d’une prise de conscience de la gravité de la situation dans laquelle nous l’avons enfoncé ; et en renouvelant l’appel à l’unité entre nous, Haïtiens, de toutes classes et de toutes sensibilités sociopolitiques. Faute par nous, de nous reprendre et de nous résoudre à arrêter de glisser sur cette pente à issue « nulle part », nous nous retrouverons à admirer un jour, une Haïti tout à fait revigorée, belle et prospère…, aux mains de ceux qui peuvent mieux l’apprécier, la développer et la gérer avec intelligence, que nous- autres.

À tous ceux-là, qui sont encore rivés à des intérêts idéologiques creux et hargneux de partis qui ne pratiquent que du : « Ôte-toi, que je m’y mette », je me permets de faire remarquer que notre pays n’a pas besoin d’une kyrielle d’idéologies pour revivre. Le souffle salvateur qu’il faut lui insuffler se puise dans le civisme, l’honnêteté, la compétence, la vision des siens, d’une part ; et d’autre part, dans de judicieuses stratégies bien adaptées à ses réalités culturelles, sociales et géopolitiques, dans des lois balancées, dans des cadres institutionnel et juridique évidents…Notre pays a d’abord besoin de citoyens, de vrais.

Tous ceux-là auxquels ont été confiés jusqu’ici, les rennes du pouvoir en Haïti, semblent avoir manqué de l’une ou l’autre de ces vertus ; de l’une ou l’autre de ces qualités, au point d’échouer à chaque fois dans leur mission, de retomber également, dans les mêmes erreurs et de faire de l’espace de leur gouvernance, une scène statocratique de culte du moi et de représentation de leur délire mégalomane. Je ne cite même pas le pillage des deniers publics. Et le pays est là qui régresse et qui glisse à chaque fois, davantage vers le gouffre dans lequel il semble devoir chuter en définitive. Les mêmes histoires se sont répétées au fil du temps, dans le cours de l’égrènement des noms de leaders toutes souches et tous credo, sur le chapelet incommensurable des misères d’Haïti. Pas la peine de remonter à plus loin que les Duvalier, père et fils pour qu’en introspection rétrospective, nous ayons à reconnaître que la marche à reculons du pays emprunte une courbe sinusoïdale, mais se poursuit sûrement dans sa dégringolade vers le néant. Qui peut en prétendre autrement ?

Or, un pays ne meurt jamais, à moins d’une catastrophe naturelle qui l’effacerait de la surface du globe. C’est connu.

C’est son peuple et c’est son histoire qui se rapetissent, se déshonorent, s’avilissent. De même que c’est son peuple qui, par ses choix, par sa gestion de la chose publique, par le renforcement des liens sociaux à travers une démarche sociale éclairée, des structures environnementales tournées vers l’intérêt collectif, une planification économique et enfin un projet politique rationnel, lui assure un niveau de développement appréciable… Tout vient de l’Humain, passe par lui, rejaillit sur lui, et de même sur son environnement. Alors, ne serait-il pas temps pour nous de comprendre que le pays n’a pas d’oreilles pour entendre les tirades idéologiques de quelque nature qu’elles soient. Un credo, une idéologie, n’ont de réelle valeur que dans les fruits qu’ils portent en termes d’humanisation, et à travers les réalisations humaines et matérielles auxquelles leur caractère judicieux donnerait naissance. Et, là encore, il en faut de très peu pour passer du soi-disant endoctrinement au fanatisme le plus dangereux. Alors, laissons les doctrines dans tous les beaux livres et les discours mirobolants qui en parlent, et nous, faisons du défi d’actes pensés et utiles au développement humain, environnemental et sociopolitique en Haïti, notre seule et unique doctrine.

Haïti a faim. Haïti a soif. Haïti n’à que faire des mots… Haïti est dans l’attente de faits probants qui puissent la régénérer. Haïti n’a que faire d’un nationalisme verbal pompeux…Elle attend sa mise en route vers le progrès et sa résurrection par des citoyens conscientisés et responsables. Des Haïtiens.

Le pays a les yeux bandés par l’analphabétisme et l’absence d’esprit civique des trois-quarts de sa population dite éduquée. Le pays s’écroule sous le poids de la division, de l’aigreur et de la hargne qui installe une parodie d’unité en segments inégaux et éphémères, parmi ses enfants.
.
Qu’est-ce qui importe pour le moment ?
Pouvons-nous continuer de donner dans le « m’as-tu vu intellectuel », dans les querelles de chapelles et dans la guerre ouverte d’ego en sur -mesure, les uns plus énormes que les autres ?
Nous n’en avons pas le temps. Et, de cela, nous n’en avons que faire

Si vraiment nous nous soucions du devenir du pays que nous avons su si bien détruire dans son essence même, disposons-nous encore de temps pour nourrir toutes ces chicanes émergeant de droite, comme de gauche, et qui opposent ridiculement:
– les Haïtiens du dedans à ceux du dehors,
– les riches aux moins riches, et aux pauvres,
– les mulâtres aux grimauds, aux noirs, aux multicolores,
– Les bourgeois à tous les autres qui rêvent d’occuper leur place à la première occasion,
– les macoutes dits macoutes, à ceux qui s’en défendent, même en réitérant leurs plus inconcevables prouesses…
– les cheveux soigneux, dits bons, aux cheveux crépus, dits faits de pailles de fer
– les créolophones de fait ou ceux de contexte, aux francophones à degrés diversifiés
– Les partisans acharnés du créole exclusif, aux partisans du bilinguisme affirmé, et aux créolophobes convaincus,
– les professionnels et reconnus intellectuels, aux travailleurs manuels sous-estimés,
– les enfants de Mr. X ou de Mme Y, à ceux de boss Ti Jean, ou de commère Sô yette
– Les duvaliéristes bannis aux lavalassiens honnis, même à ceux-là d’entre eux qui furent jadis, de fidèles duvaliéristes et/ou jean-claudistes… ?

Trop longue serait la liste…s’il fallait la compléter. Mais, que d’antagonismes dans un si petit pays ! Que d’axes de division et de destruction, au sein de ce qui devrait constituer une nation ! Que de zones abruptes à aplanir pour qu’enfin l’Haïtien apprenne à s’aimer assez, pour ce qu’il est et à cultive l’estime de soi, le respect réciproque, et l’acceptation de l’autre qui vit près de lui dans toute sa différence ?

Si vraiment nous aspirons à travailler au relèvement du pays, avons-nous encore assez de temps à gaspiller à nous acharner dans une lutte qui dégrade, Haïti, à travers nous-mêmes. Une lutte qui déshonore le pays parce que considéré à travers le prisme de notre indignité de peuple. Non ! Nous n’avons pas davantage de temps à perdre.

Il me semble bien qu’étant donné l’urgence et la gravité de la situation, Haïti devrait à ce jour, représenter un immense chantier sur lequel nous nous pencherions avec un réel intérêt collectif, chacun dans sa sphère d’action : du plus fortuné au plus pauvre, du plus savant à l’inculte…Chacun pouvant être utile à son pays, dans les limites de ses possibilités intrinsèques. Point, n’est besoin d’être aux commandes du pays pour lui être utile !

Du citadin au paysan, de l’Haïtien du dedans à celui de la diaspora, du président de la république, au chef de section, du paysan notable, au pauvre cultivateur…la tâche est là, et qui attend d’être entamée…par nous tous.

Jusqu’à quand assisterons-nous en : impuissants, lâches ou indifférents, à ces petites, toutes petites chamailleries qui nous distraient des vrais problèmes à analyser, de la recherche d’une quelconque solution qui apporterait enfin un renouveau sous le ciel de notre pays, et qui ferait de nous_ cette communauté de parias aux yeux du monde entier_ à nouveau, un peuple apprécié, respecté.., un peuple qui s’impose par la grandeur de son idéal et de ses réalisations, par l’éclat de ses actes et par la beauté de son histoire re ennoblie. Un peuple, constitué d’hommes et de femmes dignes de ce nom…, de « Vrais » ?

Ne parviendrons-nous jamais à mettre en échec ce fameux dicton qui affirme que : « Depi nan Ginen, nèg rayi nèg. » ?

La honte pèse lourdement, très lourdement sur mes épaules… Pas sur les vôtres ?

Que lèguerons-nous à nos enfants, comme terre, comme Alma Mater ?

Mais, arrêtons nos dérapages gratuits, pour commencer enfin, et pas trop tôt, à amputer le mal, exactement là où siège la gangrène de division, d’individualisme et de haine…, en nous-mêmes !

Je nous accuse !

Carmelle St.Gerard-Lopez
Août 2009
Feb-13-10

appartenance

Posted by Nancy

J’ai vêcu le seisme en Haïti, j’ai dormi avec les miens dans les rues pendant six jours avant que je puisse laisser le pays. J’ai visité les lieux anéantis, j’ai eu les mauvaises nouvelles comme les bonnes.

Je compatis à la douleur qui règne dans le pays sur tous les plans. Cependant il a fallu que je regarde le documentaire sur les raisons qui ont justifié le tremblement de terre aussi terrifiant chez nous, que j’ai réalisé mon appartenance à la terre et le niveau d’angoisse que j’ai vêcu sans m’en rendre compte.

Les déchirures béantes de la terre écartelée, montrées par DISCOVERY CHANNEL je les ai senties dans ma chair. Les points rouges montrant le point de l’impact étaient des plaies dans mon corps. C’était douloureux et si réel, que j’ai réalisé non seulement que la terre est une créature vivante mais que moi aussi je fais partie de cette créature comme un organe de son corps; je suis une partie d’elle. Et depuis je comprends ses tourments, et je sais qu’elle n’est pas bien.

Jan-31-10

Haïti maintenant…..

Posted by Nancy

Le monde entier est venu au secours de mon pays et de ses habitants. J’ai été bouleversée par ce grand élan de fraternité !

Cependant hier en regardant certaines images et après avoir lu un article alarmant je me suis demandée si ceux qui viennent aider ont l’esprit d’entraide vraiment. Bien sur ma question concerne ceux qui amputent ad libitum parce que soi disant  ce ne sont  que des gens pauvres ! Quand ils sont maintenant handicapés, seront-ils plus aptes à travailler, à gagner leur vie, alors qu’ils n’y arrivaient pas en étant normal? !

Que dire de ceux qui rient et boivent devant les malades en ne tenant nul compte de leurs sentiments et de leur détresse. !!

Certains  sont venus pour s’enrichir, par curiosité, pour l’exotisme, pour faire comme beaucoup; mais, qu’est-ce qu’aider un pays en profond désespoir ?

Un pays est exactement comme une personne, ce qu’on ferait pour soi ou pour ceux qu’on aime, on doit le faire pareil si on veut aider.

Des militaires envahissent l’espace,  diminuant davantage les lieux sains qui restent pour les survivants. Certains s’octroient des droits si violemment que la grande interrogation est : Pourquoi cet engouement démesuré pour Haïti, car à l’évidence les Haïtiens leur importent peu.

Ils sont pauvres, ils sont noirs, ils sont ignorants, ils sont laids, ils nous embêtent !

Je crois entendre certaines de ces pensées chez beaucoup de ceux qui sont venus chez nous. Et cela me rend triste, très triste.

Heureusement qu’il y a malgré tout des cœurs aimants qui sont venus vraiment aider, secourir, aimer et trouver des solutions. Que tous ceux-là soient bénis.Puissent tous les autres s’éveiller finalement à l’amour et intégrer la grande leçon d’amour à apprendre maintenant et qu’Haïti donne avec toute la générosité dont elle a toujours été capable.

Jan-22-10

Après La catastrophe

Posted by Nancy

Toujours dans les neiges éternelles de Shasta, encore sous l’émerveillement de mon séjour,  je regardais un OO7 bien tranquillement à la maison, avec ma famille et mon frère venu en séjour. Cet après-midi de ce 12 janvier ne me prépara pas du tout à cette effroyable catastrophe.

Néanmoins j’ai survêcu avec ma famille et la maison  a tenu bon. Il a fallu par prudence vivre dans les rues. Après 6 jours,  avec toutes les difficultés que vous ne pourrez même pas imaginer ne les ayant pas vêcues, j’ai pu quitter le pays. C’est cete traversée vers Santo Domingo pour aboutir à Miami chez mon fils aîné que je veux vous raconter aujourd’hui.

Avec Lucien Balmyr, venu assister aux funérailles de son oncle victime du cataclysme, je laisse Port-au-Prince à 2h pm ce dimanche 17 janvier 2010. Nous allons vers la république voisine, car American a annulé le vol que je devais prendre et je sentais l’urgence du départ. Je laissais le pays avec peine et ceux que j’y laissais me déchiraient le coeur. Cependant au fond de moi c’est comme si je mourrais  forcée de tout quitter sans attache. Ce sentiment ne m’a plus quittée depuis. D’un seul coup j’acceptais la mort, la séparation d’avec ceux que j’aime, les choses que je possède, la maison… Plus rien n’avait la même valeur. Je n’avais ni faim, ni soif.

La voiture de Lucien chauffe ce qui nous vaut des arrêts pour la refroidir et mettre de l’eau dans le radiateur. J’accepte une bouteille d’eau  et une de jus que je bois entièrement. J’étais déshydratée sans m’en rendre compte.

Je ne peux communiquer avec mon mari qui obstinément était retourné aux Gonaïves. J’arrive à parler à mon amie Jacqueline et à lui faire mes adieux; c’est elle qui annoncera mon départ à mon mari et à mon fils absent de la maison.

Sans incident nous arrivons à Santo-Domingo à 11hpm il n’y a aucune place dans aucun hotel, les Haïtiens qui laissent le pays occupent tout. Mon vol avec Jet Blue est prévu pour 5h 20 am. Je décide de rester à l’éroport car je devrai obliger mon ami à se réveiller aux heures de la nuit pour m’y conduire. D’ailleurs les heures passeront vite. Pourtant elles se sont étirées bien plus loin…

Tous les sièges sont occupés à l’aéroport. Je m’installe sur une marche d’escalier, toute fatigue momentanément envolée.

J’écris, je me promène en attendant 3h am pour le “check in”, hélas la foule de passagers se rendant à Boston et à New-York retarde ceux de Fort Lauderdale. Ils doivent passer d’abord.

Je suis épuisée, on m’offre un fauteuil roulant qui en cet instant est le bienvenu. Je n’en ai jamais voulu et meme je ne suis jamais assise là-dedans. Tout est vraiment relatif car quand on me l’a proposé je me suis estimée chanceuse. La ligne est désespérement longue et les heures passent.

J’embarque finalement à 9h am ;cela m’avait fait la plus longue nuit jamais supportée. J’avais bien résisté et à midi je rentrais saine et sauve à la maison.

La dernière secousse de magnitude 6.5 hier matin a décidé mon fils et mon mari. Leur passage sera pour eux plus hasardeux mais ils devront assumer leur choix.

Ils sont arrivés aujourd’hui, nous sommes ensembles. Pas heureux, ne pouvant l’être avec toute la détresse laissée là-bas,  mais soulagés de pouvoir être ensembles