Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

May-17-09

Coïncidence

Posted by Nancy

Dans le TGV qui me ramène à Paris après mon séjour sur la côte sud, mon attention est attirée par un groupe bruyant qui s’installe. Sitôt fait, l’aîné visible,  le moniteur peut-être, passe à chacun un cup en plastique au-milieu de leurs bavardages incessants. Il va chercher une bouteille thermos qu’il ouvre pour en verser un peu de son contenu dans chaque cup. Ce qu’il offre est certainement de sa composition. Sa mine réjouie, sa fierté dans le geste et son insistane pour que tout le monde soit servi sans faute, me révèlent sa contribution dans la boisson. Je suppose qu’elle doit être alcoolisée, car la jeune fille non loin de moi arrête très tôt le geste du verseur un peu trop libéral à son gré. C’est peut-être l’apéro traditionnel au Midi, car l’heure de déjeuner est encore dans les limites ou encore un digestif.

Son service terminé, l’homme à son tour déguste. Ses lèvres minces recueillent chaque goutte avec sensualité. Sa bedaine est sûrement le résultat de ses bonnes recettes. Il quête des appréciations, il les demande même en disant par ci par là :

” Qu’en dites-vous ? Elle est bonne hein?!”

Question et réponse sont formulées par une seule voix, la sienne. Il ne s’attend à aucune opinion contraire. Il se pavane au-milieu des jeunes qu’il est sûr d’avoir épaté.

C”était amusant de vivre une deuxième fois une telle attitude au cours de la même matinée. La première avait eu lieu quelques heures plus tôt lors du déjeuner qui m’avait été offert par des amis. Mon hôte est un expert en bouillabaisse et sa recette est la seule qui mérite cette nomination. Toute autre composition est une soupe de poisson comme il l’explique à mon amie Marie-Louise.

“Il faut 7 minutes de bouillons au liquide contenant les aromates et les poissons et hop on descend du feu d’où le nom : bouille et baisse bouillabaisse.”

Déclaration péremptoire suivi d’un ferme :

Ici je suis chef de la table !”

Punaise! comme dit Marie-Louise après ça plus de commentaires.

Je n’avais pas de moyen de comparaison, cependant sa préparation était excellente et je me suis bien régalée. Seulement j’ai fâché le cuisinier en ne finissant pas mon plat. Il m’en avait trop mis mais il était absolument certain que je ne résisterais pas à sa recette.

Je crois que la coïncidence m’était nécessaire car souvent mon enthousiasme est par trop envahissante. J’ai bien compris que je devais me taire plus souvent et offrir aux autres la possibilité de ne pas m’approuver forcément.

Ma résolution m’a permis de garder le silence les huit heures qu’a durées mon voyage de retour au pays.Un exploit me connaissant! Il m’a donc fallu un rappel double à l’étranger pour comprendre. Au moins c’est fait !

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May-15-09

La Femme et son bouquet

Posted by Nancy

La femme et son bouquet

Elle enlace son bouquet.

Des fleurs sous cellophane,

Bien serrées sous son bras,

Fatiguée; son air inquiet

Explique la peau diaphane

Et… Le corps gras,

De la femme sans rire

Qui ne se surveille pas.

Elle s’accroche à ses fleurs

Cherchant d’elles le réconfort

Et l’espoir d’un bonheur

Qui se veut tenace et fort,

Malgré ce qu’elle a pu souffrir.

Son geste possessif

Traduirait une insouciance

Si le regard pâle et las

Ne révélait le vif

Du chagrin et sa constance.

A une traversée de rue

Mon cœur a reçu

Cet appel crié par le biais

D’un bouquet

Trop bien tenu

Par une femme à Paris.


Jun-8-08

Naissance d’un quartier

Posted by Nancy

La première fois que je vis Silver Shores, c’était pour le Grand Opening d’une communauté prochaine dans la ville de Miramar. Des gens se rendaient en foule pour choisir emplacement et modèle de leur future maison. Nous étions parmi ceux-là. J’accompagnais mon fils dans sa nouvelle acquisition qui se révélait être une étape d’un autre ordre, puisque d’un town-house il allait expérimenter une maison individuelle.

Aux Etats-Unis, les maisons particulières ne sont pas permises à tout un chacun, les gens habitent plutôt des appartements. Cependant, le projet d’une ville neuve ayant un caractère méditerranéen avait germé dans l’esprit des bâtisseurs avec l’accord de leur gouvernement. Il fallait rendre accessibles à une majorité des maisons individuelles cadrant davantage avec la nouvelle conception.

Ce qui me plait de vous relater est la naissance de cette communauté que j’habite en Floride en alternance avec ma résidence haïtienne.

Mon fils a été le premier à loger dans la parcelle B de Silver Shores. Je me souviens avec assez d’acuité du vaste chantier autour de nous. Des bruits incessants et des corneilles gourmandes qui s’amusaient à éventrer les sacs poubelles devant la porte. Aucun service de voierie n’était encore en place. Il nous fallait nous rendre ailleurs pour déverser les sacs. Cependant, les oiseaux ne nous accordaient aucun répit s’il nous arrivait de paresser pour jeter les ordures. Quand mon fils n’était pas disponible certain jour, je me chargeais de les chasser pour lui donner le temps. Néanmoins, souvent ils me devançaient et c’était la corvée inévitable !

Notre jardin était souvent envahi par les ouvriers qui venaient s’approvisionner en eau ou parfois juste se reposer. Partout les matériaux de construction empêchaient ce bienfaisant répit. Cette opportunité de trouver une certaine forme d’accueil ne fut pourtant pas le souci de leur reconnaissance quand ils eurent chapardé notre tuyau d’arrosage. L’indélicatesse de quelques-uns priva les autres de ce bienfait, car les responsables interdirent désormais notre cour aux ouvriers, après avoir reçu nos doléances.

En moins d’un trimestre, les voisins s’amenèrent et le cul de sac fut occupé. Le travail de construction me fascinait. Jamais je n’avais connu une telle technique ! L’armature de la maison était constituée de poteaux en fer sur lesquels étaient déposées des poutres en bois. Les murs creux s’élevaient d’une fondation en béton puis se recouvraient de plâtre. Plancher et plafond s’élaboraient sur cette base. Les fils électriques et les conduits de téléphone couraient dans les espaces à combler avant d’etre intégrés dans des tuyaux en plastique.

Tous les toits sont ornés de tuiles rouges s’harmonisant avec les beiges, les roses et les ocres des maisons. Un jardinet garni de palmes disposés en triangle accueille à la façade où court un buisson d’hibiscus. Mis à part de rares changements de plantes, tous les jardins offrent la même allure. Les façades des maisons diffèrent pourtant s’il s’agit, de Bentley, de Savoy, d’Avallon ou de Graham, soient les modèles proposés.

La manie uniformisatrice de l’Amérique, par souci d’égalité peut-être, avait réuni une majorité de Bentley dans notre parcelle, à notre grande déception. Nous pensions vraiment qu’une maison individuelle nous redonnerait cette originalité haïtienne à laquelle nous aspirions même en terre étrangère. Enfin il fallut bien accepter l’évidence du pays qui nous recevait.

Matin et soir je faisais de grandes promenades m’ébahissant de la rapidité des constructions dans les rues avoisinantes. En même temps que les maisons s’érigeaient, les trottoirs se construisaient. Aux bords des allées piétonnes étaient déposés des arbres adultes retenus par des cordes fichées en terre. Cela aussi m’étonnait grandement, je ne croyais pas qu’un arbre puisse prendre racine passé l’âge adulte. Tous les arbres étaient pareils. Je me réjouissais de ma chance d’avoir plus de liberté dans mon pays. Pourtant une certaine harmonie se détachait de l’ensemble et mes promenades me valaient quelques sympathiques saluts. Cela aussi me changeait de l’habituelle indifférence américaine. Des personnes chaleureuses faisaient oublier les autres qui n’avaient rien à offrir, il y avait l’espoir d’une véritable communauté.

Mon récent voyage d’Europe m’a apporté cette certitude du changement dans le monde. Les gens se reconnaissent frères, il semble. Pour la première fois je sentais l’affection de ceux que je rencontrais ; à Paris surtout, qui malgré tout avait l’air de s’humaniser.

Un lac artificiel donne l’illusion d’une plage à certains riverains et les grandes fougères complètent le décor voulu méditerranéen. L’Amérique avait mis l’Europe dans ses murs !

A suivre

 

C’est un matin floridien dans une communauté sophistiquée où les gens vivent toujours sous la contrainte du time is money. L’heure nationale profite du soleil toujours pressé en été à précipiter la population au travail et à l’école.

Comme souvent en cette saison, un cyclone est annoncé. Ce sera pour les prochaines heures. Cependant pour le moment, rien ne le fait pressentir. Tout est merveilleusement calme.

Une promenade me révèle la charmante vision de deux poules d’eau, déambulant d’un pas tranquille à la manière d’un couple usé, chacun s’occupant de ses propres affaires malgré leur proximité et leur relation. Sur un arbre préfabriqué chante un oiseau. Il chante avec tant d’ardeur que je remets en question la météo. Au pied de son perchoir, je m’arrête un moment en signe de gratitude. D’autres oiseaux jouissent sans restriction des pelouses libres. Plus loin dans la rue, trois moineaux s’amusent à des jeux insouciants, comme le feraient des gosses. Des corbeaux quant à eux se sustentent dans les sacs poubelles.

Les animaux en général vivent en harmonie avec la nature, ils sentent toujours ses moments de colère. Leurs attitudes décontractées me confortent dans mon assurance : le cyclone nous épargnera. Effectivement notre quartier aura joui de la clémence des éléments. J’ai conscience de la beauté de l’heure et je me rappelle d’autres matins sous d’autres cieux.

Par la fenêtre ouverte, le roucoulement particulier d’un colombin pénètre dans ma chambre à la suite de la légère brume matinale toujours froide à Bruxelles. Je savoure sereinement ce réveil lors de mes séjours chez ma fille. En cet instant je me penche grelottante, essayant de découvrir l’oiseau chanteur, mais il n’est jamais visible. A travers quelques vitres dénudées, des personnes prennent leur café. Au contraire des Américains, elles goûtent à cette sorte de quiétude de l’heure avant de rejoindre leurs rues, mouillées la plupart du temps. Le soleil ici tarde à se montrer même en été. J’aime aussi ce matin du monde.

A Paris, je suis réveillée par les moineaux venus picorer les miettes sur le rebord de la fenêtre, car j’en ai une. Ce n’est pas souvent le cas dans cette grande métropole où le logement est rare et pas toujours confortable. Il n’y a pas grand-chose à voir au dehors. Mais le vol intense des pigeons et les moineaux sautillant devant la vitre suffisent à mon matin parisien. Le soleil pénètre avec audace, bien qu’il soit quelque part derrière des cheminées. L’aimant bien, je lui pardonne son indiscrétion lumineuse. Je me considère encore une fois chanceuse de pouvoir vivre ces instants de bonheur. Chaque nouveau jour dans le monde a son propre cachet.

Une mince clarté transparaît entre les deux pans du lourd rideau de ma chambre d’hôtel, c’est le signe indiquant que le jour se lève. J’aurai un matin de plus, un matin différent. Le soleil ici à Grenoble s’enveloppe dans son manteau, car en novembre c’est déjà presque l’hiver. Dans la rue, très peu de passants. Au loin les montagnes enneigées se dressent en à pic, les oiseaux ne chantent pas, mais se cherchent un abri. Le paysage est en complète opposition avec mon décor habituel. A la maison, le soleil est en général radieux au début du jour et s’accompagne de joyeux cocoricos. Mon matin caribéen est toujours émaillé des cris des vendeurs de rue et le ciel tout au long de l’année est en apothéose.

En Egypte sitôt le réveil, il fait déjà chaud. Une agitation anime les rues où les musulmanes en voile noir côtoient les touristes curieux. Les longs palmiers bougent à peine sous une légère brise et le soleil foudroie.

Quand on se réveille, aux premières heures de l’été, en Avignon, mille senteurs exhalées par le long repos de la nuit accaparent les narines. La rosée brille sur chaque feuille, au rendez-vous du soleil. Les premières heures du jour sont là-bas fraîches et parfumées.

Les matins ont beau être différents dans les villes du monde, je les trouve toujours aimables. Ils sont une promesse de nouvelles joies, de nouvelles rencontres, de nouvelles expériences.

Le matin tout resplendit tout chante,
La terre rit le ciel flamboie
Car pour nous qu’il tonne pleuve ou vente
De tout temps nous chantons notre joie

Car chaque jour est un jour de fête

Dans notre cœur un soleil luit toujours

Pleine de joie d’élan et d’amour

Notre chanson s’élève chaque jour.

C’est la chanson qui monte à mes lèvres et fait vibrer mon âme chaque matin, quelque soit le pays dans lequel je me réveille.

Miami, 9 septembre 2004

Sep-1-07

Impressions de voyage (suite)

Posted by Nancy

Paris est restée telle quelle, comme je la connais depuis plusieurs années, belle, distante, fière et hautaine. Cependant les nouveaux Français lui mettent une touche de chaleur très agréable. Néanmoins au cours de ce voyage particulier j’ai surtout retenu quelques faits insolites. Les voici :

L’hotel est logé au troisième étage d’un édifice commercial. C’est ma première expérience du genre.

L’ascenseur peut contenir officiellement deux personnes. Dans la réalité il faut compter une personne. Car mon amie et moi qui sommes un peu rondes tenions à peine dans l’espace. Les bagages peuvent monter un à un ou deux carry-one et une personne. Cet ascenseur reste pour moi une curiosité quand je pense qu’il dessert un hôtel.

La dernière trouvaille est une chaîne chinoise ou japonaise, mais plutôt chinoise quand j’y repense, parmi celles qui sont proposées. Alors là, je me suis dit : La Chine est bien présente dans le monde si Paris peut lui réserver une place dans l’un de ses hôtels.

Pour finir, mes impressions, j’ai été assez surprise d’apprendre combien la communauté juive a repris ses droit à Berlin en particulier mais aussi un peu partout dans les lieux que j’ai visités. Je pensais qu’une majorité résidait en Israël et aux Etats-Unis où ils tiennent une grande part du commerce et qu’il n’y avait qu’une petite communauté en France de préférence à Paris. Je m’étais vraiment trompée !

Par exemple à Dresde ou Dresden en allemand, les Juifs ont une place importante et ils y sont très actifs. Cette ville allemande s’est relevée de ses ruines grâce au courage de ses femmes. Mais au contraire de Berlin, les habitants ont conservé le charme original de leur ville. Tout a été reconstruit comme avant. Cela a été leur méthode pour oublier les souffrances de la guerre. Maintenant ils peuvent vivre dans un décor agréable et offrir à leurs jeunes les merveilleux souvenirs d’avant guerre.

Je crois que c’est ce qui manque à la capitale allemande, elle a perdu son âme et bien que les habitants vivent sous verre, leurs sentiments ne transparaissent pas.

Mes amis et moi avons rencontré des gens gentils partout où nous sommes passés. Ils étaient heureux de rencontrer des Haïtiens. Beaucoup désiraient connaître notre beau pays. Pour une fois ils ne nous ont pas rappelé le souvenir de papa Doc! J’ai trouvé cette nouvelle attitude d’un bon présage.

Jul-25-07

Qui es-tu ?

Posted by Nancy

Qui es-tu petit chanteur ?

Serais-tu précieux colombin

Composant sur du vélin,

Ou un joyeux voyageur

Roucoulant sur les hauteurs?

Et…oserais-je penser,

Tes notes me sont destinées !?

Tu me suis sur mes chemins

Dans mon île, dans les ravins.

Et, à Miami chez ma bru

Tu m’enchantes en continu.

Te posant sur mes bagages

Te voilà aussi du voyage,

Me réveillant à Bruxelles

Ou m’invitant à Paris.

Mon âme sur tes ailes

Se fond dans ta mélodie

Et sourit.