Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Feb-5-12

Le vent d’Ouest aux Gonaïves

Posted by Nancy

Au-milieu de la journée, alors que le soleil chauffe et qu’il augmente la réverbération des cristaux de sel dans le sol, obligeant les yeux à se mettre en fente, le vent d’Ouest se lève.

Il n’est pas une brise légère, il n’est pas violent non plus. Néanmoins il a suffisament de force pour éparpiller la poussière soulevée par les véhicules, dans les moindres recoins de vos armoires. Le sol brillant et le vent d’ouest sont les deux facteurs qui s’imposent à une heure de l’après-midi dans les rues de la ville. Pourtant ce vent est une bénédiction. Il apaise la rude chaleur de l’heure et quand à la maison on peut avoit une fenêtre  ouverte en direction de la mer, on est assuré de jouir de la présence de ce vent pendant plusieurs heures. A son passage, les nuées de moustique se dispersent au loin permettant une sieste sans moustiquaire, une aubaine sans pareille !

Au contraire du Nordé qui est périodique avec des tourbillons parfois meurtriers. le vent d’ouest se lève quand il nous le faut, au bon moment, comme toutes les grâces. Car le Ciel qui nous permet toutes les conditions de vie pour évoluer, est toujours attentif à tout ce qui nous convient à tous moments.

Quand le vent d’ouest des Gonaïves s’en retourne à la mer en fin d’après-midi, il faut tout réessuyer, mais nous lui octroyons volontiers notre pardon, sa présence fait tant de bien !

Qui, des anciens de l’ABC Joyeux ne se souviendra pas de cette caresse agréable et désirée de ce vent dans les classes ouvertes sur la cour et dans le couloir !

Apr-7-10

Un Moment

Posted by Nancy

Au moment où l’aube pâlit puis blanchit les étoiles, je suis assise dans la cour savourant le silence et l’atmosphère de l’instant. Mon regard oscille entre la lune encore présente et le point de l’horizon révélant déjà l’apparition du soleil.

Le bus de ramassage scolaire est  passé. Un étudiant en retard se précipite dans une course, espérant rattraper le véhicule à la prochaine station.

Dans le lointain me parvient le grondement continue des voitures circulant sur la grande voie.

Un oisillon s’obstine à réclamer quelque chose, peut-être un peu de tendresse.

Ces quelques manifestations émaillant le silence matinal n’ont rien de discordant, ils font partie du tout, c’est parfait…

Je médite un moment, puis je constate que la lune est tout à fait au Sud-Est maintenant. Elle a bien bougé depuis qu’à la même heure elle se tenait carrément à l’Ouest, et, si près de nous qu’elle occupait tout l’espace entre deux maisons! Une grandeur insolite pour l’astre à ce point du ciel et à cette heure!

Cela fait plusieurs mois depuis que la lune affiche un comportement inhabituel et audacieux! Son influence aussi s’est modifiée, car je constate dans mon entourage une excitation des enfants à la nouvelle lune alors que l’agitation se manifestait au moment de la pleine lune.

A mon avis, la lune n’a plus les mêmes règles. Le ciel lui aussi n’est plus pareil car Vénus fait bande à part.

Nous n’avons pas besoin de don de voyance pour constater que la terre finit un cycle pour en entreprendre un autre, les changements sont désormais visibles et exponentiels.

Jan-6-10

Un Noël et un Nouvel An au Mont Shasta

Posted by Nancy

Nous étions quatre à faire cette traversée de la côte Est à la côte Ouest des Etats-Unis en partant de Miami, deux de mes enfants, un ami et moi. Mon fils et notre ami laissait de Port-au-Prince pour me rejoindre à Miami où je les avais précédés de deux semaines. Ma fille quant à elle partait de New-york pour nous retrouver à San-Francisco.

J’avais attendu depuis si longtemps ce moment où je pourrais me rendre à Shasta !

Me voilà donc enfin à ce jour si désiré, patientant avec un peu d’excitation Henri notre ami et Fabian mon fils à l’aéroport de Miami.

Je prends du temps pour m’acheter un sac à main plus confortable que le petit en bandoulière si vanté par les médias ! Il est vrai qu’il avait contenu toutes mes bricoles en plus de mes papiers cependant sa courroie me sciait le cou et les objets menaçaient de s’éparpiller chaque fois que j’ouvrais le sac. Bref, il me fallait un nouveau sac en urgence.

Je l’achète dans un magasin Turner où tout est à $1o, je mange un sandwich et j’attends…. Un peu trop à mon goût, je crains déjà de rater l’avion.

On appelle pour l’embarquement mais au lointain, tout comme sœur Anne, je ne vois que l’immensité du couloir supportant des visages inconnus.

Ils arrivent enfin soulageant mon anxiété. Mais comme prévu nous sommes les derniers.

Je crois que je dois tirer une leçon du fait. Le lâcher prise ne m’est pas facile et mon souci de l’heure est trop envahissant. Je me calme, me promettant de prendre les événements avec plus de philosophie. Chaque minute à sa valeur et tout peut se jouer dans ce laps de temps. Je pense avoir compris; et pourtant….

Nous sommes installés pour 6hres de vol inconfortables que nous nous efforcons de supporter au mieux.

San-Francisco s’étale enfin sous mes yeux fatigués, immense (25 minutes à la traverser) lumineuse et fascinante.

Fabian seul devait récupérer sa valise, ayant acheté son billet en ligne. Tandis qu’il part aux bagages, Henri et moi allons aux renseignements pour connaître le lieu d’embarquement  vers Redding. Comme par “hasard” nous nous adressons à la personne qu’il faut, un agent de la United nouvel avion remplaçant l’American pour l’avant dernière étape. Nos billets sont confirmés et nous avons le numéro de la porte.

Méroudji est-elle arrivée ? Saura-t-elle nous trouver ? Toujours des inquiétudes latentes !

Après notre aubaine avec l’agent si facilement trouvé j’aurais dû être plus confiante en la bonté du ciel nous accompagnant. Et je vérifie le fait dans l’immédiat car devant nous voilà ma fille qui traverse le couloir exactement devant nous en dépit de l’immensité des lieux! Elle débarque en même temps que nous alors qu’elle devait etre là 6h avant. L’avion avec 4hres de retard nous l’amène “on time”. Pourtant c’est moi qui occasionnera le stress que je vivrai quelques heures plus tard.

En effet, au lieu d’utiliser son téléphone pour appeler Fabian, je lui demande d’aller à sa rencontre pour faire plus vite à récupérer la valise. Entre temps Fabian avait déjà laissé le “baggage claim” ,sa longue absence était occasionnée par l’obligation qui lui avait était faite de repasser la “sécurité” puisque par oubli son passeport était resté avec nous dans son carry-on.

Méroudji ne pouvait donc pas le trouver.Elle ne répondait pas à son téléphone encore fermé par oubli.

Mais ce que je vous raconte maintenant je l’ignorais à ce moment là.

Henri et moi étions à la porte 78 depuis seulement 5mns quand on appela pour l’embarquement. Trente personnes uniquement devaient prendre ce petit avion à hélices.

A nouveau me voilà à scruter le très très long couloir, essayant de les apercevoir sans succès tandis que l’hôtesse nous presse d’embarquer.

Henri décide de nous précéder ne voulant pas rater la 4×4 retenue à Redding depuis deux mois, indispensable pour le trajet restant et le séjour, puisque là-bas il n’y a pas de véhicule public pour le transport.

Je devrai donc rester sur les fauteuils de l’aéroport pour la nuit et prendre l’avion le lendemain si possible avec l’obligation de repayer les billets. Je suis mal en point mais je me raisonne malgré tout, sans grand succès il faut l’avouer.

Que se passa-t-il ? mes prévisions se sont-elles réalisées ?

Vous le saurez à la page suivante……