Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Nov-18-11

Une Traversée vers Miami

Posted by Nancy

Des oeufs à la neige sur fond de chocolat marbré; c’est le spectacle que je contemple avec gourmandise et une certaine délectation, par le hublot de l’avion qui m’emmène à Miami en Floride. Je n’emprunte pas souvent ce trajet, me rendant de préférence à Fort-Lauderdale; je sui ravie cependant par ce que j’admire.

Là, c’est une enfilade d’îlots inhabités, plus loin ce sont de grandes zébrures claires traversant des fonds d’algues brunes. Le décor marin change au fur et à mesure de notre avancée.

La mer est maintenant uniformément bleue avec à la surface d’insoupçonnables friselis. Une immensité bordée à l’horizon de nuages morcelés en une multitude de petits flocons. Un espace violet sépare le bleu de la bande de nuages. La démarcation est si nette qu’on la dirait tracée à la règle avec une main précise.

Voici maintenant de fines lignes aquamarines, ce sont sûrement des traînées de sable blanc qui colorent ainsi l’eau par transparence. A l’approche  de la tranche violette, des rayures brunes. Peut-être des amas de roches poreuses, des coraux ou autres. A cette distance je ne fais que deviner.

Il n’y a plus d’îlets, ni de bateaux ou voiliers. Le vide apparent de l’océan ne l’empêche pas d’offrir un décor toujours varié.

Désormais la mer disparaît sous un matelas de nuages très blancs. Le matelas n’est pas compact, mais plutôt constitué de boules de coton de différentes grosseurs.

L’avion commence à perdre de l’altitude , il amorce la descente. Nous frôlons les plus gros nuages. A travers ce rideau pourtant opaque il y a des éclaircis qui laissent entrevoir des bateaux de plaisance. Puis la vue est à nouveau occultée par des cumulus. Quand ils se dissipent la ville est maintenant bien visible étalée avec régularité. Nous descendons de plus en plus, mes oreilles me font souffrir un moment mais heureusement c’est déjà l’atterrissage! En passant les toîts rouges se rapprochent et les voitures ne ressemblent plus à des jouets. Quelques lacs sont ourlés par ces toîts des maisons que seuls on peut voir.

Un voyage très calme couronné par le gain d’un billet aller-retour. Après la réjouissance de ma vue c’est au tour de mon coeur d’être content de son aubaine. Encore plus de raisons d’éprouver de la gratitude et de remercier la Providence qui nous pourvoit toujours au moment voulu.

Depuis bientôt 2 ans que j’observe la lune dans le ciel d’Haïti et de Miami, j’en suis arrivée à la conclusion que la lune fait 2 révolutions au cours d’une nuit. Ce qui explique à mon avis la déclaration des savants sur la vitesse accélérée de la Voie lactée.

Peut-être chers lecteurs serez-vous d’accord avec moi sur la rapidité des jours !?

Depuis le seïsme du Chili, il paraît que les 24 heures du jours ont diminué de quelques centièmes d’heures; cependant je me souviens avoir lu depuis des années que nos journées n’etaient plus de 24 heures. Alors si officiellement la journée s’est raccourcie à mon avis les savants n’ont pas dit toute la vérité sur le raccourcissement exact.

Bref, si vous avez observé la lune comme moi, faites moi savoir si mes conclusions sont justes ou farfelues.

Apr-30-10

Une Lune Insolite

Posted by Nancy

La lune porte un burqa

Le sais-tu ?

Elle est dans l’anonymat

Le vois-tu ?

Sûr, c’est pour mieux aguicher;

Tout est dans les yeux n’est-ce pas ?

Vois donc son regard briller

En cette splendide aurore !

« Un côté ne suffit pas

Du mystère j’en donne encore »

C’est le message de ce voile,

Cette tenue inattendue!

N’est-ce pas un peu compliqué

Ce barrage de toile?!

De toi qu’est-il advenu?

De cette coquetterie

Ma foi un peu incongrue

J’ai souri ma chère amie.

Pourquoi vouloir nous priver

De la splendeur de ta vue ?

As-tu depuis, renoncé

A nous offrir ta brillance ?

Quand tu es simplement là,

Ta lumière, ta présence

Sans burqa,

Avec juste ta beauté

Sans fard, et sans nul détour,

Ayant ta simplicité

Comme seul atour,

Ma très chère amie crois-moi

C’est mieux, je t’assure, mille fois.

Elle s’est laissée dévoilée…

Pas tout à fait convaincue

Elle a remis son burqa

Se sentant peut-être nue.

Pourtant non ; la revoilà

Maintenant bien dépouillée

De son voile superflu.

Serait-ce un tout nouveau jeu

En ce matin si brumeux?

Mais là, pour nous étonner

Encore plus

Elle étale sa rondeur

En présence du soleil

Comme le font toutes les femmes

Donnant tout plein de bonheur

A l’aimé, à son réveil

Car lui, connaît leur âme.

C’était un jeu amoureux !!

Si longtemps, tellement longtemps

Que la lune attend son preux,

Le preux chevalier d’antan!

Pour nous aussi sur terre

Lune et soleil à la fois

Nous comble d’une totale joie.

Est-ce déjà le changement d’ère ?

Jan-19-10

Un petit mot pour remercier

Posted by Nancy

je n’ai pas encore l’énergie nécessaire pour reprendre mon récit de Shasta, et vous parler d’une de mes longues nuist après avoir laissé Haïti pour Miami.

Aujourd’hui je veux remercier tous ceux qui m’ont adressé des mots d’encouragement et de réconfort. Cela a été un baume dans ma détresse.Je remercie également le monde entier qui s’est penché sur les besoins d’Haïti après la catastrophe. Mon sentiment d’appartenir à la planète comme à une grande famille s’est confirmé en ces instants.

je vous embrasse tous et chacun du fond du coeur. Tout n’est pas fini et les mauvais moments perdureront encore quelque temps. Cependant en pensant à chacun de vous et à votre amitié je reprendrai courage quand je flancherai.

Que Dieu vous bénisse et vous comble de son abondance infinie

Amicalement

Nancy

Jan-6-10

Un Noël et un Nouvel An au Mont Shasta

Posted by Nancy

Nous étions quatre à faire cette traversée de la côte Est à la côte Ouest des Etats-Unis en partant de Miami, deux de mes enfants, un ami et moi. Mon fils et notre ami laissait de Port-au-Prince pour me rejoindre à Miami où je les avais précédés de deux semaines. Ma fille quant à elle partait de New-york pour nous retrouver à San-Francisco.

J’avais attendu depuis si longtemps ce moment où je pourrais me rendre à Shasta !

Me voilà donc enfin à ce jour si désiré, patientant avec un peu d’excitation Henri notre ami et Fabian mon fils à l’aéroport de Miami.

Je prends du temps pour m’acheter un sac à main plus confortable que le petit en bandoulière si vanté par les médias ! Il est vrai qu’il avait contenu toutes mes bricoles en plus de mes papiers cependant sa courroie me sciait le cou et les objets menaçaient de s’éparpiller chaque fois que j’ouvrais le sac. Bref, il me fallait un nouveau sac en urgence.

Je l’achète dans un magasin Turner où tout est à $1o, je mange un sandwich et j’attends…. Un peu trop à mon goût, je crains déjà de rater l’avion.

On appelle pour l’embarquement mais au lointain, tout comme sœur Anne, je ne vois que l’immensité du couloir supportant des visages inconnus.

Ils arrivent enfin soulageant mon anxiété. Mais comme prévu nous sommes les derniers.

Je crois que je dois tirer une leçon du fait. Le lâcher prise ne m’est pas facile et mon souci de l’heure est trop envahissant. Je me calme, me promettant de prendre les événements avec plus de philosophie. Chaque minute à sa valeur et tout peut se jouer dans ce laps de temps. Je pense avoir compris; et pourtant….

Nous sommes installés pour 6hres de vol inconfortables que nous nous efforcons de supporter au mieux.

San-Francisco s’étale enfin sous mes yeux fatigués, immense (25 minutes à la traverser) lumineuse et fascinante.

Fabian seul devait récupérer sa valise, ayant acheté son billet en ligne. Tandis qu’il part aux bagages, Henri et moi allons aux renseignements pour connaître le lieu d’embarquement  vers Redding. Comme par “hasard” nous nous adressons à la personne qu’il faut, un agent de la United nouvel avion remplaçant l’American pour l’avant dernière étape. Nos billets sont confirmés et nous avons le numéro de la porte.

Méroudji est-elle arrivée ? Saura-t-elle nous trouver ? Toujours des inquiétudes latentes !

Après notre aubaine avec l’agent si facilement trouvé j’aurais dû être plus confiante en la bonté du ciel nous accompagnant. Et je vérifie le fait dans l’immédiat car devant nous voilà ma fille qui traverse le couloir exactement devant nous en dépit de l’immensité des lieux! Elle débarque en même temps que nous alors qu’elle devait etre là 6h avant. L’avion avec 4hres de retard nous l’amène “on time”. Pourtant c’est moi qui occasionnera le stress que je vivrai quelques heures plus tard.

En effet, au lieu d’utiliser son téléphone pour appeler Fabian, je lui demande d’aller à sa rencontre pour faire plus vite à récupérer la valise. Entre temps Fabian avait déjà laissé le “baggage claim” ,sa longue absence était occasionnée par l’obligation qui lui avait était faite de repasser la “sécurité” puisque par oubli son passeport était resté avec nous dans son carry-on.

Méroudji ne pouvait donc pas le trouver.Elle ne répondait pas à son téléphone encore fermé par oubli.

Mais ce que je vous raconte maintenant je l’ignorais à ce moment là.

Henri et moi étions à la porte 78 depuis seulement 5mns quand on appela pour l’embarquement. Trente personnes uniquement devaient prendre ce petit avion à hélices.

A nouveau me voilà à scruter le très très long couloir, essayant de les apercevoir sans succès tandis que l’hôtesse nous presse d’embarquer.

Henri décide de nous précéder ne voulant pas rater la 4×4 retenue à Redding depuis deux mois, indispensable pour le trajet restant et le séjour, puisque là-bas il n’y a pas de véhicule public pour le transport.

Je devrai donc rester sur les fauteuils de l’aéroport pour la nuit et prendre l’avion le lendemain si possible avec l’obligation de repayer les billets. Je suis mal en point mais je me raisonne malgré tout, sans grand succès il faut l’avouer.

Que se passa-t-il ? mes prévisions se sont-elles réalisées ?

Vous le saurez à la page suivante……

Dec-16-09

Douceur à la cuisine

Posted by Nancy

La saison a changé. Depuis plus d’une semaine la nuit est plus longue. Même dans mon pays au soleil radieux toute l’année, nous avons des nuits plus longues; moins longues cependant qu’à Miami où le soleil semble vouloir se lever seulement à 7 h du matin.

Chez nous il est plus matinal et c’est de ce moment spécial du matin que je veux partager avec vous.

Quand donc je sors du lit, mon mari est déjà à la cuisine à faire du café. Au-dehors, la clarté de l’aube n’est pas encore assez suffisante pour éclairer la pièce. L’ampoule qu’on est obligé d’allumer fait de l’espace un coin ” cosy “, tandis que l’odeur du café frais montant de la cafetière ajoute une note chaleureuse à l’ensemble.

J’aime ce moment particulier de cette saison à la maison. C’est un plaisir renouvelé dont je ne me lasse jamais.

Quand je suis à Miami par contre, les canaris m’accueillent avec leurs pépiement pour me réclamer leur nourriture, les enfants se préparent à se rendre en classe avec un grand remue-ménage, car le réveil est tardif et la lumière n’offre plus la même ambiance même avec l’odeur du café.

C’est un autre bonheur, car chaque instant m’offre le meilleur, néanmoins ce bout de cuisine éclairée dans la pénombre matinale est unique !

Je me réveillai cette nuit-là sans effort, comme je le fais ordinairement aux premiers rayons du soleil. Mais je ne croyais pas vraiment que cela put être le cas. Je regardai l’heure et confirmai mon impression, il n’était qu’une heure dix de la nuit. Soudain, je pris conscience du grand silence inhabituel autour de moi. C’est sûrement ce fait qui m’avait réveillée.

Plus de voitures, de passants, de musique et de tout le reste ; ni frigo, ni même le réveil ne se faisait entendre ! Comme c’était étrange à Broadway ! Sous une impulsion inexpliquée, je me mis à compter. Je n’avais pas complété la demi-minute qu’une voiture passât ! Puis deux autres interruptions de courte durée eurent lieu. A nouveau le silence. Pendant le temps où je restai éveillée, je pus constater qu’à partir de cet instant, des plages de silence s’ installaient avec des intervalles plus ou moins longs, jusqu’à l’aube où l’agitation régulière reprit.

Avais-je observé un fait spécial d’un jour particulier ? Peut-être, car je ne passe pas toute mes nuits en éveil. Je dors comme je l’avais décidé au début de mon séjour. Je ne saurais donc dire si, entre minuit trente et une heure trente, le silence s’installa pour quelques secondes; si au contraire ce serait plutôt entre une heure et deux heures. Je ne sais pas non plus si la durée se place entre 15 et 60 secondes.

Tandis que j’écris le mot seconde, je réalise l’importance de celle-ci dans notre routine. Tout ce qui peut nous arriver en un clin d’oeil !

Il est donc essentiel de mettre le plus de joie possible en réserve dans ces espaces de temps me dis-je. Ce serait ma banque de bonheur. Quand des fois les minutes paraissent des heures à l’épreuve d’un chagrin ou d’un désappointement. Je ferais appel à ces secondes de joie pour me réconforter et me dire :  “Il y a toujours une solution à tout problème, ma toute puissante Présence qui sait tout me la trouvera. Il me suffira de savoir écouter “.

Je pourrais également penser à la fugacité de la seconde pour que le problème n’en soit plus un tandis que j’irai en chercher la solution en moi.

Avant d’aborder les évènements de la seconde nuit que je voudrais relater ici, laissez-moi vous faire part de la matinée la précédant.

Je dois noter à votre intention que je ne devais pas me rendre à New-york de Miami comme je l’ai fait, mais d’Haïti. Les circonstances ont changé mes plans. Me trouvant en automne, je devais faire face au changement de température et aux nuits presque froides. Il me fallait donc des vêtements adéquats. Quelques pulls, des pantalons plus chauds,  une bonne veste fourée et imperméable devraient me permettre de passer le séjour avec plus de confort.

Ma fille et moi sommes donc allées à 34th street (trente quatrième rue) où se rencontrent un grand nombre de magasins offrant tous de bonnes affaires. Je n’aime pas tellement magasiner. Je me suis donc servie dans le premier magasin visité, le Daffis pour les pulls. Dans le deuxième, Macy’s, j’avais les pantalons. Avenue m’offrit la veste à moitié prix. Mes achats faits, nous nous rendîmes à Central Park où je devais attendre que ma fille revienne après son travail. Pour rendre l’attente moins pénible, je m’achetai les contes d’Andersen traduits en Anglais. Un gros bouquin qui, tout en comblant les absences obligatoires de ma fille, me fera progresser dans la langue. Tout se passa bien jusque-là.

Avant 9hres, nous nous étions rendues à la maison, nous préparant un grand bol de chocolat chaud. Un chocolat fait avec le cacao de préparation artisanale de chez nous, tiré de fèves fraîches. Sans alcali et sans additif d’aucune sorte.

Malheureusement, mes compatriotes par leur irresponsabilité, leur ignorance et leur désinvolture ont causé les malheurs qui sévissent chez nous maintenant après le passage des cyclones. Notre pays avait tant à offrir avant ! Le chocolat me ramena chez nous et j’envoyai mes meilleures pensées à chacun avec tout plein de lumière, étant assurée de les aider malgré eux.

Le sommeil ne venant pas en dépit du réconfort chocolaté, je repris ma lecture et ma fille ses occupations personnelles. Je ne sais quand je sombrai dans l’inconscience. J’en fus brutalement tirée quand le lit céda sous ma fille venant me rejoindre. Un lit Ikea, démontable bien sûr, mais qui refusait tout à coup de rester en place. Après plusieurs vaines tentatives de l’arranger, nous décidâmes d’occuper le sofa transformable, également d’Ikea. Une vis avait dû partir sans qu’on l’ait su.

Alors que nous nous efforcions ma fille de s’endormir et moi de me rendormir, un bruit insolite nous alerta. Je me levai et trouvai une souris dans la poubelle. Je l’enfermai dans le sachet pour l’envoyer au dehors. Cependant dans ma hâte craintive, j’avais mal fermé le sachet. Elle  en sortit et alla se réfugier sous notre sofa. Du coup il nous était impossible de nous coucher. Nous retournâmes précipitamment dans la chambre où nous installâmes le matelas par terre  sur les lattes démontées entre les montants du lit. Je me mis à rire à l’idée que nous étions aussi effrayées que la souris, elle pourtant ne représentant aucun danger pour deux adultes. La porte bien fermée nous permettait de croire que nous nous étions isolées du danger. Nous étions comme les enfants qui ferment leurs yeux pour conjurer leur peur.

Quand nos opérations couchages prirent fin, il n’était pas loin de quatre heures. La nuit était donc déjà partie. Une nuit spéciale où pour une fois nous étions les fauteuses de troubles dans un immeuble exceptionnellement silencieux !

Je pense encore au ridicule de la situation et combien la peur est toujours mauvaise conseillère, tout en souhaitant le départ de la souris, n’ayant aucune intention de la fréquenter de trop près.