Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Jan-19-10

Un petit mot pour remercier

Posted by Nancy

je n’ai pas encore l’énergie nécessaire pour reprendre mon récit de Shasta, et vous parler d’une de mes longues nuist après avoir laissé Haïti pour Miami.

Aujourd’hui je veux remercier tous ceux qui m’ont adressé des mots d’encouragement et de réconfort. Cela a été un baume dans ma détresse.Je remercie également le monde entier qui s’est penché sur les besoins d’Haïti après la catastrophe. Mon sentiment d’appartenir à la planète comme à une grande famille s’est confirmé en ces instants.

je vous embrasse tous et chacun du fond du coeur. Tout n’est pas fini et les mauvais moments perdureront encore quelque temps. Cependant en pensant à chacun de vous et à votre amitié je reprendrai courage quand je flancherai.

Que Dieu vous bénisse et vous comble de son abondance infinie

Amicalement

Nancy

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Jan-6-10

Un Noël et un Nouvel An au Mont Shasta

Posted by Nancy

Nous étions quatre à faire cette traversée de la côte Est à la côte Ouest des Etats-Unis en partant de Miami, deux de mes enfants, un ami et moi. Mon fils et notre ami laissait de Port-au-Prince pour me rejoindre à Miami où je les avais précédés de deux semaines. Ma fille quant à elle partait de New-york pour nous retrouver à San-Francisco.

J’avais attendu depuis si longtemps ce moment où je pourrais me rendre à Shasta !

Me voilà donc enfin à ce jour si désiré, patientant avec un peu d’excitation Henri notre ami et Fabian mon fils à l’aéroport de Miami.

Je prends du temps pour m’acheter un sac à main plus confortable que le petit en bandoulière si vanté par les médias ! Il est vrai qu’il avait contenu toutes mes bricoles en plus de mes papiers cependant sa courroie me sciait le cou et les objets menaçaient de s’éparpiller chaque fois que j’ouvrais le sac. Bref, il me fallait un nouveau sac en urgence.

Je l’achète dans un magasin Turner où tout est à $1o, je mange un sandwich et j’attends…. Un peu trop à mon goût, je crains déjà de rater l’avion.

On appelle pour l’embarquement mais au lointain, tout comme sœur Anne, je ne vois que l’immensité du couloir supportant des visages inconnus.

Ils arrivent enfin soulageant mon anxiété. Mais comme prévu nous sommes les derniers.

Je crois que je dois tirer une leçon du fait. Le lâcher prise ne m’est pas facile et mon souci de l’heure est trop envahissant. Je me calme, me promettant de prendre les événements avec plus de philosophie. Chaque minute à sa valeur et tout peut se jouer dans ce laps de temps. Je pense avoir compris; et pourtant….

Nous sommes installés pour 6hres de vol inconfortables que nous nous efforcons de supporter au mieux.

San-Francisco s’étale enfin sous mes yeux fatigués, immense (25 minutes à la traverser) lumineuse et fascinante.

Fabian seul devait récupérer sa valise, ayant acheté son billet en ligne. Tandis qu’il part aux bagages, Henri et moi allons aux renseignements pour connaître le lieu d’embarquement  vers Redding. Comme par “hasard” nous nous adressons à la personne qu’il faut, un agent de la United nouvel avion remplaçant l’American pour l’avant dernière étape. Nos billets sont confirmés et nous avons le numéro de la porte.

Méroudji est-elle arrivée ? Saura-t-elle nous trouver ? Toujours des inquiétudes latentes !

Après notre aubaine avec l’agent si facilement trouvé j’aurais dû être plus confiante en la bonté du ciel nous accompagnant. Et je vérifie le fait dans l’immédiat car devant nous voilà ma fille qui traverse le couloir exactement devant nous en dépit de l’immensité des lieux! Elle débarque en même temps que nous alors qu’elle devait etre là 6h avant. L’avion avec 4hres de retard nous l’amène “on time”. Pourtant c’est moi qui occasionnera le stress que je vivrai quelques heures plus tard.

En effet, au lieu d’utiliser son téléphone pour appeler Fabian, je lui demande d’aller à sa rencontre pour faire plus vite à récupérer la valise. Entre temps Fabian avait déjà laissé le “baggage claim” ,sa longue absence était occasionnée par l’obligation qui lui avait était faite de repasser la “sécurité” puisque par oubli son passeport était resté avec nous dans son carry-on.

Méroudji ne pouvait donc pas le trouver.Elle ne répondait pas à son téléphone encore fermé par oubli.

Mais ce que je vous raconte maintenant je l’ignorais à ce moment là.

Henri et moi étions à la porte 78 depuis seulement 5mns quand on appela pour l’embarquement. Trente personnes uniquement devaient prendre ce petit avion à hélices.

A nouveau me voilà à scruter le très très long couloir, essayant de les apercevoir sans succès tandis que l’hôtesse nous presse d’embarquer.

Henri décide de nous précéder ne voulant pas rater la 4×4 retenue à Redding depuis deux mois, indispensable pour le trajet restant et le séjour, puisque là-bas il n’y a pas de véhicule public pour le transport.

Je devrai donc rester sur les fauteuils de l’aéroport pour la nuit et prendre l’avion le lendemain si possible avec l’obligation de repayer les billets. Je suis mal en point mais je me raisonne malgré tout, sans grand succès il faut l’avouer.

Que se passa-t-il ? mes prévisions se sont-elles réalisées ?

Vous le saurez à la page suivante……

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Dec-16-09

Douceur à la cuisine

Posted by Nancy

La saison a changé. Depuis plus d’une semaine la nuit est plus longue. Même dans mon pays au soleil radieux toute l’année, nous avons des nuits plus longues; moins longues cependant qu’à Miami où le soleil semble vouloir se lever seulement à 7 h du matin.

Chez nous il est plus matinal et c’est de ce moment spécial du matin que je veux partager avec vous.

Quand donc je sors du lit, mon mari est déjà à la cuisine à faire du café. Au-dehors, la clarté de l’aube n’est pas encore assez suffisante pour éclairer la pièce. L’ampoule qu’on est obligé d’allumer fait de l’espace un coin ” cosy “, tandis que l’odeur du café frais montant de la cafetière ajoute une note chaleureuse à l’ensemble.

J’aime ce moment particulier de cette saison à la maison. C’est un plaisir renouvelé dont je ne me lasse jamais.

Quand je suis à Miami par contre, les canaris m’accueillent avec leurs pépiement pour me réclamer leur nourriture, les enfants se préparent à se rendre en classe avec un grand remue-ménage, car le réveil est tardif et la lumière n’offre plus la même ambiance même avec l’odeur du café.

C’est un autre bonheur, car chaque instant m’offre le meilleur, néanmoins ce bout de cuisine éclairée dans la pénombre matinale est unique !

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Je me réveillai cette nuit-là sans effort, comme je le fais ordinairement aux premiers rayons du soleil. Mais je ne croyais pas vraiment que cela put être le cas. Je regardai l’heure et confirmai mon impression, il n’était qu’une heure dix de la nuit. Soudain, je pris conscience du grand silence inhabituel autour de moi. C’est sûrement ce fait qui m’avait réveillée.

Plus de voitures, de passants, de musique et de tout le reste ; ni frigo, ni même le réveil ne se faisait entendre ! Comme c’était étrange à Broadway ! Sous une impulsion inexpliquée, je me mis à compter. Je n’avais pas complété la demi-minute qu’une voiture passât ! Puis deux autres interruptions de courte durée eurent lieu. A nouveau le silence. Pendant le temps où je restai éveillée, je pus constater qu’à partir de cet instant, des plages de silence s’ installaient avec des intervalles plus ou moins longs, jusqu’à l’aube où l’agitation régulière reprit.

Avais-je observé un fait spécial d’un jour particulier ? Peut-être, car je ne passe pas toute mes nuits en éveil. Je dors comme je l’avais décidé au début de mon séjour. Je ne saurais donc dire si, entre minuit trente et une heure trente, le silence s’installa pour quelques secondes; si au contraire ce serait plutôt entre une heure et deux heures. Je ne sais pas non plus si la durée se place entre 15 et 60 secondes.

Tandis que j’écris le mot seconde, je réalise l’importance de celle-ci dans notre routine. Tout ce qui peut nous arriver en un clin d’oeil !

Il est donc essentiel de mettre le plus de joie possible en réserve dans ces espaces de temps me dis-je. Ce serait ma banque de bonheur. Quand des fois les minutes paraissent des heures à l’épreuve d’un chagrin ou d’un désappointement. Je ferais appel à ces secondes de joie pour me réconforter et me dire :  “Il y a toujours une solution à tout problème, ma toute puissante Présence qui sait tout me la trouvera. Il me suffira de savoir écouter “.

Je pourrais également penser à la fugacité de la seconde pour que le problème n’en soit plus un tandis que j’irai en chercher la solution en moi.

Avant d’aborder les évènements de la seconde nuit que je voudrais relater ici, laissez-moi vous faire part de la matinée la précédant.

Je dois noter à votre intention que je ne devais pas me rendre à New-york de Miami comme je l’ai fait, mais d’Haïti. Les circonstances ont changé mes plans. Me trouvant en automne, je devais faire face au changement de température et aux nuits presque froides. Il me fallait donc des vêtements adéquats. Quelques pulls, des pantalons plus chauds,  une bonne veste fourée et imperméable devraient me permettre de passer le séjour avec plus de confort.

Ma fille et moi sommes donc allées à 34th street (trente quatrième rue) où se rencontrent un grand nombre de magasins offrant tous de bonnes affaires. Je n’aime pas tellement magasiner. Je me suis donc servie dans le premier magasin visité, le Daffis pour les pulls. Dans le deuxième, Macy’s, j’avais les pantalons. Avenue m’offrit la veste à moitié prix. Mes achats faits, nous nous rendîmes à Central Park où je devais attendre que ma fille revienne après son travail. Pour rendre l’attente moins pénible, je m’achetai les contes d’Andersen traduits en Anglais. Un gros bouquin qui, tout en comblant les absences obligatoires de ma fille, me fera progresser dans la langue. Tout se passa bien jusque-là.

Avant 9hres, nous nous étions rendues à la maison, nous préparant un grand bol de chocolat chaud. Un chocolat fait avec le cacao de préparation artisanale de chez nous, tiré de fèves fraîches. Sans alcali et sans additif d’aucune sorte.

Malheureusement, mes compatriotes par leur irresponsabilité, leur ignorance et leur désinvolture ont causé les malheurs qui sévissent chez nous maintenant après le passage des cyclones. Notre pays avait tant à offrir avant ! Le chocolat me ramena chez nous et j’envoyai mes meilleures pensées à chacun avec tout plein de lumière, étant assurée de les aider malgré eux.

Le sommeil ne venant pas en dépit du réconfort chocolaté, je repris ma lecture et ma fille ses occupations personnelles. Je ne sais quand je sombrai dans l’inconscience. J’en fus brutalement tirée quand le lit céda sous ma fille venant me rejoindre. Un lit Ikea, démontable bien sûr, mais qui refusait tout à coup de rester en place. Après plusieurs vaines tentatives de l’arranger, nous décidâmes d’occuper le sofa transformable, également d’Ikea. Une vis avait dû partir sans qu’on l’ait su.

Alors que nous nous efforcions ma fille de s’endormir et moi de me rendormir, un bruit insolite nous alerta. Je me levai et trouvai une souris dans la poubelle. Je l’enfermai dans le sachet pour l’envoyer au dehors. Cependant dans ma hâte craintive, j’avais mal fermé le sachet. Elle  en sortit et alla se réfugier sous notre sofa. Du coup il nous était impossible de nous coucher. Nous retournâmes précipitamment dans la chambre où nous installâmes le matelas par terre  sur les lattes démontées entre les montants du lit. Je me mis à rire à l’idée que nous étions aussi effrayées que la souris, elle pourtant ne représentant aucun danger pour deux adultes. La porte bien fermée nous permettait de croire que nous nous étions isolées du danger. Nous étions comme les enfants qui ferment leurs yeux pour conjurer leur peur.

Quand nos opérations couchages prirent fin, il n’était pas loin de quatre heures. La nuit était donc déjà partie. Une nuit spéciale où pour une fois nous étions les fauteuses de troubles dans un immeuble exceptionnellement silencieux !

Je pense encore au ridicule de la situation et combien la peur est toujours mauvaise conseillère, tout en souhaitant le départ de la souris, n’ayant aucune intention de la fréquenter de trop près.

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Jun-9-08

Naissance d’un quartier (suite)

Posted by Nancy

Pendant plusieurs mois nous devions récupérer le courrier à la poste centrale n’ayant encore ni le service organisé ni les boîtes aux lettres. Des achats particuliers devaient être faits à Miami ou assez loin de chez nous. Miramar (vue de la mer) n’offrait pas grand-chose à Silver Shores (baies d’argent). Cependant au club house, la piscine, une aire de jeux pour enfants et une salle d’exercices permettaient aux rares habitants une forme de détente.

Le matin je marchais quinze minutes pour me rendre à mes cours d’aérobic, utilisant ce moment pour admirer quelques canards barbotant dans le lac. Je pouvais aussi profiter du lever du soleil tout en observant l’homme de service sur son véhicule moderne coupant le gazon.

Les jardiniers continuaient d’amener d’autres arbres sur la grande artère principale tandis que l’élaboration des trottoirs se poursuivait.

Seuls certains lampadaires installés à l’entrée pour faciliter le contrôle garantissaient une sorte de protection de l’intimité ; néanmoins celui-ci laissait à désirer même en matinée. Les agents de sécurité en faisaient à leur guise ne comprenant pas encore le fonctionnement naturel de la communauté comme évident.

Comme nous avions l’eau, nous devions penser à l’arrosage du gazon et des plantes. Mais il s’avéra que les jets ne fonctionnaient pas tous comme il faut et plusieurs à l’arrière de la maison avaient été abîmés par les ouvriers construisant la maison voisine. C’étaient les inconvénients inhérents aux chantiers alentours.

La tradition d’habiter un chantier nous avait accompagné ici. Dans notre maison, pendant longtemps nous avons vécu avec la présence des matériaux occasionnés par des travaux de reconstruction et de transformation.

A la fin de la première année, le quartier avait déjà l’allure qu’il garde encore. Toutes les rues sont éclairées, les boîtes postales sont en place, les arbres se sont enracinés. Des moineaux nous réveillent désormais et les corneilles se sont faites plus rares, n’ayant plus la possibilité d’atteindre les ordures. Un camion fait le ramassage deux fois par semaine et tous les déchets sont dans des poubelles fermées. Les canards ont proliféré et visitent désormais les aires habitées. On ne les voit guère dans le lac. Les ibis viennent picorer dans les gazons les vers qu’il leur faut, sans souci d’être chassés.

Un village s’est créé au cours d’une année seulement; malheureusement les voisins se sont succédés si souvent qu’il n’a pas encore le vrai sens de la communauté comme on pourrait la comprendre. Des liens ont perduré avec les deux ou trois personnes du début, mais ils sont fragiles. On dirait que l’on a peur de s’attacher pour ne pas souffrir le moment venu de partir. Hélas, c’est peut-être une bonne raison ! Heureusement que cette sorte d’indifférence s’efface au moment des cyclones. Tout le monde se met au service de tout le monde pour la protection des vies et des biens. Faudrait-il souhaiter des cyclones plus souvent ? Faut-il absolument un état d’urgence pour nous ouvrir un peu plus humainement à l’autre ? C’est tellement dommage !

Tandis que l’on s’activait pour donner vie aux maisons, les magasins eux aussi se mettaient en place. Des terrains vagues autour, j’ai vu successivement s’élever les Ross, Marshall’s, Wal-Mart, Target, Home Depot et compagnies. Il ne manque rien à notre quartier. En moins de cinq minutes nous pouvons choisir entre Publix, Winn Dixe ou Costco pour nous approvisionner en un article ou un autre. Des pompes à essences, des instituts de fitness, des restaurants connus ou des nouveaux, des magasins organiques, des cinémas et des parcs. Des pharmacies et des pizzerias, la cuisine chinoise ou japonaise, des beauty salon et tout ce qui fait de l’Amérique le pays de l’abondance. Bientôt sera en fonction le superbe whole food spécialiste des aliments et autres produits organiques pour satisfaire la nouvelle clientèle consciente depuis peu de la nécessité de bien se nourrir et se soigner.

Je ne cesse de m’émerveiller de toute cette vie qui s’est élaborée autour de notre maison depuis sept ans. J’ai assisté à la transformation rapide des grands espaces vides, puis je me suis rendue compte que même la maison a également évolué en ma présence malgré mes nombreux déplacements. Comme si j’avais un rendez-vous avec les changements projetés.

Il y a quand même le salon qui occupe l’espace longtemps servant d’espace de jeux aux petits. Puis le nouveau mobilier du séjour, la tente de la cour et les buissons paravents devant les fenêtres de la cuisine qui ne m’ont pas attendue pour s’installer. Il fallait bien qu’elle s’émancipe sans moi la maison ! Cela n’enlève rien à notre complicité ni ces petits riens qui m’y ont attachée au point de me serrer un peu le cœur quand je dois repartir. Et j’aurai à mon retour l’accueil des rosiers et des perruches et bien sûr de mon amie la tourterelle !

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C’est un matin floridien dans une communauté sophistiquée où les gens vivent toujours sous la contrainte du time is money. L’heure nationale profite du soleil toujours pressé en été à précipiter la population au travail et à l’école.

Comme souvent en cette saison, un cyclone est annoncé. Ce sera pour les prochaines heures. Cependant pour le moment, rien ne le fait pressentir. Tout est merveilleusement calme.

Une promenade me révèle la charmante vision de deux poules d’eau, déambulant d’un pas tranquille à la manière d’un couple usé, chacun s’occupant de ses propres affaires malgré leur proximité et leur relation. Sur un arbre préfabriqué chante un oiseau. Il chante avec tant d’ardeur que je remets en question la météo. Au pied de son perchoir, je m’arrête un moment en signe de gratitude. D’autres oiseaux jouissent sans restriction des pelouses libres. Plus loin dans la rue, trois moineaux s’amusent à des jeux insouciants, comme le feraient des gosses. Des corbeaux quant à eux se sustentent dans les sacs poubelles.

Les animaux en général vivent en harmonie avec la nature, ils sentent toujours ses moments de colère. Leurs attitudes décontractées me confortent dans mon assurance : le cyclone nous épargnera. Effectivement notre quartier aura joui de la clémence des éléments. J’ai conscience de la beauté de l’heure et je me rappelle d’autres matins sous d’autres cieux.

Par la fenêtre ouverte, le roucoulement particulier d’un colombin pénètre dans ma chambre à la suite de la légère brume matinale toujours froide à Bruxelles. Je savoure sereinement ce réveil lors de mes séjours chez ma fille. En cet instant je me penche grelottante, essayant de découvrir l’oiseau chanteur, mais il n’est jamais visible. A travers quelques vitres dénudées, des personnes prennent leur café. Au contraire des Américains, elles goûtent à cette sorte de quiétude de l’heure avant de rejoindre leurs rues, mouillées la plupart du temps. Le soleil ici tarde à se montrer même en été. J’aime aussi ce matin du monde.

A Paris, je suis réveillée par les moineaux venus picorer les miettes sur le rebord de la fenêtre, car j’en ai une. Ce n’est pas souvent le cas dans cette grande métropole où le logement est rare et pas toujours confortable. Il n’y a pas grand-chose à voir au dehors. Mais le vol intense des pigeons et les moineaux sautillant devant la vitre suffisent à mon matin parisien. Le soleil pénètre avec audace, bien qu’il soit quelque part derrière des cheminées. L’aimant bien, je lui pardonne son indiscrétion lumineuse. Je me considère encore une fois chanceuse de pouvoir vivre ces instants de bonheur. Chaque nouveau jour dans le monde a son propre cachet.

Une mince clarté transparaît entre les deux pans du lourd rideau de ma chambre d’hôtel, c’est le signe indiquant que le jour se lève. J’aurai un matin de plus, un matin différent. Le soleil ici à Grenoble s’enveloppe dans son manteau, car en novembre c’est déjà presque l’hiver. Dans la rue, très peu de passants. Au loin les montagnes enneigées se dressent en à pic, les oiseaux ne chantent pas, mais se cherchent un abri. Le paysage est en complète opposition avec mon décor habituel. A la maison, le soleil est en général radieux au début du jour et s’accompagne de joyeux cocoricos. Mon matin caribéen est toujours émaillé des cris des vendeurs de rue et le ciel tout au long de l’année est en apothéose.

En Egypte sitôt le réveil, il fait déjà chaud. Une agitation anime les rues où les musulmanes en voile noir côtoient les touristes curieux. Les longs palmiers bougent à peine sous une légère brise et le soleil foudroie.

Quand on se réveille, aux premières heures de l’été, en Avignon, mille senteurs exhalées par le long repos de la nuit accaparent les narines. La rosée brille sur chaque feuille, au rendez-vous du soleil. Les premières heures du jour sont là-bas fraîches et parfumées.

Les matins ont beau être différents dans les villes du monde, je les trouve toujours aimables. Ils sont une promesse de nouvelles joies, de nouvelles rencontres, de nouvelles expériences.

Le matin tout resplendit tout chante,
La terre rit le ciel flamboie
Car pour nous qu’il tonne pleuve ou vente
De tout temps nous chantons notre joie

Car chaque jour est un jour de fête

Dans notre cœur un soleil luit toujours

Pleine de joie d’élan et d’amour

Notre chanson s’élève chaque jour.

C’est la chanson qui monte à mes lèvres et fait vibrer mon âme chaque matin, quelque soit le pays dans lequel je me réveille.

Miami, 9 septembre 2004

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Sep-12-07

Fusion

Posted by Nancy

Un matin de septembre,

Dans le ciel de Miami,

Du gris, du rose et de l’ambre

Teintent le noir déjà soumis.

Pareils au papier brûlé

S’éparpillant dans le vent,

Des oiseaux par milliers

Se dirigent vers le Levant.

Une mince bordure d’or

Garnit certains nuages.

Le bleu s’ajoute au décor.

Je vis un beau présage.

Le soleil s’en vient sans hâte,

Mon coeur sans nulle confusion

De bonheur se dilate,

Et mon âme à la fusion

Se prépare en silence.

Le premier jet m’inonde,

M’éclabousse en abondance.

Puis, l’astre salut le monde.

La lumière une fois de plus

A vaincu l’obscurité,

L’ancien jour est révolu.

A nous d’autres opportunités.

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