Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Jan-9-10

Mont Shasta (suite)

Posted by Nancy

Nous sommes au 24 décembre pour notre premier réveil. Sitôt hors du lit, Fabian et moi gagnons les rues. Un froid vif saisit nos narines tandis que nos yeux s’émerveillent de la proximité de la montagne devant nous.

Nous rentrons bien vite pour mieux nous vêtir et empruntons la voiture pour une reconnaissance du village. Nous sommes au milieu des montagnes enneigées s’étalant tout autour! Les rues par contre sont nettoyées de leur récente neige .

Il n’y a presque personne dans les rues, le réveil ici ne semble pas très matinal bien que le train passe dès “potron minet”.

Ce silence bienfaisant et particulier s’étale dans les moindres recoins. Fabian le qualifie d’actif.

Nous rentrons pour attendre que Méroudji s’habille et qu’Henri, invité de notre propriétaire, vienne nous retrouver pour nous indiquer où aller pour nous approvisionner. C’est son deuxième séjour ici alors que nous n’en sommes qu’à notre premier.

Au super marché j’ai la surprise de trouver des rayons très bien garnis avec des produits de qualité, des fruits et des légumes, et tout ce qu’il nous faut. Les habitants ne vivent pas si reculés que cela ! La plupart des magasins et restaurants fermeront le 25 et le 26; il nous faut être bien pourvus pendant cette fermeture.

Les courses achevées, nous déposons le tout à la maison et partons faire un tour des magasins, admirer les cristaux dont Shasta a la spécialité des ventes.

A soul connections nous faisons la rencontre d’Agnès qui, nous entendant parler français, se réjouit de pouvoir s’exprimer dans sa langue. Elle est de Tahiti et la similitude de sons avec Haïti en plus de notre langage commun nous incite à bavarder et à trouver notre rencontre formidable. Nous décidons de la retrouver au Best Western où elle est logée avec ses deux enfants pour passer la soirée de Noël.

Le silence de Shasta n’est jamais affecté par les bruits familiers, la corne bruyante du train au petit jour, les conversations ou autres. Nous évoluons dans une bulle spéciale propre aux lieux je crois.

Nous rentrons après avoir bu un jus bio de légumes dans le magasin spécialisé à cet effet où nous trouvons également des graines germées. Nous pourrons donc nous alimenter sans faire trop d’entorse à notre régime.

A la maison une brève coupure d’électricité nous oblige à remettre le réveil du four à l’heure. Nous n’avons pas le temps de nous étonner du fait, qu’une autre s’impose avec un peu plus de longueur. A la troisième, notre hôtesse qui nous visitait, s’assurant que nous ayons trouvé la réserve de couvertures et de serviettes, se pose des questions sur ces coupures inhabituelles.

Son étonnement se fait interrogatif car jusqu’à la nuit tombée nous étions encore sans électricité. Elle nous procure des lampes à kérosène et une lampe de poche espérant que la panne soit bientôt réparée.

Toujours dans le noir, nous décidons d’aller trouver Agnès comme promis. Cependant il n’y a aucune lueur dans la ville si ce n’est la pâle clarté de la lune. Quand nous aboutissons au Best Western tout est plongé dans l’obscurité. Personne ne prévoyait un fait pareil,  semble-t-il. Nos lampes mêmes étaient providentielles!

Nous rentrons après avoir admiré le ciel magnifiquement étoilé  un moment. Nous  prions ensemble puis à la lueur des lampes j’offre les mandalas prévus en cadeaux. J’avais apporté des lampions que j’installe sur le rebord de la cheminée inactive.

Le chauffage étant électrique, il nous faudra gagner nos couvertures tout habillés de nos manteaux, écharpes et gants.

Nous avions là l’occasion de repenser à l’enfant de Bethléem qui lui aussi a connu le froid de l’hiver. Une veille de Noël à nulle autre pareille aux Etats-Unis. Que les choses humaines sont fragiles et incertaines !!

L’électricité revint au cours de la nuit, Fabian dit 9h 30. Je ne l’ai pas su tant que le froid ne s’était pas fait davantage sentir, car les nuits il fait du -1 et plus. le radiateur de ma chambre ne s’était pas remis en marche et je m’apprêtais à prendre plus de couverture quand je constatai la lumière. Fabian remit le chauffage et nous poursuivons notre nuit avec plus de confort.

Il y a pas mal d’histoires qui circulent au Mont Shasta, alors pour rester dans la note je me dis que pour Noël les êtres merveilleux qui habitent la montagne ont dû avoir une réunion spéciale et nous obliger nous humains ordinaires à garder nos lits sans faire de bruit.

Je crois qu’au fond de moi c’était la veille de Noël qu’il me fallait !

(suite)

Henri me quitte avec un peu de réticence, mais il doit le faire. Je continue dans ma tête à prendre des dispositions pour la nuit et le lendemain.

Il franchissait la porte quand je vois au loin Fabian arriver. Je gesticule tant et plus qu’il me voit et se met à courir. Mon soulagement est de courte durée car Méroudji manque.

Ils seront deux à nous précéder ce qui sera malgré tout une bonne chose car il vaut mieux être deux quand les choses sont difficiles.

Où peut-elle bien être ? Je ne veux plus angoisser, je me calme avec un rien de regret de devoir rester en arrière. L’hôtesse qui contrôle les fiches d’embarquement fait patienter le pilote à mon insu, elle a dû sentir ce que je vivais.

Je jette un dernier coup d’œil au couloir tandis que mes compagnons se sont déjà embarqués. La voilà ! La voilà ! Je fais signe à l’ hôtesse que ma fille arrive et je me mets à crier son nom en m’époumonant ! Elle m’entend enfin et elle aussi se met à courir.

Dès qu’elle arrive devant l’hôtesse où elle tend sa carte d’embarquement je ne retrouve plus la mienne. Je fouille avec fébrilité et je la retire avec un tel soulagement que la femme le perçoit et me comprend. Elle avait vérifié précédemment elle me laisse donc suivre la passerelle précédant ma fille pour supplier le pilote de nous attendre ignorant encore que c’était fait.

J’étais au milieu de la passerelle quand je me retourne et ne vois pas Méroudji. Dieu du ciel a-t-elle un pépin !? Je rebrousse chemin toujours en courant mais l’hôtesse à l’accueil me crie :

” She’s coming !”

Nous sommes tous dans l’avion finalement et je prends conscience que je n’avais pas pratiqué ce que j’avais cru comprendre à Miami quand nous avons été les derniers à embarquer.

J’avais oublié la valeur de chaque seconde, l’assistance du ciel qui nous est inconditionnelle et toute puissante et le lâcher prise. Que c’est difficile le chemin de la remontée vers la Source !

Nous arrivons à Redding à 9hres pm. Tout le monde récupère les valises quand Henri se souvient de ne pas avoir reçu son carry-on. Il va aux réclamations tandis que Fabian essaie de contacter la personne qui doit nous louer le véhicule.

Nous sommes les derniers dans l’espace, les employés ne sont plus visibles, la communication ne passe pas à l’intérieur du local. Fabian sort et Henri découvre une sonnette pour appeler. L’employée prend sa déclaration et tous les renseignements nécessaires et promet la livraison à domicile.

Fabian revient avec une annonce pas trop réjouissante : L’homme qu’il a fini par contacter ne se souvient pas du tout de notre réservation de location.

Henri lui dit :

Va appeler à nouveau et donne le numéro écrit sur le reçu. Précise que nous avons réservé depuis deux mois !

Entre temps chacun avait repris son calme décidé cette fois à ne plus angoisser et à faire une totale confiance à la Présence Illimitée en nous.

L’homme promet de nous trouver un 4×4 et vient à notre rencontre quelques minutes plus tard. Il est à ce moment 10hres passées. Les formalités de location remplies avec les excuses du bonhomme, nous nous mettons avec son aide en quête de nourriture. Nous ne pourrons pas passer encore une heure sans rien manger !

La plupart des restaurants sont fermés et les “junk food” disponibles ne sont pas ce que nous aimons le plus. Néanmoins faute de mieux il faudra s’y faire. Heureusement le” big bear”est lui, ouvert avec un menu varié.

Hummmm! L’homme est meilleur quand il a mangé !

Les messieurs branchent le GPS pour nous indiquer le trajet. Le Mont Shasta nous attend et nous avons hâte d’y être. Il fait froid, la route est déserte mais notre excitation et le chauffage de la Ford suffisent à nous faire prendre patience. Seulement une heure de trajet et nous y serons.

Voilà notre hôtesse disposée à nous accueillir après le coup de fil d’Henri nous annonçant.

La maison est sympathique, chaude à point et surtout chaude de toute la gentillesse de Beverly qui nous reçoit comme des parents revenant de vacances !

Je retrouve, une dînette comme la mienne, un faiseur d’arc-en ciel comme à la maison, les couleurs de ma chambre et les petites figurines d’elfes que j’aime ! Nous avons tout plein de points communs, nous sommes bien de la famille ! Ma famille cosmique.

Cette première nuit à Shasta tient de la féerie ! J’y suis parvenue après plus de vingt ans d’attente. Tout vient à point à qui sait attendre disait ma maman, mais ce n’est pas toujours facile pour moi d’attendre bien que les faits montrent toujours la véracité de l’axiome.

A partir de ce moment, chaque instant sera extraordinaire comme le sont les lieux. Nous allions vivre à la lettre notre mot de bienvenue :

Welcome to this moment !

(suite)

Jan-6-10

Un Noël et un Nouvel An au Mont Shasta

Posted by Nancy

Nous étions quatre à faire cette traversée de la côte Est à la côte Ouest des Etats-Unis en partant de Miami, deux de mes enfants, un ami et moi. Mon fils et notre ami laissait de Port-au-Prince pour me rejoindre à Miami où je les avais précédés de deux semaines. Ma fille quant à elle partait de New-york pour nous retrouver à San-Francisco.

J’avais attendu depuis si longtemps ce moment où je pourrais me rendre à Shasta !

Me voilà donc enfin à ce jour si désiré, patientant avec un peu d’excitation Henri notre ami et Fabian mon fils à l’aéroport de Miami.

Je prends du temps pour m’acheter un sac à main plus confortable que le petit en bandoulière si vanté par les médias ! Il est vrai qu’il avait contenu toutes mes bricoles en plus de mes papiers cependant sa courroie me sciait le cou et les objets menaçaient de s’éparpiller chaque fois que j’ouvrais le sac. Bref, il me fallait un nouveau sac en urgence.

Je l’achète dans un magasin Turner où tout est à $1o, je mange un sandwich et j’attends…. Un peu trop à mon goût, je crains déjà de rater l’avion.

On appelle pour l’embarquement mais au lointain, tout comme sœur Anne, je ne vois que l’immensité du couloir supportant des visages inconnus.

Ils arrivent enfin soulageant mon anxiété. Mais comme prévu nous sommes les derniers.

Je crois que je dois tirer une leçon du fait. Le lâcher prise ne m’est pas facile et mon souci de l’heure est trop envahissant. Je me calme, me promettant de prendre les événements avec plus de philosophie. Chaque minute à sa valeur et tout peut se jouer dans ce laps de temps. Je pense avoir compris; et pourtant….

Nous sommes installés pour 6hres de vol inconfortables que nous nous efforcons de supporter au mieux.

San-Francisco s’étale enfin sous mes yeux fatigués, immense (25 minutes à la traverser) lumineuse et fascinante.

Fabian seul devait récupérer sa valise, ayant acheté son billet en ligne. Tandis qu’il part aux bagages, Henri et moi allons aux renseignements pour connaître le lieu d’embarquement  vers Redding. Comme par “hasard” nous nous adressons à la personne qu’il faut, un agent de la United nouvel avion remplaçant l’American pour l’avant dernière étape. Nos billets sont confirmés et nous avons le numéro de la porte.

Méroudji est-elle arrivée ? Saura-t-elle nous trouver ? Toujours des inquiétudes latentes !

Après notre aubaine avec l’agent si facilement trouvé j’aurais dû être plus confiante en la bonté du ciel nous accompagnant. Et je vérifie le fait dans l’immédiat car devant nous voilà ma fille qui traverse le couloir exactement devant nous en dépit de l’immensité des lieux! Elle débarque en même temps que nous alors qu’elle devait etre là 6h avant. L’avion avec 4hres de retard nous l’amène “on time”. Pourtant c’est moi qui occasionnera le stress que je vivrai quelques heures plus tard.

En effet, au lieu d’utiliser son téléphone pour appeler Fabian, je lui demande d’aller à sa rencontre pour faire plus vite à récupérer la valise. Entre temps Fabian avait déjà laissé le “baggage claim” ,sa longue absence était occasionnée par l’obligation qui lui avait était faite de repasser la “sécurité” puisque par oubli son passeport était resté avec nous dans son carry-on.

Méroudji ne pouvait donc pas le trouver.Elle ne répondait pas à son téléphone encore fermé par oubli.

Mais ce que je vous raconte maintenant je l’ignorais à ce moment là.

Henri et moi étions à la porte 78 depuis seulement 5mns quand on appela pour l’embarquement. Trente personnes uniquement devaient prendre ce petit avion à hélices.

A nouveau me voilà à scruter le très très long couloir, essayant de les apercevoir sans succès tandis que l’hôtesse nous presse d’embarquer.

Henri décide de nous précéder ne voulant pas rater la 4×4 retenue à Redding depuis deux mois, indispensable pour le trajet restant et le séjour, puisque là-bas il n’y a pas de véhicule public pour le transport.

Je devrai donc rester sur les fauteuils de l’aéroport pour la nuit et prendre l’avion le lendemain si possible avec l’obligation de repayer les billets. Je suis mal en point mais je me raisonne malgré tout, sans grand succès il faut l’avouer.

Que se passa-t-il ? mes prévisions se sont-elles réalisées ?

Vous le saurez à la page suivante……