Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Jun-8-08

Naissance d’un quartier

Posted by Nancy

La première fois que je vis Silver Shores, c’était pour le Grand Opening d’une communauté prochaine dans la ville de Miramar. Des gens se rendaient en foule pour choisir emplacement et modèle de leur future maison. Nous étions parmi ceux-là. J’accompagnais mon fils dans sa nouvelle acquisition qui se révélait être une étape d’un autre ordre, puisque d’un town-house il allait expérimenter une maison individuelle.

Aux Etats-Unis, les maisons particulières ne sont pas permises à tout un chacun, les gens habitent plutôt des appartements. Cependant, le projet d’une ville neuve ayant un caractère méditerranéen avait germé dans l’esprit des bâtisseurs avec l’accord de leur gouvernement. Il fallait rendre accessibles à une majorité des maisons individuelles cadrant davantage avec la nouvelle conception.

Ce qui me plait de vous relater est la naissance de cette communauté que j’habite en Floride en alternance avec ma résidence haïtienne.

Mon fils a été le premier à loger dans la parcelle B de Silver Shores. Je me souviens avec assez d’acuité du vaste chantier autour de nous. Des bruits incessants et des corneilles gourmandes qui s’amusaient à éventrer les sacs poubelles devant la porte. Aucun service de voierie n’était encore en place. Il nous fallait nous rendre ailleurs pour déverser les sacs. Cependant, les oiseaux ne nous accordaient aucun répit s’il nous arrivait de paresser pour jeter les ordures. Quand mon fils n’était pas disponible certain jour, je me chargeais de les chasser pour lui donner le temps. Néanmoins, souvent ils me devançaient et c’était la corvée inévitable !

Notre jardin était souvent envahi par les ouvriers qui venaient s’approvisionner en eau ou parfois juste se reposer. Partout les matériaux de construction empêchaient ce bienfaisant répit. Cette opportunité de trouver une certaine forme d’accueil ne fut pourtant pas le souci de leur reconnaissance quand ils eurent chapardé notre tuyau d’arrosage. L’indélicatesse de quelques-uns priva les autres de ce bienfait, car les responsables interdirent désormais notre cour aux ouvriers, après avoir reçu nos doléances.

En moins d’un trimestre, les voisins s’amenèrent et le cul de sac fut occupé. Le travail de construction me fascinait. Jamais je n’avais connu une telle technique ! L’armature de la maison était constituée de poteaux en fer sur lesquels étaient déposées des poutres en bois. Les murs creux s’élevaient d’une fondation en béton puis se recouvraient de plâtre. Plancher et plafond s’élaboraient sur cette base. Les fils électriques et les conduits de téléphone couraient dans les espaces à combler avant d’etre intégrés dans des tuyaux en plastique.

Tous les toits sont ornés de tuiles rouges s’harmonisant avec les beiges, les roses et les ocres des maisons. Un jardinet garni de palmes disposés en triangle accueille à la façade où court un buisson d’hibiscus. Mis à part de rares changements de plantes, tous les jardins offrent la même allure. Les façades des maisons diffèrent pourtant s’il s’agit, de Bentley, de Savoy, d’Avallon ou de Graham, soient les modèles proposés.

La manie uniformisatrice de l’Amérique, par souci d’égalité peut-être, avait réuni une majorité de Bentley dans notre parcelle, à notre grande déception. Nous pensions vraiment qu’une maison individuelle nous redonnerait cette originalité haïtienne à laquelle nous aspirions même en terre étrangère. Enfin il fallut bien accepter l’évidence du pays qui nous recevait.

Matin et soir je faisais de grandes promenades m’ébahissant de la rapidité des constructions dans les rues avoisinantes. En même temps que les maisons s’érigeaient, les trottoirs se construisaient. Aux bords des allées piétonnes étaient déposés des arbres adultes retenus par des cordes fichées en terre. Cela aussi m’étonnait grandement, je ne croyais pas qu’un arbre puisse prendre racine passé l’âge adulte. Tous les arbres étaient pareils. Je me réjouissais de ma chance d’avoir plus de liberté dans mon pays. Pourtant une certaine harmonie se détachait de l’ensemble et mes promenades me valaient quelques sympathiques saluts. Cela aussi me changeait de l’habituelle indifférence américaine. Des personnes chaleureuses faisaient oublier les autres qui n’avaient rien à offrir, il y avait l’espoir d’une véritable communauté.

Mon récent voyage d’Europe m’a apporté cette certitude du changement dans le monde. Les gens se reconnaissent frères, il semble. Pour la première fois je sentais l’affection de ceux que je rencontrais ; à Paris surtout, qui malgré tout avait l’air de s’humaniser.

Un lac artificiel donne l’illusion d’une plage à certains riverains et les grandes fougères complètent le décor voulu méditerranéen. L’Amérique avait mis l’Europe dans ses murs !

A suivre

Aug-31-07

Impressions de voyage

Posted by Nancy

Berlin est désormais sous verre; impressionnant et froid. Toujours à ressasser les souvenirs de guerre et à vénérer un bout du mur de la honte qu’il offre comme attraction aux touristes.

La promenade sur le Rhin garde un certain charme avec quelques édifices majestueux de style baroque, des arbres et ….une plage amenagée pour la saison sur l’une des rives. Les Berlinois sont heureux de s’y dorer et de proposer aux passants leurs chateaux de sable bien réussis. Peuvent-ils s’y baigner ? J’en doute, cependant en acceptant ce que la Nature leur a donné, leur intelligence a fait le reste. A mon avis c’est l’une des façons d’être heureux.

A Cologne la cathédrale réunit à elle seule tout l’intéret de la ville. L’édifice est d’une telle pureté de style et d’une telle finesse! C’est une immense dentelle de pierre. Malheureusement l’ambiance n’est pas au recueillement et aux abords toutes sortes de petits magasins ont envahi l’esplanade qu’on emprunte pour y accéder.

Cependant quand les travaux de réfection seront achevés j’espère que la belle cathédrale redeviendra un lieu de culte plutôt qu’une visite touristique.

Dresden qui a été la dernière ville allemande à être visitée offre aux touristes beaucoup plus de beautés et d’authenticités, bien qu’elle ait été entièrement reconstruite après la guerre, elle n’a rien perdu de son cachet original.

Vienne, comme toutes les grandes capitales d’Europe désormais, reçoit volontairement ou non des immigrés de différentes nationnalités. Ils lui apportent bien sûr leur désordre et leur négligence mais aussi leur courage pour travailler souvent à des tâches ingrates. Néanmoins, que les habitants soient en certains endroits bruyants ou soucieux, calmes et sereins à certains autres, ils n’influencent nullement la paix et la sérénité qui se dégagent des merveilleuses maisons et de la ville elle-même.

Sissi est toujours présente dans le coeur des Viennois et des touristes. A Schöbrunn son merveilleux palais, elle occupe une grande place. Elisabeth de Bavière n’est pas morte et avec elle, continue de vivre aussi l’actrice Romy Schneider qui a su si bien l’incarnée. Tant et si bien, qu’elle a vêcut également le drame de perdre un fils aimé. Les deux femmes ont succombé pareilles à leur chagrin.

Avec ou sans soleil, dans la brume ou la clarté, Vienne est belle, de cette beauté intérieure que recèle les belles âmes.

Amsterdam s’est encanaillée ! Partout le désordre et la saleté. Les moeurs dissolues s’étalent sans discrétion. Plus besoin d’aller sous les vitrines dans la zone rouge, les filles sont accessibles à votre portée et les hommes aussi. Et pour comble, le cannabis figure sur les objets souvenirs comme symbole de la ville !

Par contre La Haye garde son calme et sa dignité. La ville au tribunal international ne s’est pas laissée influencée par sa compagne tapageuse. Delft perfectionne encore plus son art centenaire de la porcelaine et Madurodam la ville miniature est toujours étonnante.

Bruxelles répare et nettoie ses monuments comme partout ailleurs en Europe. Les chantiers et leurs grandes grues cassent un peu les photos que l’on voudrait parfaites, pourtant sa beauté et son atmosphère sont intactes. L’hotel de ville de la grand-place domine avec sa tour de dentelle devenue blanche depuis les nettoyages. Une note différente qui n’a pas ajouté grand chose à sa splendeur d’antan. Les gauffres, les spéculoos, les couques et le chocolat Côte D’or régalent autant les gourmands.

Les grottes de Han sur la Lesse attirent juste ce qu’il faut de monde pour les entretenir. Elles sont pourtant assez surprenantes ! Elles s’étalent sur plusieurs kilomètres de large et plusieurs mètres de profondeur, traversées par une rivière souterraine assez impétueuse par endroit. Ses pièces de stalactites sont impressionnantes ainsi que ses voiles de pierre. Le coup de canon qui termine la visite donne la profondeur des voûtes répercutant le son. Un spectacle son et lumière vous plonge dans la matrice réconfortante de notre mère la Terre. L’homme a su conserver son patrimoine et l’aménager pour le plaisir des visiteurs. Dommage que les touristes ne respectent pas toujours ces lieux. Han, petite ville belge, sera surtout choisie par les amoureux de verdure, de calme et de curiosités naturelles, sans oublier les montagnes et les forêts que l’on découvre dans les Ardennes.

Si vous y allez un jour, laissez-vous imprégner par l’atmosphère particulière de l’église Notre-Dame; soyez émerveillés par le tour safari avec ses animaux de réserve, mais surtout, surtout pas, ne ratez pas votre bus! Un seul taxi dessert toute la région. Le patron est des plus enjoués, très bavard, très disponible. Mais, son compteur est rapide et facilement vous pouvez avoir un début d’arrêt cardiaque quand il vous mènera à la gare pour 50 euros presque, alors que vous n’aurez que ce dernier billet en poche justement. ( à suivre)