C’était un rosier “trafiqué”, comme beaucoup de plantes dans ce monde un peu perdu qui est le nôtre.
La pâleur de son feuillage abondant ne laissait pas deviner tout de suite qu’il s’agissait d’un rosier. De plus il était dépourvu d’épines. Pourquoi l’avoir acheté, puis planté?
Pour faire plaisir à quelqu’un qui disait ne pas aimer les roses à cause de leurs épines. Cependant faute de pouvoir choisir je pris le seul qui était disponible à Home Depot, un rosier blanc. Pour rester dans la réalité des variétés arrangées, les fleurs n’avaient aucune odeur.
Je pris bien soin de lui car je voulais que la perfection de ses fleurs plaise et que le rosier puisse être bien reçu.
Trois ans plus tard, j’appris que celle à qui je l’avais offert n’aimait pas les fleurs blanches. J’étais désolée.
De mon côté, tout en étant attentive à son bien-être, je portais plus d’attention à un autre rosier acheté le même jour, mais celui-là avec des épines et des fleurs d’un parfum exquis et d’une couleur de fleur “vieux rose”
C’était un vrai rosier et son parfum attirait tout le monde, en dépit de ses grosses épines et de ses ramures raides. Les feuilles foncées étaient elles aussi bordées de petites griffes.
Les deux rosiers grandissaient, s’épanouissaient et faisaient mon bonheur, peut-être légèrement plus qu’aux vrais propriétaires.
Depuis un mois que je suis rentrée d’Haïti après le tremblement de terre, j’ai observé deux transformations des rosiers.
Les roses “roses” devenaient larges d’une façon inexplicable. Mais le plus surprenant etaients celles du rosier blanc.
Les pétales se coloraient de rose, les épines lui poussaient, le feuillage s’étalait mais le plus extraordinaire est que toutes les fleurs rosees sentaient bon. Wow !
Devant ces constatations, j’ai eu plusieurs interrogations, cependant les réponses les plus satisfaisantes pour moi sont celles-ci :
Je crois que le rosier blanc s’est senti délaissé et a voulu attirer notre attention en s’inventant certains attributs de l’autre rosier, si fascinant.
Vous me direz que je déraille, néanmoins ma conviction est que les plantes sont vivantes et qu’elles réagissent à notre attitude vis à vis d’elles.
Mon remords par contre est de n’avoir pas su l’aimer assez pour l’accepter comme elle était. Alors je la remercie chaque jour d’avoir fait l’effort de me plaire et je l’assure de mon affection inconditionnelle désormais.
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