Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Dec-4-12

Un Oiseau Different

Posted by Nancy

Il était une fois deux enfants, deux garçons charmants, Kristofer et Xavier. Ils désiraient un animal familier, mais obstinément les parents le leur refusaient n’ayant pas la possibilité d’en prendre soin, sachant que sitôt l’exhaltation du premier contact passée, tous les soins leur retomberaient sur le dos.

Finalement la grand-mère trouva un compromis: on leur offrira des oiseaux. La mère acquiesca, aimant beaucoup les oiseaux. Ainsi un couple de perruches jaunes vinrent agrandir le cercle familial. La femelle de Kristofer se prénomma Snowy le mâle de Xavier Floffy..

Pendant cinq belles années les enfants s’amusèrent avec les oiseaux, les laissant voleter à travers la maison, les sortant, les nourrissant. Puis l’attrait s’émoussa, d’autres intérets les gardèrent plus occupés. Cependant de temps en temps ils s’approchaient de la cage pour signifier aux petits êtres qu’ils êtaient toujours aimés.

A la fin de cette cinquième année, Snowy pondit un oeuf qui passa inaperçu, le lendemain elle s’apprêtait à en pondre un second quand la grand-mère découvrit le fait. Alors ce furent des cris de stupeur, de joie, d’interrogation de la part de quelques amis venant en visite et des enfants eux-mêmes.

Etait-ce trop d’attentions du public,ou un inconvenient de santé on ne le saura pas, car l’oeuf ne put sortir et resta accrocher à la femelle. Visiblement en souffrance on l’emmena chez le vétérinaire. Ce dernier du couper pour la débarrasser mais elle en perdit la vie avec passablement de souffrance avant.

Le mâle voyant sa compagne souffrir avait fait tant et si bien qu’il avait attiré l’attention du père qui à ce moment prit l’initiative de chercher du secours. Depuis cet incident ils étaient devenus des amis. Quand l’humain s’approchait de la cage, l’oiseau lui tendait le bec ou sifflait.

Floffy ne se consolant pas, on lui chercha une compagne. Celle-ci fut blanche avec une tache bleue au dos. Cette différence expliqua peut-être la difficulté des débuts, car l’adaptation fut assez difficile en dépit du même prénom que Kristofer lui choisit.

Quand on pensa le contact établi, on s’étonna des criaillements et des chamailleries quasi permanents et on pensa à des jeux amoureux…Un nid fut alors ajouté. Mais il ne se passa rien…

Kristofer qui avait souffert de la perte de l’ex Snowy fut plus attentif désormais au bien-être du second; c’est ainsi qu’un beau jour il lui découvrit une grosseur à la poitrine. Le diagnostic fut alarmant: une tumeur inopérable!

Kristofer se révolta à l’idée de perdre son amie ailée, il décida de la soigner lui-même et de prier. Deux fois par jour, il lui mit du gel de silicium, la tumeur se résorba après quelques jours et l’oiseau s’arracha les peaux mortes jusqu’à complète guérison.

Deux ou trois mois s’écoulèrent, le couple se chamaillait toujours, les cris parfois étaient stridents mais on pensait que c’etait leur façon d’être ensemble.

Un matin on trouva le corps de la femelle sans vie. Elle était partie sans que personne ne lui soupçonnât un malaise quelconque.

On s’attendait au désespoir de Floffy mais curieusement il fut indifférent et même heureux pourrait-on dire.

Et voici le constat qui fut fait découlant de ce comportement auquel on ne s’attendait pas:

Le mâle était attaché à sa première compagne jaune comme lui, les cris et les coups de becs qu’on prenait pour des jeux amoureux étaient en fait de l’hostilité. Cette femelle blanche n’a jamais était acceptée.

Depuis sa solitude, Floffly s’était inventé une compagne en se regardant dans son miroir. Désormais il se parle, il s’amuse et il est heureux en passant le plus clair de son temps s’admirant et croyant être deux.

Quand il doit accompagner la famille dans une cage plus petite sans miroir, il se tait et ne mange ni ne boit.

C’est donc un oiseau avec des sentiments humains: fidélité, et négation de sa situation psychologique.

Cette histoire commencée comme un conte n’en est pourtant pas un.Cependant sa curieuse atmosphère le rattache au merveilleux.

Si Floffy reçoit une compagne jaune, arrêtera-t-il de se mirrer? ou rejettera-t-il cette autre femelle, même jaune? (à suivre).

 

Jan-7-12

Un Mouchoir aux Gonaïves…

Posted by Nancy

Le mouchoir d”autrefois  a pris aux Gonaïves un tournant curieux. Il est devenu un élément indispensable de tout  uniforme. Accroché par une épingle,  il pend, en théorie, à la portée de l’enfant pour moucher le nez ou essuyer les pleurs. Chez les adultes il se veut pratique et accessible pour éponger les visages en sueur sous le soleil implacable de la ville. Cependant c’est en ce matin de la rentrée que j’ai constaté qu’il s’est converti en une petite serviette imprimée et que l’habitude de quelques-uns  s’est généralisée. Ainsi, en ce premier lundi, ils sont tous avec leur petite serviette en guise de mouchoir pendant à leur bretelle. Les parents eux, arborent une grande serviette sur l’épaule ou dans une boutonnière en pleine poitrine.

Si les adultes utilisent leur serviette largement, ne se privant pas de s’essuyer le visage ostensiblement tout au long de leur conversation, les enfants eux reniflent ou gardent leurs pleurs en dépit de leur petite serviette. Car en réalité c’est un objet inaccessible même attaché devant eux; car il leur faudrait pouvoir le détacher de l’épingle qui le retient.

J’ai beaucoup réfléchi sur l’évolution des mœurs, me demandant quel en était l’élément déclencheur et quelle logique guidait ces changements?

Depuis quelque temps, quelques élégantes gardent dans leur sac des mouchoirs en papier. Les hommes n’ayant pas encore l’usage de sac, trouvent encore mieux leur serviette pendante. Ces mouchoirs en papier ne trouvent pas encore le chemin de la poubelle après usage, cependant celles qui l’utilisent ont franchi un pas. Est-ce un besoin d’hygiène? Est-ce pour suivre l’exemple de celles qui donnent le ton par leur statut social? Est-ce parce que beaucoup de choses sont envoyées par la diaspora, parmi lesquelles les “kleenex”qui est un objet courant et indispensable là-bas? Des suppositions mais aucune certitude.

Cependant un maire progressiste a fait nettoyer la ville, a organisé le ramassage d’ordures et pense pénaliser ceux qui jettent des ” fatras” dans la rue. Il est donc bien vrai que l’évolution est une loi de la nature et qu’il faut donner le temps au temps pour voir beaucoup de choses.

Il est quand même malgré tout intéressant de pouvoir suivre comment les gens changent de comportement et de s’en réjouir quand  ce changement est positif et va dans le sens du bien commun, même si je n’en comprends pas tout à fait le processus.

Bien sûr mes réflexions se sont penchées sur le mouchoir gonaïvien si particulier;  mais  n’en est-il pas  de même pour chaque habitude comportementale?

Dec-8-11

Poésie de Noël

Posted by Nancy

Chaque année revient  l’Avent

Et, dès cet instant,

Jeunes et vieux, petits et grands,

Tout le monde attend,

Attend l’avènement

Toujours charmant

Qu’est la venue de l’enfant.

Cet enfant

Que certains ont cru parti définitivement

Mais qui n’était qu’absent

Un court moment.

D’autres en son retour confiants,

Appellent en leur cœur l’Avent

Pour avoir droit de tendrement

Vivre l’émerveillement

De cette période précédant

Noël, sa poésie, son ravissement.

Même dans un complet dénuement,

Un parfait isolement,

Quand on croit n’avoir vraiment

Plus le droit de simplement

Espérer…Où les rêves sont néants,

Le soir de Noël, la poésie  opérant,

Les cœurs se remettent pleinement

A sourire, un sourire confiant

En cette magie tellement

Spéciale, si enthousiasmant!

Qu’en un laps de temps

Tous redeviennent enfants.

C’est le secret de l’Avent :

Un retour permanent

De ce sentiment

Gratifiant

Qu’offre Noël gracieusement.

Miami 7 décembre 2011

A toutes celles qui sont des mères et qui fêtent aujourd’hui j’adresse mes pensées les plus lumineuses.

Etre mère c’est avant tout offrir de l’amour à des petits pour les guider sur la voie de l’age adulte. Point n’est besoin d’enfanter pour être mère. Je dis donc BONNE FETE à toutes celles-là.

J’offre la rose blanche à celles qui ont laissé un tendre souvenir à leurs enfants, et la rouge à celles qui réchauffent encore le coeur des leurs.

Dec-27-10

Elaboration…..Destruction

Posted by Nancy

Au moment où les enfants déchiraient l’emballage de leurs cadeaux avec frénésie, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer cette rapide “destruction” au tremblement de terre inoubliable de janvier 2010.

Il nous avait fallu aux parents et moi une bonne partie de la nuit pour tout emballer ! Et cela avait été fait avec tant de soin et d’élégance ! En un clin d’oeil les papiers et les boîtes avaient été déchirés avec rage et empressement.

“L’oeuvre” si patiemment édifiée, tout comme les immeubles construits pendant plusieurs années parfois, s’était volatilisée sans égard pour l’effort, le temps qui y avait été consacré et l’argent dépensé.

Néanmoins, comme le cadeau apparaît sous le papier, avec la joie de la découverte, chaque catastrophe naturelle, apporte de même du nouveau. La reconstruction verra des édifices différents, les mentalités auront changé amenant plus de fraternité dans la détresse et en définitive, tout comme une naissance nécessite une forme de douleur, les changements impératifs décidés par la Nature, se font radicalement, violemment et rapidement; les emballages de l’ancien sont anéantis pour mettre le cadeau à nu.

Il y a donc toujours du positif dans les évènements si douloureux ils puissent ètre. Puisse notre “cadeau” à nous Haïtiens combler toutes nos années de misère, de haine et d’incompréhension. C’est ce que je nous souhaite.

Je viens de lire les nouvelles et de visionner un video montrant les enfants haitiens et leurs parents adoptifs. Dans quelques regards j’ai cru lire une reconnaissance d’âme à âme. C’est beaucoup de joie en cette période après tant de déboires au pays. Ces enfants auront une famille et peut-être retrouveront-ils leur raison de vivre.

je n’ai pas pu m’empêcher cependant de penser à certains parents encore vivants dont l’amour a dicté l’abandon de leurs enfants alors que pour eux c’est encore la misère. Mon coeur a saigné avec eux, mais il a aussi souri; la douleur et la joie se côtoyant.

Il faut beaucoup d’amour pour renoncerà son enfant surtout sans espoir de le revoir, c’est comme s’il mourrai!. Mais ne vaut-il pas mieux le savoir bien et encore assez jeune pour oublier.

Ils devront, ces enfants , vivre la différence. Je fais le voeu, que l’amour de leurs parents adoptifs soit assez fort pour les aider à passer à travers l’indifférence, le racisme et autres plaies causées par l’ignorance. Puisse Noël apporter tant de joie que les coeurs en soient remplis toute l’année à venir.

Aug-12-10

Rencontres à Prospect Parc

Posted by Nancy

Cet après-midi là, comme souvent, j’accompagnais ma belle-fille et son  fils, mon petit-fils au parc. Son père et ma fille s’étaient joins à nous cette-fois.

Alors qu’en général nous nous rendons directement dans l’espace aménagé pour enfant, cette fois, notre garçon voulu marcher; en l’attendant, le mieux était de nous trouver un banc.

Un homme occupait déjà celui devant nous, mais à côté, un banc vide nous convenait. Cependant aimablement en anglais il nous invita à utiliser le sien pour mieux nous installer. Ayant accepté, nous ne fîmes pas trop attention à notre homme , continuant notre conversation. Dès qu’il nous entendit parler créole et français, c’est la coutume de mélanger nos langues en parlant, il s’adressa au grand-père en ces termes :

” Ou se moun Jacmel ?”

Non répondit celui-ci

” Moun Pétionville !”

Depuis quelques années, “On” a décidé que les Haïtiens au teint clair devraient être de Jacmel, la réponse de Jacques laisse notre compatriote perplexe aussi continue-t-il son interrogatoire :

“Wi, men de ki provins ou soti?”(De quelle province êtes vous originaire?)

Pétionville, Mwen se moun Petionvil! ( Je suis de Pétionville)

“Ou dwe lan 60 passe?” ( vous devez être âgé de 60 ans passés?)

“swasantdis’ (soixante -dix)

Ayant déjà assumé que Jacques était forcément de Jacmel, l’âge avoué, le confirme dans ses présomptions,car aucune personne d’un certain âge ne pourrait avoir vu le jour à Pétionville néanmoins il répond :

” Mwen se lanri des Mirak mwen te gen kay” ( Moi j’avais ma maison à la rue des Miracles)

Ceci pour ne pas être en reste avec Jacques.

Et les voilà partis dans la politique du pays avec les commentaires appropriés sur certains des candidats. C’est le sujet préféré des Haïtiens qui se rencontrent à l’étranger).

Il veut maintenant savoir si j’habite ici à New-York, sinon je peux obtenir des papiers pour rester car le pays n’offre plus rien depuis le terrible tremblement de terre je n’ai donc plus à y retourner.  Lui, il a perdu sa maison au cours du séisme, Haïti pour lui c’est terminé. Cependant le nouveau président pourra sûrement redresser la situation.

Ah mes chers frères et sœurs du pays jusques à quand garderez-vous votre naïveté!?

Au moment de partir, il se lève et nous accompagne habitant la même zone

Nous nous sommes faits une nouvelle connaissance que nous retrouverons sur son banc chaque fois que nous serons au parc.

Aujourd’hui, nous sommes déjà installés au petit parc d’enfants, quand une jeune femme s’amène avec deux enfants, deux filles, l’une entre 4 et 5 ans l’autre, un bébé de quelques mois. Je ne sais pas encore que c’est une compatriote. J’observe tandis que Jacques surveille notre petit-fils. La maman déballe un sac d’où elle tire un bol de riz et pois. l’ordinaire des Haïtiens, il y a peut-être même un morceau de poulet, j’ai presque l’assurance qu’elle est de chez nous, mais elle ne parle qu’anglais jusqu’ici. Bientôt impatientée car l’enfant qu’elle nourrit se distrait elle dit :

Rete trankil si ou pa vle mwen pini-ou ! (Reste tranquille si tu ne veux pas êtrepunie.) Maintenant je suis sûre, de mon intuition mais je ne dis rien.

Sans rime ni raison apparente, elle recouvre la voiturette du bébé d’une moustiquaire et inonde son aînée d’un aérosol. Je lui fais remarquer qu’il fait très chaud et que le bebe n’a pas l’air de trop aimer son voile, puisque ses petites mains si agrippent avec désespoir.

Elle me réplique :

Mwen sot senti yon moustik, mwen pa vle sa menm ! denieman mwen sot Ayiti

ti piti-la te gen de kòn lan fron-li, lan tout foto yo tout moun te ka wè de kòn yo! ( Je viens de sentir un moustique, je ne veux pas de çà, dernièrement j’étais en Haïti  mon bebe a attrapé deux cornes au front, toutes les photos montraient ces cornes!)

J’ai souri en silence, tandis qu’elle insistait pour que sa fille passe le produit sur sa figure aussi alors que la malheureuse de la poussette se demandait à quand sa délivrance. Je me suis demandée si elle ne venait pas au parc pour montrer à tout le monde qu’elle n’etait pas n’importe qui et qu’elle donnait le maximum de confort à ses enfants.

De plus, le bébé semblait tout à fait être de “Jacmel”, c’est un privilège à conserver !