Le mouchoir d”autrefois a pris aux Gonaïves un tournant curieux. Il est devenu un élément indispensable de tout uniforme. Accroché par une épingle, il pend, en théorie, à la portée de l’enfant pour moucher le nez ou essuyer les pleurs. Chez les adultes il se veut pratique et accessible pour éponger les visages en sueur sous le soleil implacable de la ville. Cependant c’est en ce matin de la rentrée que j’ai constaté qu’il s’est converti en une petite serviette imprimée et que l’habitude de quelques-uns s’est généralisée. Ainsi, en ce premier lundi, ils sont tous avec leur petite serviette en guise de mouchoir pendant à leur bretelle. Les parents eux, arborent une grande serviette sur l’épaule ou dans une boutonnière en pleine poitrine.
Si les adultes utilisent leur serviette largement, ne se privant pas de s’essuyer le visage ostensiblement tout au long de leur conversation, les enfants eux reniflent ou gardent leurs pleurs en dépit de leur petite serviette. Car en réalité c’est un objet inaccessible même attaché devant eux; car il leur faudrait pouvoir le détacher de l’épingle qui le retient.
J’ai beaucoup réfléchi sur l’évolution des mœurs, me demandant quel en était l’élément déclencheur et quelle logique guidait ces changements?
Depuis quelque temps, quelques élégantes gardent dans leur sac des mouchoirs en papier. Les hommes n’ayant pas encore l’usage de sac, trouvent encore mieux leur serviette pendante. Ces mouchoirs en papier ne trouvent pas encore le chemin de la poubelle après usage, cependant celles qui l’utilisent ont franchi un pas. Est-ce un besoin d’hygiène? Est-ce pour suivre l’exemple de celles qui donnent le ton par leur statut social? Est-ce parce que beaucoup de choses sont envoyées par la diaspora, parmi lesquelles les “kleenex”qui est un objet courant et indispensable là-bas? Des suppositions mais aucune certitude.
Cependant un maire progressiste a fait nettoyer la ville, a organisé le ramassage d’ordures et pense pénaliser ceux qui jettent des ” fatras” dans la rue. Il est donc bien vrai que l’évolution est une loi de la nature et qu’il faut donner le temps au temps pour voir beaucoup de choses.
Il est quand même malgré tout intéressant de pouvoir suivre comment les gens changent de comportement et de s’en réjouir quand ce changement est positif et va dans le sens du bien commun, même si je n’en comprends pas tout à fait le processus.
Bien sûr mes réflexions se sont penchées sur le mouchoir gonaïvien si particulier; mais n’en est-il pas de même pour chaque habitude comportementale?
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Comme un vilain penchant
Ainsi est encombrant
Un parapluie
En cas de pluie.
Il monopolise une main
Sans nous éviter le bain
Tant il gigote
Tant il barbote.
Une seule main tire les paquets
Par la faute de cet objet.
Un vent léger
Ou brève ondée,
Il nous livre aux éléments
Sans aucun égard vraiment.
S’installer en voiture,
Devient une gageure.
C’est une entrave
Plutôt qu’un hâvre.
Enfin, quand finalement
On le range dégoulinant,
On est gêné
Par lui mouillé.
L’habitude de le traîner
Dans son inutilité,
Le convertit
En une manie
Nous ligotant à lui
Par tous les temps de pluie !
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Un cycle terrestre fini
Il s’envole au firmament
Pour se fondre aux éléments.
Revenant de cet infini,
Sur ce plan, les réintègre
En un éternel retour,
Paré de somptueux atours,
D’un coeur serein et allègre.
Il étend ses ailes immenses
Pour garder et protéger
Et souvent pour consoler
Quand s’annoncent les défaillances.
Dans ses couleurs rouge et or
Il flamboie sous le soleil
Et toujours nous émerveille
Avec ses fabuleux trésors.
Son chant mélancolique et rare
S’entend à la transition
Lors de cette passation
Comme un au-revoir au départ.
Beau symbole de résurrection
Phoenix, oiseau fabuleux
Réside dans le merveilleux
Pour accomplir sa pure mission.
Gardons l’espoir qu’il nous transmet
En nous mettant à la tâche
Sans pourtant avoir d’attache,
Libres, pour aller au sommet !

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