Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Feb-5-12

Je suis la cloche…

Posted by Nancy

Je suis la cloche de l’ABC Joyeux. Mon histoire est désormais celle de cette école que je sers depuis bientôt quarante ans. En ce temps des débuts, j’arborais un manche moulé et un corps en métal brillant. Mon grelot bougeait au moindre mouvement faisant résonner un joyeux carillon.

Ce dernier se faisait entendre tout au long de la journée, appelant les élèves à la rentrée, les recréations et la sortie. Vint le moment où la poigne énergique de ma directrice décrocha le manche. On parla de me remplacer mais je ne voulus rien entendre, déjà attachée au lieux et à ces enfants qui se renouvelaient différents tout en étant sensiblement les mêmes.

Ma volonté de garder mon poste et mon ambiance fut si forte qu’il fut impossible de me trouver une remplaçante; force fut de réparer mon manche. Cette réparation se révéla précaire car presque chaque deux jours, il fallait changer la rondelle de carton servant à maintenir la vis foirée. On s’habitua à l’inconvénient et je restai en service.

Quand ce manche céda définitivement ma peur fut très grande ! C’était sans compter sur l’attachement de ma directrice influencée par mon grand amour de l’école.

Elle se démena avec opiniâtreté pour me trouver un manche. C’est ainsi que je fus doté d’un tube en fer soudé à mon corps.

Mon grelot se perdit je ne sais plus comment, on me trouva un quelconque bout de métal.Même là encore il y eut de la difficulté car pendant plusieurs mois je chantai sur tous les tons chaque fois que mon grelot se détachait et se perdait.

Invariablement je marquais les moments de la journée invitant les élèves à leurs devoirs, sous la poignée ferme qui me tenait.

Un matin néanmoins on me préféra un siflet pour le service car mon manche si bien soudé se disloqua. Je n’eus aucune crainte d’être abandonnée, les années m’avaient si bien installée dans l’école que je savais devoir attendre ma réparation plutot que mon abandon.

Et, en effet, je fus réparée.  C’est à cette période que je reçus une sorte de boulon comme grelot. Le nikel de mon corps se dégradait, offrant des taches disgracieuses sur ma surface. J’avais vieilli comme ma maîtresse, accusant les changements indélébiles des ans. Mais, comme elle je continuais mon service, profitant de toutes les possibilites de lifting pour me donner bel air, mais surtout pour persévérer a faire retentir mon carillon même si pour cela il fallait un peu plus de force pour faire bouger ce “boulon” à la chaine raidie.

Peut-être qu’un jour je serai gardée dans l’armoire aux souvenirs; en attendant je sonne, je sonne, je sonne  en alternance avec le siflet. Ma directrice et moi accusons l’âge avec courage, animées par l’amour de l”ABC Joyeux et de l’œuvre d’éducation qui s’y déroule en dépit des contretemps et des épreuves.

L’amour rend tout possible, ma présence sur le bureau de la direction le prouve bien.

Dec-6-09

UNE CLASSE PAS COMME LES AUTRES

Posted by Nancy

Une école ordinaire est celle qui suit la normalité c’est à dire où les classes sont dans des salles affectées à cet effet avec un bureau où se place l’instituteur ou l’institutrice devant les élèves.

Celle dont je vous parle fait partie de cette catégorie mais….sa réputation est si bien faite et les parents si contents, qu’ils veulent tous une place pour leurs enfants. La direction ne veut en aucun cas refuser des élèves alors que faire ?

On peut très bien être ordinaire sans pour autant abandonner une certaine originalité

C’est donc une idée géniale de faire de l’escalier une classe idéale pour école encombrée !!

La maîtresse se tient sur le palier, les élèves sur les marches en gradin donc, et le tableau et bien…. lui il sera remplacé par l’ardoise individuelle sur les genoux.

N’est-ce pas une idée lumineuse !

Surtout qu’aucun parent ne trouve incongru de payer des cours dans une école ou leurs gosses seront logés sur des marches d’escalier !

Par contre dans une école publique ils s’asseyent sur des pierres ! Les escaliers c’est tout de même mieux, on peut donc payer pour cela !

En entendant ce fait, relaté récemment par une personne en visite à la maison, je me demande comment je puis encore être sidérée par ce récit, alors que l’inhabituel est chose courante dans mon pays !