Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Dec-20-08

Il a neige hier a New-York

Posted by Nancy

J’ai retrouvé la neige ! La dernière fois remonte à mes onze ans. Je me souviens de mon excitation quand je me réveillai à Bruxelles dans un décor tout blanc. Cela avait été magique ! J’ignorais la météo lors, et personne non plus pour m’annoncer cette possibilité. Ce fut la surprise pour nous tous car venant d’Haïti, nous n’avions pas vraiment une idée de ce que cela pouvait être.

Ce matin donc, d’il y a si longtemps, quelqu’un nous invita à nos fenêtres où nous attendait cette féérie ! L’instant d’après, nous descendions dans la rue faire connaissance avec cette matière si froide et si belle. Je n’ai gardé aucun souvenir de sa chûte; elle était toujours déjà là. Je la considérais depuis comme une nostalgie à combler tandis que les années passaient sans qu’elle ne se soit assouvie.

A ma descente d’avion ce décembre-ci à New-York, mon fils m’annonça au moment de m’accueillir:

-“La météo prévoit la neige pour demain, mais ne te rejouit pas trop car souvent elle se trompe.”

En dépit de son conseil de la veille, je me surpris à guetter les premiers signes de cette neige annoncée, quand mon réveil intérieur me tira du lit comme accoutumé à cinq heures trente.

Je n’y pensai plus tout en gardant confiance que cette fois je la verrai. C’est en nous rendant, ma fille et moi, chez le benjamin de mes garçons retrouver mon mari, que j’eus la joie de la voir tomber !

Tout était d’un blanc immaculé ! Les minuscules flocons s’éparpillaient à l’infini dans un silence total. Je la sentais crisser sous mes pas tandis qu’elle nous couvrait d’un léger film.

En pensant aux membres de ma famille qui la voyaient eux pour la toute première fois, je sentis une joie inéffable se glisser dans mon coeur. Cette neige nous restera comme un bonheur à ajouter à tous ceux que nous ne manquerons pas de recevoir durant ce séjour où nous étions réunis pour assister au baptème du dernier petit-fils en date et passer Noël ensemble.

 

C’est un matin floridien dans une communauté sophistiquée où les gens vivent toujours sous la contrainte du time is money. L’heure nationale profite du soleil toujours pressé en été à précipiter la population au travail et à l’école.

Comme souvent en cette saison, un cyclone est annoncé. Ce sera pour les prochaines heures. Cependant pour le moment, rien ne le fait pressentir. Tout est merveilleusement calme.

Une promenade me révèle la charmante vision de deux poules d’eau, déambulant d’un pas tranquille à la manière d’un couple usé, chacun s’occupant de ses propres affaires malgré leur proximité et leur relation. Sur un arbre préfabriqué chante un oiseau. Il chante avec tant d’ardeur que je remets en question la météo. Au pied de son perchoir, je m’arrête un moment en signe de gratitude. D’autres oiseaux jouissent sans restriction des pelouses libres. Plus loin dans la rue, trois moineaux s’amusent à des jeux insouciants, comme le feraient des gosses. Des corbeaux quant à eux se sustentent dans les sacs poubelles.

Les animaux en général vivent en harmonie avec la nature, ils sentent toujours ses moments de colère. Leurs attitudes décontractées me confortent dans mon assurance : le cyclone nous épargnera. Effectivement notre quartier aura joui de la clémence des éléments. J’ai conscience de la beauté de l’heure et je me rappelle d’autres matins sous d’autres cieux.

Par la fenêtre ouverte, le roucoulement particulier d’un colombin pénètre dans ma chambre à la suite de la légère brume matinale toujours froide à Bruxelles. Je savoure sereinement ce réveil lors de mes séjours chez ma fille. En cet instant je me penche grelottante, essayant de découvrir l’oiseau chanteur, mais il n’est jamais visible. A travers quelques vitres dénudées, des personnes prennent leur café. Au contraire des Américains, elles goûtent à cette sorte de quiétude de l’heure avant de rejoindre leurs rues, mouillées la plupart du temps. Le soleil ici tarde à se montrer même en été. J’aime aussi ce matin du monde.

A Paris, je suis réveillée par les moineaux venus picorer les miettes sur le rebord de la fenêtre, car j’en ai une. Ce n’est pas souvent le cas dans cette grande métropole où le logement est rare et pas toujours confortable. Il n’y a pas grand-chose à voir au dehors. Mais le vol intense des pigeons et les moineaux sautillant devant la vitre suffisent à mon matin parisien. Le soleil pénètre avec audace, bien qu’il soit quelque part derrière des cheminées. L’aimant bien, je lui pardonne son indiscrétion lumineuse. Je me considère encore une fois chanceuse de pouvoir vivre ces instants de bonheur. Chaque nouveau jour dans le monde a son propre cachet.

Une mince clarté transparaît entre les deux pans du lourd rideau de ma chambre d’hôtel, c’est le signe indiquant que le jour se lève. J’aurai un matin de plus, un matin différent. Le soleil ici à Grenoble s’enveloppe dans son manteau, car en novembre c’est déjà presque l’hiver. Dans la rue, très peu de passants. Au loin les montagnes enneigées se dressent en à pic, les oiseaux ne chantent pas, mais se cherchent un abri. Le paysage est en complète opposition avec mon décor habituel. A la maison, le soleil est en général radieux au début du jour et s’accompagne de joyeux cocoricos. Mon matin caribéen est toujours émaillé des cris des vendeurs de rue et le ciel tout au long de l’année est en apothéose.

En Egypte sitôt le réveil, il fait déjà chaud. Une agitation anime les rues où les musulmanes en voile noir côtoient les touristes curieux. Les longs palmiers bougent à peine sous une légère brise et le soleil foudroie.

Quand on se réveille, aux premières heures de l’été, en Avignon, mille senteurs exhalées par le long repos de la nuit accaparent les narines. La rosée brille sur chaque feuille, au rendez-vous du soleil. Les premières heures du jour sont là-bas fraîches et parfumées.

Les matins ont beau être différents dans les villes du monde, je les trouve toujours aimables. Ils sont une promesse de nouvelles joies, de nouvelles rencontres, de nouvelles expériences.

Le matin tout resplendit tout chante,
La terre rit le ciel flamboie
Car pour nous qu’il tonne pleuve ou vente
De tout temps nous chantons notre joie

Car chaque jour est un jour de fête

Dans notre cœur un soleil luit toujours

Pleine de joie d’élan et d’amour

Notre chanson s’élève chaque jour.

C’est la chanson qui monte à mes lèvres et fait vibrer mon âme chaque matin, quelque soit le pays dans lequel je me réveille.

Miami, 9 septembre 2004

Aug-31-07

Impressions de voyage

Posted by Nancy

Berlin est désormais sous verre; impressionnant et froid. Toujours à ressasser les souvenirs de guerre et à vénérer un bout du mur de la honte qu’il offre comme attraction aux touristes.

La promenade sur le Rhin garde un certain charme avec quelques édifices majestueux de style baroque, des arbres et ….une plage amenagée pour la saison sur l’une des rives. Les Berlinois sont heureux de s’y dorer et de proposer aux passants leurs chateaux de sable bien réussis. Peuvent-ils s’y baigner ? J’en doute, cependant en acceptant ce que la Nature leur a donné, leur intelligence a fait le reste. A mon avis c’est l’une des façons d’être heureux.

A Cologne la cathédrale réunit à elle seule tout l’intéret de la ville. L’édifice est d’une telle pureté de style et d’une telle finesse! C’est une immense dentelle de pierre. Malheureusement l’ambiance n’est pas au recueillement et aux abords toutes sortes de petits magasins ont envahi l’esplanade qu’on emprunte pour y accéder.

Cependant quand les travaux de réfection seront achevés j’espère que la belle cathédrale redeviendra un lieu de culte plutôt qu’une visite touristique.

Dresden qui a été la dernière ville allemande à être visitée offre aux touristes beaucoup plus de beautés et d’authenticités, bien qu’elle ait été entièrement reconstruite après la guerre, elle n’a rien perdu de son cachet original.

Vienne, comme toutes les grandes capitales d’Europe désormais, reçoit volontairement ou non des immigrés de différentes nationnalités. Ils lui apportent bien sûr leur désordre et leur négligence mais aussi leur courage pour travailler souvent à des tâches ingrates. Néanmoins, que les habitants soient en certains endroits bruyants ou soucieux, calmes et sereins à certains autres, ils n’influencent nullement la paix et la sérénité qui se dégagent des merveilleuses maisons et de la ville elle-même.

Sissi est toujours présente dans le coeur des Viennois et des touristes. A Schöbrunn son merveilleux palais, elle occupe une grande place. Elisabeth de Bavière n’est pas morte et avec elle, continue de vivre aussi l’actrice Romy Schneider qui a su si bien l’incarnée. Tant et si bien, qu’elle a vêcut également le drame de perdre un fils aimé. Les deux femmes ont succombé pareilles à leur chagrin.

Avec ou sans soleil, dans la brume ou la clarté, Vienne est belle, de cette beauté intérieure que recèle les belles âmes.

Amsterdam s’est encanaillée ! Partout le désordre et la saleté. Les moeurs dissolues s’étalent sans discrétion. Plus besoin d’aller sous les vitrines dans la zone rouge, les filles sont accessibles à votre portée et les hommes aussi. Et pour comble, le cannabis figure sur les objets souvenirs comme symbole de la ville !

Par contre La Haye garde son calme et sa dignité. La ville au tribunal international ne s’est pas laissée influencée par sa compagne tapageuse. Delft perfectionne encore plus son art centenaire de la porcelaine et Madurodam la ville miniature est toujours étonnante.

Bruxelles répare et nettoie ses monuments comme partout ailleurs en Europe. Les chantiers et leurs grandes grues cassent un peu les photos que l’on voudrait parfaites, pourtant sa beauté et son atmosphère sont intactes. L’hotel de ville de la grand-place domine avec sa tour de dentelle devenue blanche depuis les nettoyages. Une note différente qui n’a pas ajouté grand chose à sa splendeur d’antan. Les gauffres, les spéculoos, les couques et le chocolat Côte D’or régalent autant les gourmands.

Les grottes de Han sur la Lesse attirent juste ce qu’il faut de monde pour les entretenir. Elles sont pourtant assez surprenantes ! Elles s’étalent sur plusieurs kilomètres de large et plusieurs mètres de profondeur, traversées par une rivière souterraine assez impétueuse par endroit. Ses pièces de stalactites sont impressionnantes ainsi que ses voiles de pierre. Le coup de canon qui termine la visite donne la profondeur des voûtes répercutant le son. Un spectacle son et lumière vous plonge dans la matrice réconfortante de notre mère la Terre. L’homme a su conserver son patrimoine et l’aménager pour le plaisir des visiteurs. Dommage que les touristes ne respectent pas toujours ces lieux. Han, petite ville belge, sera surtout choisie par les amoureux de verdure, de calme et de curiosités naturelles, sans oublier les montagnes et les forêts que l’on découvre dans les Ardennes.

Si vous y allez un jour, laissez-vous imprégner par l’atmosphère particulière de l’église Notre-Dame; soyez émerveillés par le tour safari avec ses animaux de réserve, mais surtout, surtout pas, ne ratez pas votre bus! Un seul taxi dessert toute la région. Le patron est des plus enjoués, très bavard, très disponible. Mais, son compteur est rapide et facilement vous pouvez avoir un début d’arrêt cardiaque quand il vous mènera à la gare pour 50 euros presque, alors que vous n’aurez que ce dernier billet en poche justement. ( à suivre)