Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

 

C’est un matin floridien dans une communauté sophistiquée où les gens vivent toujours sous la contrainte du time is money. L’heure nationale profite du soleil toujours pressé en été à précipiter la population au travail et à l’école.

Comme souvent en cette saison, un cyclone est annoncé. Ce sera pour les prochaines heures. Cependant pour le moment, rien ne le fait pressentir. Tout est merveilleusement calme.

Une promenade me révèle la charmante vision de deux poules d’eau, déambulant d’un pas tranquille à la manière d’un couple usé, chacun s’occupant de ses propres affaires malgré leur proximité et leur relation. Sur un arbre préfabriqué chante un oiseau. Il chante avec tant d’ardeur que je remets en question la météo. Au pied de son perchoir, je m’arrête un moment en signe de gratitude. D’autres oiseaux jouissent sans restriction des pelouses libres. Plus loin dans la rue, trois moineaux s’amusent à des jeux insouciants, comme le feraient des gosses. Des corbeaux quant à eux se sustentent dans les sacs poubelles.

Les animaux en général vivent en harmonie avec la nature, ils sentent toujours ses moments de colère. Leurs attitudes décontractées me confortent dans mon assurance : le cyclone nous épargnera. Effectivement notre quartier aura joui de la clémence des éléments. J’ai conscience de la beauté de l’heure et je me rappelle d’autres matins sous d’autres cieux.

Par la fenêtre ouverte, le roucoulement particulier d’un colombin pénètre dans ma chambre à la suite de la légère brume matinale toujours froide à Bruxelles. Je savoure sereinement ce réveil lors de mes séjours chez ma fille. En cet instant je me penche grelottante, essayant de découvrir l’oiseau chanteur, mais il n’est jamais visible. A travers quelques vitres dénudées, des personnes prennent leur café. Au contraire des Américains, elles goûtent à cette sorte de quiétude de l’heure avant de rejoindre leurs rues, mouillées la plupart du temps. Le soleil ici tarde à se montrer même en été. J’aime aussi ce matin du monde.

A Paris, je suis réveillée par les moineaux venus picorer les miettes sur le rebord de la fenêtre, car j’en ai une. Ce n’est pas souvent le cas dans cette grande métropole où le logement est rare et pas toujours confortable. Il n’y a pas grand-chose à voir au dehors. Mais le vol intense des pigeons et les moineaux sautillant devant la vitre suffisent à mon matin parisien. Le soleil pénètre avec audace, bien qu’il soit quelque part derrière des cheminées. L’aimant bien, je lui pardonne son indiscrétion lumineuse. Je me considère encore une fois chanceuse de pouvoir vivre ces instants de bonheur. Chaque nouveau jour dans le monde a son propre cachet.

Une mince clarté transparaît entre les deux pans du lourd rideau de ma chambre d’hôtel, c’est le signe indiquant que le jour se lève. J’aurai un matin de plus, un matin différent. Le soleil ici à Grenoble s’enveloppe dans son manteau, car en novembre c’est déjà presque l’hiver. Dans la rue, très peu de passants. Au loin les montagnes enneigées se dressent en à pic, les oiseaux ne chantent pas, mais se cherchent un abri. Le paysage est en complète opposition avec mon décor habituel. A la maison, le soleil est en général radieux au début du jour et s’accompagne de joyeux cocoricos. Mon matin caribéen est toujours émaillé des cris des vendeurs de rue et le ciel tout au long de l’année est en apothéose.

En Egypte sitôt le réveil, il fait déjà chaud. Une agitation anime les rues où les musulmanes en voile noir côtoient les touristes curieux. Les longs palmiers bougent à peine sous une légère brise et le soleil foudroie.

Quand on se réveille, aux premières heures de l’été, en Avignon, mille senteurs exhalées par le long repos de la nuit accaparent les narines. La rosée brille sur chaque feuille, au rendez-vous du soleil. Les premières heures du jour sont là-bas fraîches et parfumées.

Les matins ont beau être différents dans les villes du monde, je les trouve toujours aimables. Ils sont une promesse de nouvelles joies, de nouvelles rencontres, de nouvelles expériences.

Le matin tout resplendit tout chante,
La terre rit le ciel flamboie
Car pour nous qu’il tonne pleuve ou vente
De tout temps nous chantons notre joie

Car chaque jour est un jour de fête

Dans notre cœur un soleil luit toujours

Pleine de joie d’élan et d’amour

Notre chanson s’élève chaque jour.

C’est la chanson qui monte à mes lèvres et fait vibrer mon âme chaque matin, quelque soit le pays dans lequel je me réveille.

Miami, 9 septembre 2004

  1. Grocery Delivery Said,

    Eat much rice?

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