Note d'Or

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Aug-25-11

Le Fauteuil

Posted by Nancy

Il pourrait s’appeler un divan ou un sofa ou peut-être un canapé ; moi je l’appelle un fauteuil parce qu’il se termine par des accoudoirs et qu’il est deux fois plus grand qu’une chaise.

Ce meuble occupe la position idéale dans un “living room” amricain, c’est à dire en face de la télévision. Jusque là, il n’attire pas l’attention dans un appartement conçu pour une personne avec un éventuel visiteur de passage, tout est bien. La situation se complique quand dans cet espace sont logés cinq adultes et deux bébés.

A tour de rôle on se retrouve sur ce “fauteuil”.Quelques fois les jambes pendantes sur un des accoudoirs. D’autres fois recroquevillé jusqu’à la crampe, la taille ne convenant à aucun adulte. Plus rarement assis pour permettre à une autre personne de s’y mettre, mais jamais pour longtemps car trop profond pour caler les jambes que l’on doit alors soit croiser, soit allonger. Et sitôt la personne la moins patiente se lève, celle qui reste se dépèche de s’allonger comme elle peut étant le moindre des maux.

Ce “fauteuil” en définitive est devenu indispensable en dépit de tout ce que l’on peut lui reprocher.

Et me revient un proverbe de chez nous ou plutôt une expression qui traduit bien la situation :

Se la dan’l pou’m mouri (C’est là que je mourrai). Il faut comprendre : même si la situation représente un danger, même si elle amène des problèmes, je ne l’abandonnerai pas.

Le choix de siège étant très très limité dans l’espace ce “fauteuil” est donc toujours le bienvenu; se la dan’l pou’m mouri!

A ceci nous pouvons ajouter un proverbe faisant pendant à l’expression ci-dessus :

Li met lèd li la(même laid, j’aime sa présence).

Qui a un moment de sa vie n’a pas eu à tolérer une présence qui, sans être agréable est devenue importante au point qu’on ne se pose plus la question à savoir si on doit la liquider ou pas?

Et au fil du temps on se surprend à y penser en son absence…

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