Archive for the ‘Nouvelles’ Category
Des oeufs à la neige sur fond de chocolat marbré; c’est le spectacle que je contemple avec gourmandise et une certaine délectation, par le hublot de l’avion qui m’emmène à Miami en Floride. Je n’emprunte pas souvent ce trajet, me rendant de préférence à Fort-Lauderdale; je sui ravie cependant par ce que j’admire.
Là, c’est une enfilade d’îlots inhabités, plus loin ce sont de grandes zébrures claires traversant des fonds d’algues brunes. Le décor marin change au fur et à mesure de notre avancée.
La mer est maintenant uniformément bleue avec à la surface d’insoupçonnables friselis. Une immensité bordée à l’horizon de nuages morcelés en une multitude de petits flocons. Un espace violet sépare le bleu de la bande de nuages. La démarcation est si nette qu’on la dirait tracée à la règle avec une main précise.
Voici maintenant de fines lignes aquamarines, ce sont sûrement des traînées de sable blanc qui colorent ainsi l’eau par transparence. A l’approche de la tranche violette, des rayures brunes. Peut-être des amas de roches poreuses, des coraux ou autres. A cette distance je ne fais que deviner.
Il n’y a plus d’îlets, ni de bateaux ou voiliers. Le vide apparent de l’océan ne l’empêche pas d’offrir un décor toujours varié.
Désormais la mer disparaît sous un matelas de nuages très blancs. Le matelas n’est pas compact, mais plutôt constitué de boules de coton de différentes grosseurs.
L’avion commence à perdre de l’altitude , il amorce la descente. Nous frôlons les plus gros nuages. A travers ce rideau pourtant opaque il y a des éclaircis qui laissent entrevoir des bateaux de plaisance. Puis la vue est à nouveau occultée par des cumulus. Quand ils se dissipent la ville est maintenant bien visible étalée avec régularité. Nous descendons de plus en plus, mes oreilles me font souffrir un moment mais heureusement c’est déjà l’atterrissage! En passant les toîts rouges se rapprochent et les voitures ne ressemblent plus à des jouets. Quelques lacs sont ourlés par ces toîts des maisons que seuls on peut voir.
Un voyage très calme couronné par le gain d’un billet aller-retour. Après la réjouissance de ma vue c’est au tour de mon coeur d’être content de son aubaine. Encore plus de raisons d’éprouver de la gratitude et de remercier la Providence qui nous pourvoit toujours au moment voulu.
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Il y a de cela peut-être deux ans peut-être plus, j’ai fais le vœu de voir un des arbres du jardin couvert d’oiseaux chanteurs. Pourquoi cet arbre? C’est celui qu’on voit le mieux des fenêtres de la maison, que l’on se tienne à l’étage ou au rez de chaussée..
J’esperais ce concert mais je ne le voyais pas venir, mon manque de foi ne m’en trouvait pas digne. Pourquoi un tel vœu?
D’abord parce que j’aime les oiseaux et j’adore les entendre chanter. Mais surtout je suis convaincue qu’ils sont porteurs de bonnes nouvelles; celles que mon cœur attend…
Et aujourd’hui je l’ai eu mon concert ! Le chant etait si soutenu que je suis sortie réalisant qu’un fait inhabituel se passait au-dehors. Là, dans mon arbre et sur ses branches, plusieurs oiseaux chantaient ! A ma vue ils n’ont pas arrêté ni ne sont partis. Ils ont au contraire voleté dans mon giron se tenant plus près de moi pour m’offrir leurs chants.
Leurs vocalises m’ont touche le cœur, j’ai souri tout en remerciant. Je me suis dit :
Voila ce qu’obtient la patience et la foi! Je dois absolument acquérir cette foi inébranlable dont parle les Maitres et avec elle j’obtiendrai la patience. Et ce matin la pensée du jour me confirme qu’il y a un moment pour tout, il n’est que d’attendre. Ce qu’un cœur sincère demande il l’obtiendra dans cette vie toujours au bon moment.
Je suis encore émue de cette grâce reçue !
Par contre les perruches de la maison qui ne cessent de jacasser, se sont tues. Complètement… Un silence singulier que j’ai encore du mal à interpréter.
Enfin leur-dis-je :” êtes-vous jalouses de mon concert?!”
Mon coeur cependant a voulu croire que c’etait leur façon d’approuver le concert de leurs congénères à mon endroit.
J’ai saisi le message de ce concert et je suis assuree de voir mes demandes se realiser.
Gratitude ! Gratitude !
Les roses ont également apprécié ce merveilleux moment.
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J’habite à Manhattan pour un mois. Mon logis est particulier, en ce sens que pour moi c’est une première. Je le décrirai comme suit:
Un long couloir terminé par une chambre unique garnie de larges fenêtres, avec les buildings d’en face comme vue.
Sur la largeur du couloir, trois creux où sont aménagés, dans le premier à l’entrée, une chambre d’appoint meublée d’un convertible à une place et d’un immense miroir encadré de bois noir. Nous l’appelons chambre car de grands rideaux rouges peuvent l’isoler des gens.
Dans le creux à côté, la toilette complète et très moderne.
Le creux faisant pendant à la chambre est partagé en deux: cuisine avec un large comptoir et living orné d’une grande télévison murale et d’un fauteuil pour deux, avec au-milieu ce qui serait un tabouret rembourré servant comme table parce que situé en face du fauteuil, mais faisant plutot siège pour des visiteurs.
Pour manger on reste debout autour du comptoir.
L’ensemble général est net, moderne, froid et blanc. Nous vivons dans la climatisation et la lumière électrique sans trop penser à une panne car alors, nous serions plongés dans le noir complet, la chambre étant la seule à être pourvue de fenêtres mais aussi avec une porte qui l’isole du reste.
Là-dedans, nous ne savons pas s’il fait nuit ou jour, s’il pleut ou s’il fait beau temps, s’il fait chaud ou frais, bref le monde extérieur nous l’ignorons. Cela s’appelle un appartement chic, dans le quartier de Wallstreet au 7ième étage d’un building de vingt-trois.
Le côté, plaisant des choses car il y en a toujours, ce sont les ascenseurs nombreux et super rapides en plus d’être spacieux et comfortables. L’attente est donc inexistante et l’arrivée presque immédiate.
De plus, tout fonctionne à merveille et les robinets sont réglés à la bonne température. Nul besoin de faire couler l’eau et de doser. On ouvre et une seconde plus tard l’eau est tiède à point.
L’autre bonne chose, il y a des miroirs partout et j’aime beaucoup les miroirs.
Au deuxième étage il y a une buanderie où logent au moins cinquante machines à laver et un nombre raisonnable de séchoirs. Tout est propre et les machines marchent parfaitement bien.
Il y a aussi une salle de gymnastique dans un des étages, mais je ne l’ai pas encore visitée.
Avec tous ces bons côtés, nous compenseront les aspects moins agréables par de fréquentes sorties dans les parcs avoisinants et nos repas nous les prendrons sur nos genoux.
De toutes façons un mois passe vite et nous aurons laissé une chaude ambiance familiale à la propriétaire qui s’en trouvera changée, ou du moins je le souhaite.
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Voici ici les pensées que j’ai lues ce matin au réveil et l’inpiration m’est venue de les partager avec vous mes amis
Reconnais l’appel même dans la chute d’un pétale de rose. La vie est pleine d’appels; le feu t’amène au sommet des mystères.
Le sourire du soleil au-milieu des nuages amène le radieux arc-en-ciel. Tu te souviendras de l’Aura de l’instructeur souriant dans la rosée du futur jour de gloire.
Un miracle se réalise sans avertissement; mais rien n’arrive par hasard.
Oui,oui,oui chaque mot d’unité est comme la semence d’une jolie fleur. Chacun peut cultiver un jardin de beauté. Mais où sont les jardiniers qui peuvent juger la qualité de la semence?
Nous leur montrerons comment prendre les meilleures boutures. Nous arracherons les mauvaises herbes. Et Nous ornerons de fleurs le sol où Dieu s’est manifesté.
Mais là où sont les fleurs d’unité garde, garde leurs pétales oui oui oui.
Tu réaliseras le bonheur en temps voulu. Le brouillard enveloppe le pied de la montagne mais le sommet brille toujours dans la gloire du soleil. Sous les rayons, le brouillard disparaît et tu vois mon Amour.
Tirées de : Les Feuilles du jardin de Morya (l’Appel)
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Quand l’eau chante, c’est quand elle sait combien elle a manqué à ceux qui ont toujours besoin d’elle. Souvent chez nous, elle ne contrôle pas toujours sa venue. Elle souffre autant que nous tous quand elle vient à manquer.
Alors, quand le service hydraulique qui l’a asservie veut bien la libérer, elle se précipite dans la tuyauterie avec des gargouillis heureux, elle se déverse dans les récipients qui l’attendent et chante des mélodies différentes pour chaque personne tendant un seau.
C’est sa rareté qui nous l’a fait apprécier, et c’est parce qu’elle sait combien elle nous est indispensable qu’elle chante quand elle nous sert.
C’est notre privilège en Haiti de pouvoir savourer ces instants magiques où l’eau revient dans notre cour, c’est notre joie de l’entendre chanter dans nos “bokit” (seaux)…
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Véra, c’est ma petite fille. Elle a tout juste deux jours depuis son arrivée parmi nous. C’est une âme aventureuse qui tient peut-être de sa grand-mère paternelle ou de son arrière grand-mère également paternelle, c’est peut-être aussi une mise à l’épreuve qu’elle destinait à ses parents. Car elle a décidé tout simplement de naître dans un taxi new-yorkais !
Sa maman n’a pas trop souffert, l’arrivée de sa fille étant assez rapide. Le père s’est montré à la hauteur en ayant les gestes sûrs qu’il fallait. Par contre le chauffeur a paniqué et si ce n’était les instructions des parents il tournait en rond dans la ville.
Véra ma petite-fille, compliments!! tu as choisi non seulement l’aventure mais une sorte de ‘privacy” écartant les grands parents, oncle et tante ne gardant que tes géniteurs pour cette arrivée sensationnelle.
Déjà décidée à bien t’intégrer chez nous, tu n’as pas tardé à te nourrir aux mamelons consentants et pleins d’attention à ton égard tandis que ton papa avec le sens pratique dont il a fait montre, immortalisait ce moment pour te présenter à nous, ta famille terrestre.
Moi ta grand-mère, que tu ne connais pas encore, je t’embrasse de tout mon coeur en te souhaitant la bienvenue dans la famille. Tu es deja profondément aimée, nous te promettons toute la présence et l’affection dont tu auras besoin pour grandir et accomplir ton chemin de vie. Tu nous trouveras toujours présents pour toi et ton grand frère sera heureux de te protéger.
Quand une âme s’aventure dans un taxi, elle seule en connaît la vraie raison heureusement tout s’est bien passé !!
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Dès potron-minet comme dirait l’autre, les cris des vendeurs de rue se mêlent aux chants des coqs. Certains sont des hommes émettant une mélopée indéchiffrable ou du moins à mon sens, car les clients savent ce qu’ils proposent.
Je comprends mieux ce que disent les marchandes. Ce sont soient des légumes ou des œufs frais ou encore des fruits. La nouveauté pour moi est de découvrir ce matin l’une d’entre elles proposer un petit déjeuner ambulant ; pain, banane et œuf bouilli dur. Dans une « bak » (plateau) elle promène les composants en modulant une phrase musicale :
« Men pen,fig, ze bouyiiii ! »
Elle répète son mantra en déambulant à travers les rues attirant les acheteurs potentiels. Je trouve formidable cette force de vie qui pousse cette femme à livrer ce substantiel petit déjeuner pratiquement au lit. Tous ceux, sachant compter sur elle, les « pratik »(les clients habituels), peuvent prendre le temps de s’habiller, de faire « repase » (revoir) leurs leçons aux enfants, nettoyer en vitesse leur logis ; car ils ont un souci en moins. Le premier repas du matin les attend pour une modique somme de 25 ht gourdes (l’équivalent de $50cts) ou moins, suivant le change par rapport au dollar américain. Pour une majorité cependant ce sera encore trop cher. Ceux-là se contenteront d’un café et d’un pain « beurré » au mamba (beurre d’arachides) qu’ils trouveront au coin, là ou une marchande offre ce service pour moins cher. La vie dans les rues est intense surtout après le tremblement de terre.
Revenant à la vendeuse de ze payi (œuf du pays), je constate avec bonheur que mes compatriotes malgré leur misère et leur dénuement font encore le bon choix en insistant sur la valeur d’un œuf pondu par une poule saine sans « colorant ni additif » heureuse de chanter chaque nouvel œuf. Tant d’amour dans cet œuf, tant de dévouement et tant de volonté de survivre à tous les déboires ! Mon admiration est sans borne pour ces personnes simples le plus souvent illettrées et analphabètes, mais au raisonnement si judicieux… !
Pour mes lecteurs qui connaissent leur figue, je précise ici qu’il s’agit de la banane que nous autres au pays appelons figue-banane ou figue en plus court. Quand on a mangé un œuf du pays, avec un pain et une figue, on peut tenir toute une matinée avant le prochain repas qui souvent se prendra le soir.
Le bon côté de la vie haïtienne, c’est de façonner des personnalités à toute épreuve. Ce qui donne la possibilité de tirer profit du milieu et de découvrir mille usages à ce que l’on peut trouver pour survivre et même vivre tout simplement et trouver de la joie à sourire pour accompagner le « bonjou frè », (bonjour frère), « bonjou sè »(bonjour sœur). Leur cœur sait que nous sommes tous de la même famille et c’est cela l’important.
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