Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Archive for the ‘Nouvelles’ Category

May-18-18

Pluie

Posted by Nancy

Le ciel s’est assombri graduellement mais le silence inhabituel des oiseaux annonçait déjà un changement, en dépit d’un matin ensoleillé.

Un fort vent s’est manifesté en prélude de cette présente pluie. Elle est fine, constante, et semble seulement du goutte à goutte sur les feuilles du  manguier. Il faut porter ses regards sur la terrasse pour confirmer sa présence.

Autour s’est installé un bienfaisant silence. La nature s’est tue. Plus de vent, les feuillages sont immobiles, un geai isolé ricane pour lancé un défi à la pluie; mais celle-ci n’en a cure. Une cornaille (kaw chez nous) elle aussi s’égosille pour protester contre ce bain forcé. Ce qui provoque un redoublement de la pluie offrant ainsi sa particulière mélodie.

Je savoure l’instant étant une admiratrice inconditionnelle de cette pluie chantante. Le kaw proteste toujours mais il est seul dans sa récrimination.

Une brume laiteuse recouvre toutà fait l’horizon. Désormais, seuls de rares véhicules interviennent dans la mélodie. Les fleurs ouvrent leur corolle pour s’abreuver goulûment. Les fruits sont lavés, ils brillent, les feuilles aussi reluisent. de petites rigoles inoffensives se forment dans la cour. les  chiens se sont réfugiés sous le balcon. Cependant Anicia fait encore le ramassage des mangues tombées, ne se résignant pas à y renoncer. Elle se fait mouiller avec gourmandise.

Il y a tant de joie dans ce présent !

Voilà un soleil lumineux et soudain apparaissant au couchant ce qui met fin à la pluie. La présence de ce soleil fait étinceler les milliards de perles d’eau accrochées aux plantes et aux objets. Une joie de plus, du bonheur !

Les oiseaux ont repris leurs chants, même un coq a voulu chanter ! Nous baignons dans cette clarté très particulière aux Tropiques, dit-on, qui précède la tombée du jour.

Quand l’obscurité s’installera, le silence à nouveau règnera, pour un laps de temps, en attendant les grillons, les criquets et tout ce petit monde d’insectes que la nuit fera sortir avec leurs stridulations marquant leur joie de pouvoir s’exprimer dans leur univers. Il y aura ainsi un nouveau soir, comme il y avait eu un nouveau matin

 

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Apr-13-18

Enfin !!!!

Posted by Nancy

Enfin mon blog renaît ! il a fallut de la patience mais cette fois cela y est je vais pouvoir recommencer à écrire pour mes lecteurs. Merci à vous pour votre patience.

amicalement Nancy

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Nov-6-17

Si Dieu Veut / Mwen pa pi mal

Posted by Nancy

Voici deux expressions de notre créole haïtien qui véhiculent toute une façon de vivre et de penser bien de chez nous.

“Si bon dye vle” est l’exacte phrase créole employée par ceux de la campagne et  par de rares personnes de la ville qui eux, influencée bien malgré eux par notre français officiel disent : si Dieu veut et au fait, c’est la seule fois qu’ils disent Dieu au lieu de Dye. Cependant la différence ne sera qu’apparente car ayant la même signification et le même but : conjurer tout sort contraire.

C’est la formule magique qui évitera une mort ou l’échec de tout projet. Personne ne peut se permettre d’omettre ce “Si Dieu veut”, et dans les rares cas ou un étourdit ne le dirait pas, le vis à vis s’empressera illico de lui rappeler que “demen pa pou ou” il corrigera sans discuter.

Ainsi on dira : je viendrai te chercher demain si Dieu veut, on achetera ta robe si Dieu veut, on ira au restaurant si Dieu veut , on partira demain si Dieu veut car demain ne nous appartient pas.

En reconnaissant la volonté et le pouvoir de Dieu on se garantit une vie exampte de malheurs mais, plus sûr de rester vivant. Car il faut reculer le plus loin possible l’échéance de cette mort indésirable, et rien de tel que le “si Dieu veut” pour obtenir toutes les grâces !!

A quel moment de notre histoire le “si Dieu veut ou “si Bondye vle”est devenu si impératif?

Je ne me souviens pas de l’avoir souvent entendu dans mon enfance et même dans mon adolescence. Les quelques fois où une personne l’utilisait en parlant à ma mère, celle-ci répliquait : si bon Dieu pa vle ou pap ka fè anyen pou sa, et se pas sa ou di-a kap chanje anyen” Mais c’est comme si elle blasphémait ou profanait…..

Est-ce une conscience nouvelle de notre fragilité humaine avec tant de catastrophes naturelles répétées dans le pays? Est-ce notre instabilité politique ?

Est-ce notre tendance à la superstition ? Est-ce tout cela à la fois qui a imposé cette utilisation méthodique de cette expression : Si Dieu veut “?

Dans le même but, mais pour une toute autre raison, on répond à toute demande concernant notre santé : mwen pa pi mal (je ne suis pas pire)

On se verra donc toutjours misérable, mais ce ne sera pas pire. On ne peut être plus mal, ainsi l’autre n’enviera pas votre sort, car il ne faut jamais être bien, voire très bien ! On ira donc pa pi mal.

Ces réponses, bien que machinales obéissent à un besoin inconscient de conjurer un mauvais sort. Et la tradition, se transmet……

A quand notre véritable libération !?

 

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Apr-24-17

Prière

Posted by Nancy

Père, je Te demande d’entrer dans mon coeur
et d’y guérir ce qui, dans mon existence passé, a besoin de l’être.

 

Tu me connais mieux que moi-même. Aussi, je Te demande de répandre Ton amour dans chaque recoin de mon coeur.
Partout où Tu découvres l’enfant malade, touche-le, console-le et relève-le.

Remonte dans ma vie jusqu’au moment de ma conception.
Nettoie mes traces de sang, libère-moi de tout ce qui a pu avoir une influence négative sur moi à ce moment.
 

Bénis-moi depuis le moment où j’ai été formé dans le sein de ma mère et ôte toutes les barrières qui ont pu affecter mon intégrité durant ces mois de gestation.

 

Donne-moi un grand désir de naître, d’être guéri des chocs physiques et affectifs qui ont pu me nuire au moment de ma naissance.

 

Merci Père, d’avoir été là pour me recevoir dans Tes bras au moment même de ma naissance.
Merci de m’avoir accueilli sur la terre et de m’avoir assuré
que Tu ne me manquerais pas et ne m’abandonnerais jamais.

 

Père, je Te demande d’entourer mon enfant intérieur de Ta Lumière de toucher de Ta main apaisante ce qui dans ma mémoire, a pu m’empêcher d’être libre.
 

 

Si j’ai manqué d’amour maternel, par Ton esprit d’amour,
envoie-moi notre Mère divine pour remplacer ce qui m’a manqué à ce moment-là.

Demande-lui de m’entourer de ses bras, de me bercer,
de remplir toutes ces parties de moi-même qui sont vides et qui aspirent à cette chaleur, à ce mieux-être qu’une maman peut donner.

 

Peut-être l’enfant en moi a-t-il été privé de l’amour d’un père :
Fais que je sois libre pour crier «papa» avec mon être tout entier
Et, si j’ai encore besoin d’amour et de sécurité paternels
qui m’assurent que j’ai été désiré et aimé profondément,
je Te demande de me garder dans Tes bras si forts et si protecteurs.

 

Donne-moi une confiance et un courage renouvelés
pour faire face aux épreuves de ce monde.
Je sais que l’amour de mon Père me soutiendra si je trébuche et me relèvera si je tombe.

Parcours toute ma vie, Père, et sois Toi-même un réconfort là où les autres n’étaient pas aimables avec moi.

 

Soigne les blessures de ces combats qui m’ont traumatisé
et qui m’ont amené à me refermer sur moi-même et à élever des barrières entre les autres et moi.

 

Si je me suis senti seul, abandonné et rejeté par l’humanité, donne-moi par Ton amour qui guérit, un nouveau sens de ma dignité.

Père, je me donne entièrement à Toi, corps, intelligence, esprit, et je Te remercie de m’avoir si bien fait et que mon corps, mon intelligence et mon esprit soient pour toujours liés à l’Univers divin afin que je me sente appuyé quelle que soit ma route terrestre.

 

Père, par Ton amour, fais que chacun de mes corps s’harmonise aux vibrations de l’Énergie divine et que chacune de mes cellules respire la Vie.

 

Père, ici, maintenant, Tu me portes en Ton sein, je ressens Ton amour.
Je suis maintenant un nouveau-né, un enfant de Lumière,
de Ta Lumière, je le reconnais, je le sens, je le sais.

Je m’accueille en mon être profond. Je reconnais que je suis véritablement Essence divine.

 

Je m’accorde ici et maintenant le droit d’être heureux :
C’est l’Ultime But je le sais.
 

Être heureux parce que je suis Vie et Lumière.
 

Je célèbre ma Vie par toutes les fibres de mon être…?

 

  dayasakti  

« Balade Printanière, sous de grands arbres…
 
 
 
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Apr-13-17

Une Elégance Compromise

Posted by Nancy

Vous voyez vous assise à l’église au cours d’une messe dominicale où toute l’assistance est endimanchée y compris vous, pour constater au moment de l’évangile et seulement à ce moment  que vous avez des chaussures dépareillées !!

Comment cela a-t-il pu arriver ? Une question qui restera sans aucun doute sans réponse devant l’évidence de l’affaire. Lors de cette découverte vos pensées ne peuvent se détacher des chaussures, avec des regards furtifs sur l’assistance craignant d’être surprise dans un tel état de déconvenu. Un achat récent d’une amie vous les proposant comme neufs. Incroyable!

Une messe où le recueillement n’est plus avec plutôt une pensée lancinante : ” comment allez-vous rentrer chez vous?”

Bien sûr vous êtes rentrée et en définitive après un peu de réflexion vous vous dites que c’est votre égo qui en a pris un coup pour dramatiser une situation en somme cocasse.

Quelques années se passent…. Vous vous trouvez à un réveillon de Noël. Au moment de passer à table, vos souliers argentés d’un grand chic vous lâchent. La maîtresse de maison vous propose ses pantoufles car seules celles-ci pourront vous convenir n’étant pas de la même pointure. Les années vous ayant apporté un peu plus de sagesse, l’égo a simplement accepté la solution. La soirée s’est déroulée d’une façon agréable en dépit de cet inconvénient.

Il faut croire que l’expérience n’était pas tout à fait assimilée puisque quelques années plus tard  votre élégance est à nouveau compromise, à un mariage cette fois.

Jusqu’à la fin de la cérémonie tout est bien. Cependant le chauffeur qui devait vous ramener se désiste, comme la distance à parcourir n’est pas trop longue vous décidez de rentrer à pied. Vos escarpins ne sont pas faits pour la marche bien sûr mais vous êtes bien loin de ce qui vous arrive cinq minutes plus tard.

Un pied se sent déchausser gentiment; pensant à la boucle qui se défait au contact de votre pantalon de velours, vous cherchez un appui pour rattacher la bande, mais hélas c’est la chaussure qui se défait tout simplement.

La décision de tenir les chaussures en main est vite prise mais votre compagne s’effraie de la situation. ” Non, non, pas de cela, ce n’est pas possible, marche doucement on va y arriver “

Votre calme, et surtout le fait que pour vous, marcher pieds nu ne vous dérange guère vous donne l’assurance d’avoir enfin compris que la vanité est un attribut de l’égo qui se met toujours en avant pour mettre son grain de sel là où il ne faut pas.

Vous continuez à marcher vous sentant prête à rire si la chaussure s’en va avant d’atteindre la maison. Et elle a tenu bon! La leçon étant apprise, car souvent c’est la troisième fois qui est décisive ce n’était plus nécessaire de poursuivre l’expérience.

Mais c’est toujours dommage de constater que les leçons doivent être répétées pour être sues. Même quand elles sont dramatiques.

Les escarpins du mariage ne seront pas réparés ils étaient en carton. Le brillant ayant attiré on n’a pas été à l’essentiel. Seule la vanité et la coquetterie ont guidé.

Il reste que ces épisodes comiques peuvent alimenter cinq minutes une soirée familiale

 

 

 

 

 

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 L’ABC Joyeux, une école où devrait toujours régner la joie et le plaisir d’apprendre, n’échappe pas au suprème impératif de la vie : La Mort !. C’est visiteuse souvent indésirable mais inévitable a sévi parmi les ris et les jeux mettant fin avec brûtalité à une jeune vie de 7 ans.

Seulement 7 ans et le voilà parti après de grandes souffrances et une lente agonie.

Un de nos petits s’en est allé, pour longtemps on se souviendra de Riccardo et la joie s’envolera à ce souvenir.

Nous ne devrions pas pleurer le départ d’un jeune ou plutôt un jeune ne devrait pas partir. Mais devant le fait, je préfère penser que sa mission de vie était achevée, toutes les lecons apprises et bien sues, toutes les expériences faites. le but de sa vie ayant été accompli il ne restait qu’à partir dans cet ailleurs qui nous est inconnu mais où chacun devra se rendre impérativement un jour.

Va Ricardo, va là-bas où désormais tu ne connaîtras que le bonheur d’être, tu nous précèdes mais en attendant nos retrouvailles nous penserons souvent à toi et nous serons consolés de ne plus te voir en sachant que tu es enfin guéri de ce mal qui te rongeait.

Puisse tes parents trouver la force de continuer à vivre sans ta chère présence.

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Jan-15-17

Un long, très long jour

Posted by Nancy

Si on pouvait prévoir chaque événement de notre parcours sur terre, serait-ce profitable à notre évolution; quand nous savons être là pour évoluer et partir mission accomplie vers d’autres plans?

J’ai tellement profité de mon aventure de ce 6 janvier que je me suis posé la question car je suis sûre que je ne l’aurais pas choisie de plein gré et j’aurais raté mon apprentissage.

Ainsi donc ce matin-là, quand j’ai ouvert mes yeux sur le nouveau jour qui s’annonçait, il était 3h du matin. Rien ne m’a laissé deviné ce qui s’en venait ce 6 janvier 2017.

Je n’avais plus sommeil, je me levai donc pour mettre la dernière main à mes préparatifs de départ, je me rendais en Floride.

A 7h je profite du passage de Vladimir mon fils pour lui demander de me déposer à l’aéroport puisqu’il se rendait aux Gonaïves , comme cela je ne dérangerais pas Fabian ou Maher.

7h 45 je suis à l’aéroport où je m’étonne de trouver déjà une foule compacte à cette heure. Mon vol est pour 10h j’ai donc le temps d’enregistrer ma valise, de passer la zone de sécurité et l’immigration. Bien m’en a pris d’arriver tôt en dépit  des dires de Fabian qui me reprochait d’exagérer comme toujours en étant si en avance. Car après une longue file j’arrive au comptoir pour apprendre que mon billet n’est pas payé.

J’avais acheté mon billet la veille mais il était” pending’ c’est à dire non encore confirmé;  je ne comprenais pas trop bien pourquoi  Maher me rassure me disant que American avait cette habitude mais tout est bien pas la peine d’appeler comme je voulais le faire.

Résultat, j’ai dû payer une fois et demie le prix de la veille. Avec le” Pending” comme premier signe était-ce un deuxième devant me décourager à partir? Aucun message intuitif m’est venu lors, je me demandais pourquoi le ciel me coinçait sachant que mon portefeuille en prenait un coup. Ma question resta sans réponse.

Par principe je sais que chaque expérience douloureuse ou contrariante doit révéler une leçon à apprendre. Je me demande donc toujours: Qu’elle est la leçon, que dois-je apprendre?

Devais-je appeler la veille malgré l’assurance de Maher? N’avais-je pas souscrit à son conseil par crainte d’affronter l’appareil que je devrais suivre me demandant de presser des nombres suivant le service désiré pour finalement poireauter de très longues minutes attendant un agent que le plus souvent j’ai du mal à comprendre?  Toute crainte oblige à recommencer l’expérience d’une façon ou d’une autre. Le prix fort était-il la conséquence de ma fuite?. Je me promis d’être plus brave la prochaine fois. Mais la réponse ne me satisfaisait pas tout à fait.

Par contre j’eus un très bon vol et un atterrissage parfait à midi. Le passage à l’immigration rapide et à la douane  “easy”. Sur le carroussel ma valise est apparue tout de suite. Tout allait bien j’avais presque oublié la fourberie de la ligne aérienne.

Au moment de franchir la sortie, la porte refuse de rester ouverte, les officiers essaient de réparer le système sans savoir encore que la porte était maintenue fermée exprès. Peu de temps s’est écoulé entre leurs efforts pour garder la porte ouverte et l’ordre de la garder fermer. Car nous étions en danger notre long calvaire commençait, mais nous l’ignorions encore.

A 2h pm on nous permait d’appeler nos familles pour les rassurer. C’est à ce moment que mon fils Gaëtan me dit que l’aéroport est bloqué personne ne peut avancer, hélicoptères et ambulances ont envahi l’espace ainsi que toutes sortes de policiers. Mais nous ne savons pas la raison de ce déploiement de force.

Un passager non loin de moi ouvre facebook sur son téléphone et apprend par CNN qu’une attaque armée au terminal 2 a fait 13 victimes parmi lesquelles 5 morts. Nous ne sommes pas encore inquiets mais nous prévoyons une longue attente. Cependant elle fut moins longue que prévue car vers 3 hres on nous assure que tout va bien désormais. Nous pourrons sortir  au “departure” “l’arrival “étant toujours impraticable.

Si ce n’était facebook nous n’aurions pas su ce qui se passait car aucun policier n’a révélé la vraie raison de notre interdiction de sortir.

Au fait les policiers étaient paniqués et je pense qu’ils n’étaient pas bien renseignés par ce qui se passait au-dehors. Nous montons donc au “departure” mais au moment de sortir dans la rue une idée impérieuse m’arrête. Et alors une fusillade occasionne une bousculade, je suis renversée par la foule mais heureusement protégée par ma valise me faisant un rempart, je peux rentrer à l’intérieur sans trop de peine avec un bleu au genou, puisque j’étais au pas de la porte. Un policier me prend mon carry-one et mon sac à main ne voulant voir personne avec bagage en main. Cette nouvelle fusillade et la cohue qui s’en suivie nous transformaient en bandits potentiels.

Nous fûmes fouillés et des dizaines de policiers armés  nous criaient de nous coucher puis de rentrer plus avant avec les mains en l’air. Je craignais leur nervosité plus que le danger soupconné au-dehors. Je n’avais plus de bagages et j’avais perdu une chaussure. Les mains en l’air je marchai vers une pièce fermée sécurisée en apparence mais personne ne savait au juste d’ou viendrait le danger.

J’ai surpris une policière disant à une autre qu’un tireur avait été appréhendé mais qu’il y en avait d’autres.

Je crois que j’ai tout de suite compris que je passais un test de courage, le ciel m’éprouvait. Je priai puis j’ai senti ma foi s’affermir. Je m’en sortirai et je retrouverai mes affaires et mon soulier. Aucun doute ne m’habitait.

Deux hommes VIP nous ayant dépassés au contrôle de l’immigration étaient juste devant moi. Je me disais : ” nous partageons le même sort sans aucune chance de bénéficier d’un traitement spécial. Plus de VIP vous étiez avant tout le monde et maintenant nous sommes ensemble “Humilité, fraternité, conscience de notre unité, voilà ce à quoi je pensais. J’avais mon téléphone dans ma poche je donnais des nouvelles aux miens et je ne cessais pas de prier pour me garder de tout mal. Puis la fraternité m’a interpellée et j’ai demandé assistance pour nous tous. Deux mères réclamaient leurs filles, des adolescentes séparées d’elles lors de la fuite. J’ai ressenti leur angoisse, nous étions désormais un,  les 10.000 passagers n’étaient plus qu’une âme en détresse, mon service était d’entourer cette âme unique de mon amour et de mes prières, bien que faisant partie de celle-ci. Dichotomie, dichotomie !!.

A 10h pm tout le monde pu sortir mais sans bagage, l’espace devait être fouillé. Attente dans les rues cette-fois. Nous étions couchés ou assis rarement debouts, mais dans la rue c’était la station debout obligatoire si on ne voulait pas s’asseoir sur le trottoir. Bref après le contôle, récupération des bagages. J’ai tout trouvé merci mon Dieu.

Nous découvrons par hasard qu’un service de bus est organisé pour nous transporter à Port Everglades. Un policier le confirme à mon fils revenu me chercher quand je lui ai dit que j’étais sortie.

Le tranport est lent, le traffic est intense, je pourrai prendre le bus à 1h 30. Une compatriote accompagnée de ses deux fils me tenait compagnie, en retour je télephonais à sa famille et nous étions devenues de bonnes camarades. Je ne sais si un jour je rencontrerai Micheline à nouveau mais je ne l’oublierai pas.

Une des mères a retrouvé sa fille l’autre la cherchait encore à mon départ. Je veux croire qu’elle l’aura retrouvée elle aussi.

Prions pour tous ceux qui ne sont pas encore éveillés à l’amour c’est la raison de leur cruauté. Il a fallu un drame pour nous sentir frères. A quand notre solidarité tous les jours, notre entraide tous les jours et de l’amour entre nous tous frères humains tout les jours? ?

Je suis rentrée à 3h du matin, la boucle s’est refermée sur 24 heures sans sommeil, sans nourriture et sans boisson mais vivante et riche de plus d’amour dans mon coeur. Gratitude encore et encore.

 

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