Archive for the ‘Mes bouquins’ Category
…En acceptant sa robe dépouillée de tout chic, jamais elle n’avait pensé être une vedette. Elle qui voulait justement passer inaperçue ! Une robe simple pour la circonstance avec une capuche, cela devrait faire l’affaire. D’ailleurs, c’était son moindre souci. Etre prête pour le grand jour dans son âme et dans son corps, voilà ce qui lui importait. N’allait-elle pas recevoir l’onction sainte!…
-Reste là, attends !-
Ainsi fut-elle attrapée à la sortie par une femme. Hypnotisée, elle assista à son inspection vestimentaire jusqu’à la culottte ! Cette femme voulait avoir le coeur net sur la tenue extraordinaire de cette communiante. Il fallait qu’elle sache si un jupon noir ou une culotte rouge complétait sa tenue de nonne.
Ne dit-on pas qu’un mariage sera à l’abri de toute rupture si la mariée porte une culotte rouge !? Une communiante ainsi complétée aurait pu devenir inattaquable, qui sait ?
-C’est comme cela qu’on t’a habillée ?-
Cette phrase mit fin à l’inspection et marqua la déception de ne trouver en l’enfant que des vêtements immaculés dessous et dessus. Ce n’était pas possible ! Cette femme était si sûre de trouver une réponse plus en accord avec ses croyances, que sa découverte la laissa pantoise.
La pratique populaire veut souvent une double cérémonie à chaque évènement religieux : baptème, communion ou mariage; même les enterrements n’y échappent pas. Du plus loin qu’on remonte dans l’histoire, on retrouvera cette lutte insidieuse contre la religion de l’oppresseur. En ce temps-là, les Noirs et les Peaux-Rouges nos ancêtres avaient leur propre religion. Pourquoi a-t-il fallu leur imposer d’autres croyances, au point de déprogrammer leurs convictions des siècles plus tard, entrainant des pratiques doubles ? D’un côté la société à plaire, de l’autre les Esprits des ancêtres à satisfaire. Coincés dans ce conflit séculaire, on n’osait choisir une voie unique. Cela expliquait l’incompréhension de la foule admirant l’enfant et le trouble de la femme inquisitrice. …( extrait des Pensées Opalescentes )
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…L’enfance ne voyait que le bon côté des choses. On désirait la pluie comme on aurait désiré une douceur. Surtout que la cadence des pluies ramenait souvent cette gâterie. En grandissant, on comprend mieux que ce qui fait le bonheur de l’un, fait le malheur des autres. En effet, les sans-abri en période de pluie ont une situation bien pénible. La misère aggravant la surpopulation, les rues deviennent de vastes poubelles aux eaux dévalantes.
Les petits bateaux en papier de quelques enfants, sont depuis longtemps remplacés par des paniers d’immondices. Un amas de nuages gris annonce désormais la décharge des ordures ménagères dans les rues attendant la pluie évidente. Personne n’aura aucun souci de l’inconfort de l’espace ainsi encombré, ni des accidents possibles.
Chez nous, on s’habitue trop vite au désordre. Ces enfants de jadis, ont par notre faute perdu leurs joies de pluie.
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Elles puisent en moi continuellement, m’ont octroyé un caractère indispensable, mais sont incapables de me gérer et de garder leur calme en ma présence, qui suis-je ?
Cherchez, vous y êtes presque ! Non je ne suis pas une drogue comme telle bien que je génère en elles une addiction. Faites donc un effort, vous devriez trouver ! Voulez vous de mon aide ? Je vous mets sur la voie. Elles me suspendent le plus souvent. Vous n’y êtes pas encore ? Mais oui bien sûr, je suis le sac à main enfin !
Je m’accroche aux bras ou aux épaules des femmes, j’ai le pouvoir de les entrainer dans un labyrinthe colossal dont la sortie, déjà difficile, est chaque fois différente. Mais elles sont si seules, si gauches et si perdues sans moi ! Comment vivraient-elles sans ma présence? La mode me dote de formes et de grandeurs diverses ainsi que de couleurs variées pour m’accommoder à leurs chaussures et à leurs toilettes qui sans moi seraient incomplètes.
Si une femme, votre mère, votre sœur, votre fille et même une amie vous demande de lui trouver quelque chose dans son sac, déclinez prudemment ce privilège, sinon le piège se refermera sur vos mains vous causant un grand désarroi. Vous recevrez des reproches que vous jugerez immérités pour m’avoir fouillé en vain. Celle qui me possède ne ferait pourtant pas mieux, tout en restant persuadée du contraire ; même des consœurs seraient dans l’embarras !
Qui se souvient de la première fois où je pris possession de la gente féminine ?! Les toutes petites filles dans leur tenue élégante du dimanche sont fières de m’exhiber C’est la seule période de leur existence peut-être où je suis porté presque vide, avec rien qu’une menue monnaie pour la quête. Tandis qu’elles m’utilisent comme d’un jouet sur les bancs de l’église, elles s’étonnent du volume insolite que je peux prendre quand je suis au bras de leur mère. Pourtant je ne tarderai pas à me remplir au fil des années, devenant de plus en plus lourd et primordial à leurs propres épaules.
Voyez une femme désireuse de me renouveler, car à quelques différences près ce sera le même scénario pour elles toutes avec les mêmes justificatifs. Celle-ci possédait précédemment un de mes congénères, un fourre-tout. Dorénavant elle cherche, dans la gamme de mes camarades, un genre portefeuille à poches multiples qui lui simplifiera la vie. Ce dernier est choisi avec soin, car il faudra faire attention à la couleur, la texture, la forme et la vogue ; pour cela elle prend donc tout son temps. C’est si important un sac à main! Mais surtout elle sera contente d’être délivrée de son bric-à-brac ambulant. Elle prend soin de bien ranger ses affaires à la bonne place étant certaine de les retrouver au besoin. Dans le cas contraire une autre femme fera le raisonnement suivant : il y a trop de poches dans mon sac, je m’y perds, un cabas sera pour moi plus facile, j’aurai tout sous la main.
Pourtant, dès le lendemain, le processus de recherche recommence. Cette fois il s’agit des clés. Elle est pourtant certaine de les avoir casées dans la petite poche extérieure pour en faciliter l’accès. Après avoir vidé entièrement le sac de son contenu, elle s’étonne de les voir dans la pochette extérieure. Mais pour une raison qu’elle ignore encore, elle avait été incapable de les dénicher. Incroyable ! Cette opération ne sera pas la seule de la matinée et le même succès incertain accompagnera chaque objet désiré.
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Une année de plus, marquant le passage du temps imprimant ses marques sur le corps… C’est une évidence qu’entre un bébé et une personne d’âge raisonnable il y a un monde de différence. Pourtant, si en dépit des années nous avons su conserver la jeunesse de notre coeur intacte, qu’importe alors…
“Qu’importe si le temps imprime des ridules au coin de mes yeux, ils n’en deviennent que plus rieurs. Le petit creux de mes joues révèle plutot mes fossettes souriantes au lieu d’un affaissement de la peau. Elles accompagnent tous mes instants, illuminant mes jours. Car c’est si bon de voir le soleil se lever, de vivre les progrès de ses enfants et petits-enfants, de partager ses dons gratuits au service des autres ! (Anniversaire, tiré de Pensées opalescentes.)
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Le Coeur s’habille de frais, pour murmurer de petites choses câlines qui réchauffent. Aucune contrainte dans sa tenue pour offrir la fleur de sa boutonnière. Il est aérien et subtil dans sa démarche. Un clin d’œil par ici, un sourire par là, un effleurement discret, c’est le langage qu’il préfère. Pas de brusquerie, ni de hâte ; l’être aimé mérite toute attention et lui, le Cœur se fait nuance dans la gamme de l’arc-en-ciel.
Extrait de mon nouveau bouquin: Au-Delà du reflet à paraître très prochainement.
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Sous le Nordé matinal, deux voix harmonisées au va et vient des vagues, en parfaite unisson. Deux voix jeunes, abritées par une pure amitié, revigorées par les gouttes fraîches de la pluie, chantaient sur le grand boulevard. Elles marchaient d’un même pas, heureuses de vivre, fondues dans les éléments. Deux adolescentes d’un même quartier, d’une même école, soudées par le guidisme et leur amour du chant.
La vie les guida sur une voie commune jusqu’à l’examen de leur Brevet Elémentaire, puis les sépara. L’une se rangea sagement aux côtés d’un mari, s’intégrant ainsi dans la societé. L’autre se marginalisa et fut taxée de perdue. Etait-elle perdue, parce qu’elle devait passer ses nuits à essayer de survivre avec ses trois petits, seule ?
(A suivre dans le bouquin)
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Chapitre Premier
- Sèche tes larmes, retire ton épine du pied et frappe la zone douloureuse avec un caillou, cela passera.
Ceci s’adressait à la petite fille de trois ans que j’étais. La rencontre de mon peton avec cette effrayante épine du bayawonn fut très éprouvante. Mais je n’aurais pas voulu renoncer à cette randonnée familiale. Cet épisode fut ma première leçon de courage. A l’injonction de ma mère, j’enlevai l’épine et fis comme elle me le recommandait. Puis, je continuai vaillamment sur mon talon endolori ma pérégrination à travers les sentiers rocailleux et feuillus de Pica, montagne dominant la propriété secondaire de mes grands-parents, Lambert.
La tradition me dépouillait de mes chaussures urbaines de juillet à septembre. La conviction maternelle, m’obligeait à profiter au maximum de la rosée et de tout autre avantage de la marche au naturel, tout comme la plante à laquelle j’étais comparée. Mon enfance et mon adolescence s’épanouirent donc en pleine nature dès la fermeture des classes. Alors, nous pliions bagages, heureux de nous évader de la ville, mes frères et moi. J’ai ainsi grandi partageant mon enfance puis mon adolescence avec les oiseaux à Lambert.
Le matin, on jouissait de la cascade froide pour se laver ; mais le soir, on se contentait de la douche simplement ordinaire. La tombée du soir réunissait la famille autour de la table à manger sur la galerie. On échangeait les devinettes ou les contes chantés, mes favoris, en dégustant une infusion de guérimaux, de basilic ou de mélisse. Mon goût pour les infusions odorantes date de cette période. Les histoires de Bouqui et de Ti Malice, personnages incontournables de notre saga, étaient forcément du répertoire de la soirée. La lampe à kérosène attirait toutes sortes de bestioles, comme les hannetons et les lucioles ou koukouy que j’attrapais. Les pas hésitants d’un hanneton sur le revers de ma main, m’amusaient bien, d’autant que j’étais la seule à ne pas en avoir peur. Les lucioles enfermées pour un très court moment dans un bocal, me servaient de lampe de poche originale. Je les laissais partir bien vite après m’être émerveillée de la lumière qui émanait d’eux. Souvent il m’était donné la possibilité de suivre l’évolution de la chenille en papillon. Dans une boite d’allumettes vide, j’enfermais la chenille avec des feuilles de pois congo, chaque deux jours je faisais une inspection discrète jusqu’à ce que le cocon se forme Mais là s’arrêtait l’expérience car je ne pus jamais admirer le papillon s’envolant dès l’ouverture de la boite…
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