Archive for May, 2009
Une quinquagénaire un peu spéciale
Je suis à un dîner d’anniversaire, parenthèse imprévue durant mon séjour à New-York. Dans ma main gauche repose une délicate soucoupe assortie à la tasse que tient ma main droite. Je savoure un café délicieux qui met fin au succulent dîner de tout à l’heure. Le fumet de mon breuvage s’enrichit un peu plus au contact de la fine porcelaine. Tasse et soucoupe bordées d’or sont garnies de roses rouges finement peintes mais bien visibles malgré la petitesse de l’objet. A New-York en général le café se sert dans de grandes tasses. Aucune vaisselle américaine ne contient de petites tasses ou du moins pas à ma connaissance. Ce fut l’originalité de la fête.
Alors que je finis la dernière goutte de mon liquide fumant, ma compagne de table me fait une confidence.
” Ce service à café faisait partie de mes cadeaux de mariage, je l’ai offert à mon neveu depuis plusieures années déjà, car j’avais un surplus de service à café. Il est vieux d’au moins cinquante ans si ce n’est d’avantage !”
Cette dame qui me parle est la fêtée de cette soirée. Elle arbore crânement sa quatre vingtième années avec une dentition intacte et une mine magnifiquement fraîche et épanouie que lui enviraient de bien plus jeunes qu’elle.
Je me mets à considérer l’objet posé sur la table devant moi avec respect. Puis je pense à tout ce qu’il pourrait nous raconter s’il en avait le pouvoir. C’est à ce moment que je lui ai offert ma voix et ma plume pour lui permettre de s’exprimer.
Un service à café est le cadeau le plus chic, le plus raffiné et le moins couteux que l’on pouvait offrir en ce temps là à une nouvelle épousée. C’est ainsi donc que je devins avec mes camarades la proprieté de Marie Thé. Le service auquel j’appartenais n’etait pas le seul quelle re?ut en ce grand jour.
C’était donc chose courante que la mariée recoive plusieurs service pour la raison évoquée précédemment. Elle les utilisait à tour de rôle jusqu’au moment où elle en adoptait deux, l’un à usage journalier, l’autre lors des grand dîners de circonstances; destinant les autres à des membres de la famille ou à des amies. C’est ainsi que Gil le neveu eut le service à roses rouges.
Je n’ai pas tout à fait laissé mon ex-propriétaire, puisque son neveu m’utilise souvent pour recevoir sa tante afin de lui prouver combien il est attaché à son cadeau. Et encore cette fois, vous l’avez entendu rappeler à celle-ci que le service à café venait d’elle. C’est même ce rappel qui a valu la confidence de Marie-Thé à celle qui me prête sa plume.
Il devint donc au fil des ans, plus agréable pour la tante de Gil de se faire recevoir et de savourer son café dans ce service dont je fais partie. Je suis toujours contente de retrouver ainsi la famille, mais aussi l’occasion de constater combien les humains se ressemblent dans leur fonctionnement.
Ainsi, Les exclamations sont presque toujours prévisibles quand ils tiennent les tasses en main au moment du café. Les femmes s’ébaubissent sur la finesse de l’objet, les hommes sur son ancienneté. Quelques personnes remarquent la saveur du café par un :
” il est bon ton café !”
Chaque tasse a sa propre histoire, ses propres souvenirs; aussi ne vous rapporterai-je que les miennes.
J’ai connu des lèvres charnues, colorées, moustachues ou nettes. Certaines étaient fripées, pincées, belles, pâles ou tremblantes. Quelques précieuses tenaient leur petit doigt levé, croyant donner du chic à leur geste. Les hommes aux doigts grands ou boudinés avaient du mal à tenir mon anse, et je craignais à chaque fois qu’ils ne me fassent tomber. Mes craintes étaient vaines puisque je suis encore là, quinquagénaire noble et aristocrate pour apporter de la distinction aux dîners de Gil; ce qui ne lui déplait point. D’ailleurs c’est son goût du beau qui nous rend si précieuses à ses yeux, mes compagnes et moi, et la raison des soins dont il nous gratifie.
Que de papotages ai-je entendus de la part des dames!? Que de discours philosophiques ou politiques de la part des hommes!? Le moment du café était le signal qui libéraient leur verbiages. Cela me faisaient de la bonne compagnie malgré tout et c’était une meilleure fa?on d’exister que dans une boîte bien rangée.
J’ai cru comprendre dans ses rappels de souvenir, que ma tasse aurait mieux apprécié de la part des convives qu’ils s’expriment sur des sujets plus graves ou qu’elle soit admirée avec plus d’intelligence. Aussi fis-je l’effort pour regarder avec plus d’attention l’objet dont je venais d’user. Cependant je n’arrêtais pas de penser à tout ce que cette quinquagénaire avait dû vivre.
Les chose durent plus que les gens disait ma mère et c’est bien vrai. Combien de personnes atteignent quatre-vingt ans ? Combien de gens a vu passer ma tasse et qui ne sont plus ?
Heureusement qu’il y a encore de rares personnes qui peuvent apprécier de belles choses et qui se donnent la peine de savourer le bonheur apporté par ces choses. Sans être trop conservatif, on peut porter aux objets qui nous entourent une sorte de considération pour leur service dans nos vies. La désinvolture de quelques jeunes est presque offensante, car ils ne s’attachent à rien ni à personne. La règle ne serait-elle pas : se détacher tout en étant attaché? Et s’attacher tout en étant détaché?
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Ici, je partage avec vous mes amis les moments merveilleux que j’ai vêcus en Provence-Côte Sud. A Fonbelle où j’étais logée, la nature a comblé chacun de mes pas en m’offrant des fleurettes variées en couleurs et en tailles. Je me suis émerveillée ! Mais, au contraire des autres fois où je m’empressais de cueillir fleurs et feuilles à mettre dans les pages de mon cahier, ma main est restée sage. J’ai laissé ces fleurs vivre pour en enchanter d’autres. Qu’ils recoivent eux-aussi tous les bienfaits qui émanent de ces créatures silencieuses, dont pourtant le langage chaleureux s’adresse directement à l’âme.
Quand vous arrivez dans ce lieu de délices, vous tirez à vous la corde de la cloche suspendue à l’entrée et vous recevez l’accueil de deux êtres exceptionnels : Solange et Alexandre les propriétaires.
C’est comme quand on laisse la maison et qu’on y revient.
Le “gîte et le couvert” ont le goût de leur amitié offerte sans contrainte à chacun. Ici, la famille humaine s’aggrandit sous l’égide du chèvrefeuille odorant.
A la Chevèche toujours en Provence, en Graveson chez Nelly Grosjean ici tous mes sens ont été éveillés au contact des huiles essentielles et mes corps ont retrouvé leur harmonie un instant perturbée par quelques soucis.
Avec une vingtaine de personnes, surtout des femmes(seulement quatre hommes) les effluves agréables, guérisseuses et parfaites ont accompli leur oeuvre de bienfaisance en la personne de Nelly notre instructrice.
Chaque moment était abondance. D’abord l’accueil du groupe dont j’étais la seule étrangère. La gentillesse d’un couple, Dominique et Georgette qui m’ont voiturée durant tout le stage étant eux aussi à Fontbelle. Cela ne leur donnait nullement l’obligation de m’offir leur voiture.
Les hydrosols bus à chaque instant, rafraÎchissaient l’organisme tout en y remettant de l’ordre. La nourriture crue prise en commun nous initiait à cette nouvelle façon de manger. Je vous laisse découvrir ses saveurs ici Mon coeur tout au long de ce séjour d’enseignement a été rempli. Maintenant il déborde tout autour de moi laissant dans mon sillage du bonheur à tous ceux qui en veulent.
Je suis chèvrefeuille, clémentine, sauge, lavande, lavandin, rose, seringa, thym, serpolet, menthe, basilic, armoise et géranium, disposée à distribuer à profusion et à transmettre.
Marie-Louise, Jean-Marc, Louis et Auguste sont ceux qui m’ont reçue avec leur coeur à Saint-Mître les Remparts. Cadeau, fleur, bouillabaisse et champagne, tout y était sans oublier les longues promenades sous le mistral, gentil quand même ce jour-là, et les conversations enrichissantes.
J’ai tout de suite senti que je les connaissais depuis toujours.
Je vous montrerai bientot les photos de mes amis et vous aussi pourrez recevoir leur sourire.
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Un Homme à la rue des Ternes
L’allure décidée, le pas alerte en dépit de son teint rouge et de son embonpoint. Voici un homme content, qui exhibe satisfait, une orchidée en pot; point final de la cour qu’il fait à sa belle. Cette fleur le dotera de toutes les qualités qu’il pense indispensables à un homme pour plaire.
Belle comme l’est la plante, il sera beau. Il sera aussi un peu plus grand que nature, car son orchidée dépasse son épaule. De plus comme c’est une fleur de gens aisés, elle fera paraître son opulence, atout majeur dans l’art de la conquête, pense-t-il.
Cet homme à l’orchidée aperçu dans cette rue des Ternes, prouve que même avec un nom moins agréable on peut si on veut, secouer toute influence négative. Et c’est ce que son attitude affirme. Je crois l’entendre dire : « je suis un conquérant et je serai victorieux . »
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Interrogation et semblant de réponse
Se pourrait-il qu’à Paris
Avec des fleurs dans les mains
On puisse avoir le coeur gris ?
C’est pourtant ce que j’ai vu
Ce mois de mai, un matin
Chez les passants dans la rue.
Mais c’est la rue des Ternes,
C’est la raison peut-être
Ici, des mines ternes
Qui sont, sans pouvoir être.
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La femme et son bouquet
Elle enlace son bouquet.
Des fleurs sous cellophane,
Bien serrées sous son bras,
Fatiguée; son air inquiet
Explique la peau diaphane
Et… Le corps gras,
De la femme sans rire
Qui ne se surveille pas.
Elle s’accroche à ses fleurs
Cherchant d’elles le réconfort
Et l’espoir d’un bonheur
Qui se veut tenace et fort,
Malgré ce qu’elle a pu souffrir.
Son geste possessif
Traduirait une insouciance
Si le regard pâle et las
Ne révélait le vif
Du chagrin et sa constance.
A une traversée de rue
Mon cœur a reçu
Cet appel crié par le biais
D’un bouquet
Trop bien tenu
Par une femme à Paris.
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Je vous présente la nouvelle version de mon blog Note d’Or j’espère que vous l’apprécierez comme moi. J’ai de nouvelles fonctionnalités mais surtout j’ai un anti spam. Les spams m’envahissaient à un rythme virulent, au point où je me questionnais à savoir, si j’allais garder le blog.
Je suis donc très contente de pouvoir continuer à écrire et de partager avec vous, mes amis du net, ce que j’ai en réserve.
A très bientôt pour une petite nouvelle de la part d’une tasse de café.
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