L’examen aujourd’hui chez le dentiste a été bref. La machine désagréable ne s’est pas trop imposée. Tandis que je me réjouissais d’avoir eu fini si vite, le docteur me demanda de l’attendre un moment.
Elle revint (car mon dentiste est une femme) un court instant, pas assez cependant pour me renseigner sur le nom à porter sur le chèque. Je restai donc assise admirant la délicatesse du décor, la netteté et la propreté des appareils. Son assistante me tint compagnie un moment, me révélant son ancienneté à ce poste étant déjà au service du père lui aussi dentiste.
L’attente se prolongeant, je me rendis compte que j’avais été oubliée. Elle ouvrit enfin la porte, mais à son air surpris je confirmai son oubli. Elle était pourtant si marri, que je reçu ses excuses avec le sourire.
Au fait, elle avait un grand projet qui occupait ses pensées, le voici : Se payer une nouvelle installation moderne encore plus performante. Elle en parlait justement avec le vendeur, cause de son oubli.
Cette femme vivait pour son métier. Entre elle et sa profession une histoire d’amour fidèle. Elle me confia ceci :
Beaucoup s’achètent des Mercédès ou autres voitures de luxe, moi je veux une clinique Mercédès. J’aime les dents, je suis passionnée par mon travail. Je suis bien dans ce décor où j’y ai mis mon coeur. Aucun stress extérieur ne pénètre ici et après le travail je rentre détendue à la maison.
En effet, depuis ma première visite j’admirais l’harmonie des couleurs, les arrangements floraux et la petite fontaine zen. Malgré mon appréhension, je m’étais sentie bien. Je pouvais oublier un instant ce que j’allais endurer.
D’abord l’injection que je désirais par-dessus tout, ne supportant pas les douleurs dentaires, et qu’en même temps je redoutais m’imaginant la fine aiguille arriver à mon cerveau. La peur vraiment ne se raisonne pas et nous cause bien des tourments.
Puis évidemment la machine qui vrillait mes tympans et me crispait même avec la certitude de ne pas avoir mal. Bref, comme cette femme dentiste, j’aimais mes dents, néanmoins je serais bien mieux si je pouvais me passer de ses soins.
Elle continua ses confidences ainsi :
Figurez-vous que la dernière fois où ce vendeur m’a présenté une nouvelle lampe, je suis restée toute la nuit à y penser, je ne pouvais dormir, m’imaginant utiliser la lampe avec efficacité. Toute une nuit, pouvez-vous comprendre cela ! Mon petit ami me dit souvent :
S’il te plait Sophia làche-moi un peu avec tes dents !
Certains n’ont pas choisi leur métier, beaucoup subissent leur travail n’y voyant qu’un moyen de vivre moi, j’aime mes dents, c’est ma plus grande joie de les soigner !
Je comprends maintenant pourquoi sa réputation n’est pas surfaite. Comment ne pas réussir avec tant d’amour dans le coeur !
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