Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Archive for September, 2008

Sep-25-08

La premiere nuit a Broadway

Posted by Nancy

Tandis que j’appelle vainement le sommeil après une journée toute occupée, la rue elle, a juste un peu modifié la nature de ses activités. Elle a fermé certains de ses magasins et envoyé un groupe de ses piétons chez eux.

Chez nous, les gens dorment par relève faute d’endroit fixe où loger. A Broadway, ceux qui sont en rues y sont, soit pour travailler ou s’amuser. Une bonne partie des autres s’occupe à des tâches ménagères si elle ne s’abrutit pas devant sa télé. Ne me demandez pas si les gens dorment, ni quand, ni comment !

Ici, je suis l’étrangére. Etrangère aux moeurs et aux coutumes. Cependant, il faudra bien que je dorme. Je devrai m’adapter pendant mon séjour et accepter, sinon d’être bercée par le flot incessant des voitures, du moins comme le fond sonore incontournable du coucher et du réveil. J’ignorerai les véhicules dans le creux de mon inconscience, tout comme les passants bruyants, la musique tonitruante de quelques voisins, leurs discussions et leur agitation.

Dans le parc du quartier, je me suis rendue dans l’après-midi pour retrouver les arbres, respirer et pouvoir écouter battre mon coeur en toute tranquilité. C’est bon de se sentir vivre !C’est merveilleux de suivre sa respiration en éprouvant la sensation du flux et du reflux de la mer même si on ne la voit pas. Ce martellement régulier dans ma poitrine, c’est ma musique intérieure qui rejoint celle de la terre. Ce sont des sons harmonieux, berçant le silence dont parle certains auteurs. Un silence animé, bienfaisant, vivifiant.

Pourtant ce parc est vide de tout. Il est certainement abandonné depuis bien des mois. Un arbre arraché est encore là barrant une allée. A l’évidence, il est mort depuis plusieurs semaines. Mais, même ceux qui sont debout non pas l’air plus vivants. Aucun oiseau, aucun souffle de vent, aucune présence humaine sinon la mienne.

Malgré ma gène et en dépit de mon sentiment d’insécurité, je me suis avancée me forçant à me rendre jusqu’à un point du lieu. C’est alors qu’un gamin à bicyclette m’a croisée. J’ai fait quelques respirations profondes essayant de communiquer avec l’endroit. Pourtant je n’ai ressenti que ce grand vide insolite à quelques pas de Broadway avenue.

Un homme au téléphone est passé un moment après le cycliste. Puis, alors que je quittais le parc, j’ai aperçu deux jeunes qui en sortaient. J’ai compris que l’endroit servait de raccourci à certaines personnes du coin. Des passants pressés et trop occupés pour regarder autour d’eux. Sans regard humain, les oiseaux ont fui et les arbres se meurent. A peine quelques fleurettes généreuses, ferventes adeptes de l’amour inconditionnel, résitent à la laideur environnante. Elles comblent une parcelle de l’espace. Elles semblent m’encourager à persister dans mes actions, sans souci des résultats. Leur sourire m’a accompagnée jusqu’à la sortie. J’ai pensé à mon pays et à toutes les âmes qui résistent dans la boue des cyclones passés.

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Sep-21-08

Une arrivée à New-York

Posted by Nancy

Une ligne rougeoyante délimite l’horizon dans le crépuscule. Partant de cet espace incandescent, des coulées de lumière pénètrent dans les interstices obscures de la ville. La magnificence du spectacle m’apparaît à travers le hublot de l’avion.

Puis, le flamboiement initial cède d’une façon soudaine la place au soir qui s’installe, tandis que l’engin atterrit. J’ai l’impression de plonger dans une luminescence insolite dans le noir imposant.

La magie de cet instant grandiose s’efface en douceur; je me réjouis de mon privilège et continue à le revivre alors que l’appareil s’arrête sous la crudité des spots.

La valise vite récupérée je gagne la rue dans l’attente de mes enfants. L’air frisquet de l’automne me ragaillardit après les trois heures d’immobilité.

Je suis à New-York, capitale fascinante, tortueuse, sublime et dépravée où tous les excès se rencontrent.

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Sep-14-08

Un Projet

Posted by Nancy

Une idée qui vous possède

Un plan, une organisation.

Un désir d’aide

Sans nulle ambition.

 

Un service offert

A une communauté

Qui aussi vous sert

En toute équité.

 

Une pensée du coeur

Avant celle de la tête ;

C’est trouver le bonheur

En une continuelle fête !

 

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Sep-11-08

Valeurs et Convictions

Posted by Nancy

Que sont les valeurs et que sont les convictions? Ces deux concepts sont ils synonymes ? Pour le savoir, il faudrait peut-être les définir chacun en particulier. Mais alors comment ? Chaque individu n’a-t-il pas ses propres valeurs et ses convictions personnelles ? Tout est tellement relatif !

Quand j’étais gosse la religieuse qui assumait ma classe d’alors nous répétait souvent :

” Ayez des convictions, c’est par ce seul moyen que vous pourrez atteindre votre idéal manifesté par vos valeurs. “

Je ne comprenais pas très bien ce qu’elle entendait par convictions, cependant son insistance me porta à réfléchir là-dessus. Je découvris que c’était ce que mon coeur croyait bon pour moi et les autres.

Chacun doit ainsi découvrir le moteur qui le fera avancer dans la vie car ce sera le sien. Tous les accesoires que nécessitera ce moteur seront constitués par les valeurs auxquelles il croira. On prendra soin de sa machine tout comme un homme soigne son véhicule. Puis en grandissant, on changera de “voiture” comme le veut la loi de l’évolution. On y mettra les mêmes attentions pourtant, condition sine qua non  pour une utilisation maximum.

Il y a néanmoins des règles de conduite valables pour tous, mis à part la manière de chacun au volant. Ce sont les principes inviolables sous peine de sanction. C’est l’apprentissage dans la douleur.

L’essentiel est donc de définir ses convictions et de les nourrir. Cela amènera chacun à l’étoile où il aura accroché son idéal !

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Sep-6-08

L’Ame des choses

Posted by Nancy

A l’arrière de la maison se trouvait un portique en bois où les enfants pouvaient jouir d’un toboggan, des agrès, d’une échelle de corde et de deux balançoires. Sur la barre transversale, ils pouvaient éprouver leur bravoure et leur force.

Je me souviens parfaitement du jour où mon fils en fit l’acquisition. L’idée mijotait depuis plusieurs jours. Il fallait quelque chose dans ce bout de jardin pour occuper ses deux gosses tandis qu’il pourrait les surveiller à travers la fenêtre tout en travaillant. Car, même si ma présence lui apportait une aide, elle était temporaire et en dehors de la babysitter qui les gardait en matinée, la surveillance lui incombait sa femme travaillant jusqu’au soir.

Ainsi, à force de réfléchir à nous deux, nous en vînmes à désirer cette création des parcs d’enfants en modèle réduit; mais où en trouver ? Nous ne le savions pas encore. Puis, ce fut la découverte d’une façon tout à fait inopinée. En traversant l’autoroute, l’enseigne me sauta aux yeux tandis que j’apercevais les différents modèles proposés dans une cour. L’achat ne prit que quelques minutes. Deux jours plus tard avec l’aide d’un cousin, le tout fut installé. Cependant, nous fûmes plus enchantés que les enfants eux-mêmes qui en définitive n’utilisaient le portique qu’en notre présence. Il ne put donc remplir tout à fait le rôle auquel nous le destinions. Enfin, il prit place chez nous attendant le bon vouloir des petits.

Le cadet âgé de deux ans s’y intéressa le premier. De temps en temps il réclamait l’aide d’un d’entre nous pour l’accompagner au “parc” comme il l’appelait, ne pouvant atteindre les agrès d’une part et ne pouvant non plus faire bouger la balançoire. Il raffolait de cette dernière, surtout quand son grand-père le poussait, car il obtenait d’aller un peu plus vite. Il disait alors :

“Abuelo, faster, faster !”(grand-père plus vite plus vite)

Ce fut ensuite au tour du toboggan de le captiver. Ses rires et ses cris enthousiates finirent par convaincre l’aîné (3 ans) de se joindre à lui. Ce dernier réussisait à la barre prouvant sa supériorité à son jeune frère. Mais, grand-père soutenant le cadet, lui donnait la possibilité de ne pas être en reste.

Au fil des semaines, alors qu’ils prenaient goût à l’ensemble, bien sûr toujours en notre présence, quelques enfants du voisinage à notre insu le secouèrent tant et bien qu’une des balançoires céda tandis que la charpente pencha et se mit à grincer quand on grimpait à l’échelle ou usait de la glissière.

A chacun de mes séjours, j’admirais la ténacité du”parc”résistant au soleil comme aux intempéries et même aux assauts des quelques turbulents du quartier.

Je pensais qu’il aurait fallu l’enlever désormais puisqu’il avait perdu la plupart de ses attraits, néanmoins il nous força à le garder s’insinuant dans notre décor, même sans usage. Cela dura sept ans.

Cette année, il nous quitta. J’eus la déception un matin de ne pas le voir, sans que j’eus le moindre soupçon du moment où il fut enlever. Debout dans l’espace vide, mes pieds enfoncés dans le gazon jusqu’à la cheville,  la tondeuse ne pouvant atteindre l’herbe en sa présence, je ressentis le vide de son absence. Je ne m’habituais pas à l’espace devenu trop grand. Tous les enfants qu’il avait reçus lui avaient laissé un peu d’eux-mêmes. Je les entendais à nouveau rire. Je me rappelais les petites jambes à qui j’apprenais les mouvements adéquats pour faire bouger la balançoire. Les cris de victoire qui accompagnaient chaque réussite. Quelques pleurs vite essuyés quand les pieds glissaient ou lorsque les mains lâchaient prise.

Je ne suis pas la seule à ressentir l’âme des choses, le poète l’a déjà chantée. Chacun peut connaître ce moment où l’on acquiert un objet qui au fil des jours, s’intègre si intimement dans nos instants que nous sommes désolés à sa perte. C’est alors que me revient une phrase de ma mère en guise de consolation :

Moun ki moun mouri “(même les gens meurent)

Elle avait bien raison, car même après une mortalité la vie nous apporte son réconfort et nous encourage à continuer. Quand je visualise maintenant mon pays sous les eaux après le passage de plusieurs cyclones succesifs, quand je pense à toutes les pertes humaines et matérielles survenues si soudainement et si rapidement, je réalise le dérisoire de s’attacher avec trop d’acharnement aux choses destinées à périr d’une façon ou d’une autre, et je considère la mort avec d’autres yeux.

Nous devrions nous préparer à la venue de cet évènement inéluctable et nous atteler à apprendre le détachement. Je crois que l’Ame universelle qui pénètre toute la création nous invite dans ces moments de drame à l’Amour, au partage et aussi à l’abandon sans regret de ce qui n’est plus.

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Sep-1-08

Beaute-Amour

Posted by Nancy

Ce matin, alors que je reprends conscience dans mon actualité, je regarde à travers ma fenêtre. Faute de voir la mer comme le nom de la ville, Miramar, le sous-entend, j’admire les palmiers secoués par les effets secondaires de “Gustav” le cyclone tropical. Le temps est brumeux, les voisins semblent encore endormis. Il n’y a aucun enfant à jouer, pourtant il est passé 8 heures ! Il est néanmoins pas rare de faire la grasse matinée un dimanche, les sorties étant tardives.

Il pleut ; avec le vent cela m’a tout l’air d’être non seulement “Gustav” mais aussi “Hanna” déjà en route. Le calme qui m’habite fait monter à mes lèvres la prière de Saint-Francois d’Assise et je retiens les dernières phrases :

Que je sois si bienveillante et si joyeuse ceux qui m’approchent sentent Ta Présence . Revêts-moi de ta beauté Seigneur et qu’au long de ce jour je te révèle.

J’aime cette prière mais encore plus ces souhaits ultimes. Pour le moment je les ressens comme un besoin indispensable à ma survie. Cette bienveillance est un impératif, et, révéler la Beauté du Seigneur un privilège absolu.

Cette pensée fait écho à cette autre, émise par Jésus :

Aime Dieu par-dessus tout et aime ton prochain comme

toi-même.

Pourquoi ces réminiscences à ce moment précis du jour ? Il y a des choses apprises ou entendues, que notre subconscient enregistre à notre insu et nous les représente suivant ses propres lois. Elles s’imposent alors à notre conscience avec leur importance. En dehors d’une foi religieuse ou pas il y a alors un déclic qui se produit et c’est la révélation !

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