Il fait chaud, très chaud, trop chaud ! Je ne me souviens pas avoir eu si chaud dans mon enfance. Si longtemps que les arbres sont partis en fumée sans qu’on ait eu l’idée d’en planter d’autres. Les petites rivières ont tari, les plus importantes se sont réduites à des ruisseaux.
Ces changements écologiques ont provoqué des perturbations qui ont rejoint celles de la planète, partout où les hommes ont sombré dans la folie destructrice. En conséquence notre belle île reçoit de plus en plus rarement les alizés; ainsi, la chaleur nous oppresse.
Une autre raison qui explique ce feu dans l’atmosphère, est la surpopulation. Avec elle s’accumulent les manques : nourriture, logement, travail. Les aigreurs s’installent, taraudant l’intellect et le coeur, pourrissant les relations humaines.
Chacun se barricade sous un amas de fer forgé pour, soi-disant, protéger son intimité. Dans la réalité c’est pour mieux garder les biens, des attaques répétées des voleurs qui ont proliféré, bien évidemment. Les maisons ont perdu leur joliesse en se transformant en une vaine forteresse (le fer forgé ne protégeant nullement quand il s’agit de prédateurs bien équipés)
Notre beau concept du vwazinaj se fanmi (le voisinage est la famille) ne veut plus rien dire. On ne se fréquente plus ou si peu! on ne se sourit plus. Cette chaleur infernale résulte de ce que nous sommes devenus.
Heureusement je garde encore le souvenir des jours heureux de mon pays, dans la fraternité, la beauté et la fraîcheur. Ces jours sont à venir, car un pays ne meure jamais et, ce qui fut sera à nouveau.
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