Note d'Or

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Jul-7-08

Un Jour a Port-de-Paix

Posted by Nancy

Je reviens de Port-de-Paix une des villes côtière de mon île. Cela a été pour moi une belle expérience que j’ai qualifiée d’excessive, vous verrez tout à l’heure la raison du choix de mon qualificatif.

D’abord le trajet en avion est plus long que celui qui emmène au Cap-Haïtien. C’est une des rares villes où les gens sont actifs fort tard dans la nuit. C’est également ici que dix postes de radio fonctionnent dans la petitesse de la ville. Dans deux d’entre elles, nous avons été reçus, le conférencier et moi pour présenter notre sujet. Dans la première, nous avons dû attendre que l’on répare un problème technique, ce qui nous a fait endurer les essais assourdissants du technicien. Dans la deuxième nous avons grimpés trois escaliers. Pour moi c’était des excès.

Ensuite, rendus à l’Université Valparaiso (ancien nom de Port-de Paix du temps des Taïnos) lieu où la conférence devait avoir lieu dans l’après-midi, surprise ! Un local bien tenu et surtout bien équipé. Les professeurs sont logés sur le campus et les étudiants sont nombreux bien que les cours soient payants. Dans cette ville, c’est quand même étonnant. Je ne crois pas qu’il y ait autant de confort dans le milieu estudiantin, dans les villes plus importantes du pays.

Le dîner(déjeûner) est retardé de deux heures, ce qui nous mène presque au bord de 4h pm quand nous laissons le restaurant. Dans ce dernier, un vent puissant émis par un gros ventilateur nous accueille, alors qu’une musique tonitruante nous écrase les tympans. Nous sommes seuls dans la pièce. Ce qui fait supposer que nous sommes les seuls clients. Pourtant il a fallu plus d’une heure pour que le poulet nous soit servi. Le malta et le jus de papaye ont pris presque le même temps pour nous parvenir. Quand finalement nous avons pu manger à 3h et demie passée, des clients se sont présentés. On mange donc très tard dans cette ville.

Un homme a attiré mon attention, par son chapelet en bois d’abord qu’il égrenait machinalement, tout en parlant à son compagnon accoutré d’une manière aussi étrange que lui. En effet, son tee shirt à manches longues détonnait dans la chaleur ambiante de la ville, puis, ses lunettes à reflets jaunes qui ne laissaient point voir les yeux et enfin un gros bonnet de laine lui cachant les cheveux.

A la conférence, seulement des hommes! Trois femmes sont venues à la fin, mais une a laissé cinq minutes après. Les deux autres se sont faites si effacées qu’on n’a pas su qu’elles y étaient.

Les questions assez pertinentes ont largement débordé le temps imparti. Un excès parmi ceux déjà constatés.

En soirée, après quinze minutes de marche, nous pûmes nous sustenter d’ un sandwich et d’un verre de citronnade à chacun pour la somme faramineuse de cinq cents gourdes, ce qui est plus qu’excessif quand on compare avec les trois cent cinquante gourdes que le dîner nous a couté.

Nous avons réalisé l’exploit de marcher dans les rues plongées dans le noir, conduits par notre hôte qui n’avait aucune difficulté à suivre la voie à la lueur de quelques lampions éclairant à peine des étals de petites marchandes.

Un vent constant souffle sur la ville sans pour autant rafraîchir vraiment l’atmosphère, car dès qu’il tombe la chaleur se manifeste. La nuit a donc été surtout chaude, accompagnée du chant agaçant des moustiques.

Ce matin au retour, l’avion a volé sur un paysage de nuages vallonnés sur plusieurs kilomètres. Cet amas de nuages m’a fascinée !

Voilà donc rapporté mon expérience port-de- paisienne. En revivant les instants, j’ai compris que cela avait été pour moi l’occasion d’équilibrer en moi les deux bras de la balance. Harmoniser les contraires est une tâche qui vaut la peine d’être entreprise.

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