Archive for December, 2007
Dans la pureté de la nuit, une musique vit, palpite tout doucement, elle vient de loin. Les notes se tiennent sur la pointe des pieds d’abord, puis brusquement elles courent, elles envahissent l’air. Quelle est cette musique ? Symphonie céleste ou terrestre ?…
De son lit, l’enfant écoute, elle en perçoit chaque mouvement, son coeur frémit, réveillé par les sons. Cette aubade inopinée la ravit…
Les parents auraient dû sortir réveillonner, laissant les gosses, trois garçons et une fille, à la garde d’une vieille amie. Ce devait être une soirée toute simple où jusqu’à neuf heures, on écouterait chanter la si jeune vieille. Elle connaissait tout un répertoire de romances désuètes mais jamais démodées. La fillette en profiterait pour copier les paroles sur un cahier d’écolier. Les comprenaient-elle seulement ? Peut-être que non, trop jeune encore ! Peut-être que si, l’amour n’a pas d’âge puisque c’est l’âme qui aime. Cette soirée commencée comme une banale soirée, s’acheva en apothéose.
Que se passa-til pour que le programme change ? Personne ne sut. Une fée a dû vouloir faire un cadeau à la petite fille, sachant d’avance que ce serait son unique trente et un décembre ! Le père sortit de son côté, de l’autre, la mère, les enfants et l’amie. La magie commença.
Les valses se succédaient dans la maison, mais c’est dans la rue qu’elles se valsaient. La rue déserte était salle de bal idéale. On tournoyait, on tourbillonnait champagne aidant; on riait, on s’amusait, tout l’espace était à eux…
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Ce qui avait été
La période deux -mille -sept
S’est fondue en beauté.
Toute une série de fêtes
L’a vue disparaître,
Laissant libre champ
A celle qui doit naître
Forcément.
Ainsi veut la loi des choses
Ephémères
Qui se suivent sans pause
Ere après ère.
A chaque fin, un bilan.
Quel sera le nôtre ?
Avons-nous suffisamment
Pardonné aux autres ?
A-t-on déposé
Les souvenirs qui blessent
Pour laisser reposer
L’âme avec tendresse ?
Le coeur alors libéré
Pourra s’enivrer
De vins mousseux,
Pour enfin chanter
Avec tous ceux
A nouveaux aimés
Paix sur toute la terre
Et les célestes sphères !
Ainsi deux-mille-huit
Sera construite
De tous les présents
Offerts au présent.
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Par delà la fenêtre de la voiture, je la vis. Mon regard s’attarda sur cet accessoire que je ne m’explique pas : le voile. C’en était un, léger et transparent d’un rose tendre ; version moderne du tchador.
Je ne voyais d’elle que son profil car elle regardait obstinément devant elle à travers de grandes lunettes noires. Ces lunettes faisaient peut-être office de cette autre obstruction que certaines mettent à la place des yeux, quand elles se recouvrent le visage pour mieux disparaître.
L’opulente Mercedes où elle était assise, trahissait un réel confort, du moins en apparence, mais son maintien rigide ne laissait entrevoir aucune satisfaction.
Tandis que je la regardais, une multitude de questions se bousculaient dans mes pensées au sujet des croyances, des contraintes religieuses, de la servitude, de la résignation, de la lâcheté et de tout ce dont j’avais la conviction que des fils et filles du Père ne devaient pas accepter ni subir étant des créatures créées libres.
Elle tourna enfin la tête pour interroger son rétroviseur. Après un premier coup d’oeil, elle enleva les lunettes puis fit glisser le voile découvrant une partie de la chevelure. Cela fait, elle lissa de sa main une mèche de cheveux en un geste concis et bref puis remit et lunettes et voile en place. Elle s’était offerte un rapide péché sans plus.
Elle reprit sa pose figée au regard fixe. Quelques secondes plus tard, elle répondait à un interlocuteur sur son téléphone portable. Pas un élan, pas un sourire. Une conversation juste ce qu’il fallait.
Etait-elle à plaindre ? Peut-être. Je lui envoyai en secret mes voeux de bonheur avec l’espoir que L’Esprit de Noël trouve le chemin de son coeur pour lui offrir tout ce dont le voile la privait et dont elle avait envie en secret.
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Ce soir, je revoyais un film pour me délasser l’esprit tandis que je me reposais sur la chaise longue. Je pensais me mettre au lit tôt, très tôt. Cependant j’ai dû prolonger mon temps de pause devant la télé pour attendre le silence bienfaisant de la maison. Il s’est finalement installé fort tard, ce qui me vaut d’être encore éveillée à onze heures passées. Néanmoins, si ce n’était la visite inopinée du voisin et le film réparateur, j’aurais râté l’heureux coup de fil.
La voix au bout du fil accusait un fort accent canadien, je n’attendais personne de ce côté du monde, aussi ai-je pris quelques secondes pour identifier ma correspondante. Je l’ai d’abord prise pour mon amie canadienne résidant ces jours-ci au Mali. Et je lui disais : “tu es chez toi depuis quand ?”
Je n’ai pas bougé de la maison, Il y a tout plein de neige dans le décor ! “J’aurais bien aimé la partager avec toi ” lui répondis-je. Je m’interrogeais tandis qu’elle continuait :
” As-tu reçu mon message de l’année dernière ? J’ai appelé tes deux fils pour te trouver. Heureusement que cette fois tu es là. Cependant pense à dire à tes fils que la prochaine fois que j’appelerai qu’ils n’oublient pas mes messages. “
” Combien de petits-enfants as-tu depuis la naissance du premier ?”
Quatre mais j’en attends un cinquième pour bientot, et toi?
“Moi j’en ai deux “
Je savais que mon amie en séjour au mali n’en avait aucun, alors je lui demande :
Qui t’a rendue grand-mère ?
Sa réponse m’amena à la réalité de l’appel et avec elle une bouffée de joie.
Celle qui me parlait fut longtemps ma compagne de classe, et comme de plus nous étions voisines, j’allais souvent étudier chez elle pour profiter du silence et de la fraîcheur de sa cour boisée.
Après le brevet, tandis que je me rendais à la capitale pour devenir normalienne, elle partait pour le Canada qu’elle n’a jamais laissé. Je n’ai plus eu de ses nouvelles pendant vingt ans. Puis nous nous revîmes pour constater que nous avions le même métier. Elle me fit avoir plusieurs livres de pédagogie quand elle sut que j’avais ma propre école, puis me promis de m’écrire desormais sans faute.
C’est ce qu’elle fait depuis nos retrouvailles. Cette année elle m’a fait la surprise de l’appel.
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” L’Amour se loge dans du neuf comme dans du vieux ” ( Ces dames aux chapeaux verts )
Cette réplique lancée par Arlette la nièce de quatre vieilles filles dans la tragi-comédie de Germaine Acrémant a toujours retenu l’attention de la petite fille que j’étais quand ma mère jouait “Telcide” la soeur aînée rigide, régentant son troupeau de bigotes dociles ; tout comme elle l’a retenue, quand à mon tour j’ai joué dans la même pièce et dans le même rôle.
Pourquoi certaines personnes ont tendance à croire que seuls de jeunes adultes peuvent aimer ? Elles regardent les couples âgés tendrement enlacés comme incongrus tandis que ceux de la maternelle les attendrissent par leur naïveté.
Pourtant, ce ” Je qui aime l’autre, est la divinité en chacun ” ( Le Bouclier D’Amour) peut-on limiter son expression à des corps définis alors qu’elle est illimitée ?!
Pendant longtemps je l’ai cru moi-même, et je dois dire en toute honnêteté qu’il me reste des traces de cette fausse idée qui collent comme des taches de brûlures au fond d’une casserole. Elles partiront avec la même détermination que je mets à récurer mes ustensiles, parce que j’ai constaté le contraire.
Le récit des amours de gosses et d’adolescents aboutissant à la création de couples adultes m’a révélé ” L’amour se loge dans du neuf ”
Et les nouveaux mariés d’un certain âge avouant avoir reçu l’amour comme l’hôte de leur coeur a expliqué “comme dans du vieux ”
” Quand l’Amour vous fait signe, suivez-le à quelque période que vous soyez dans votre existence, il vous gratifiera ”
L’amour peut exister avec le sexe, mais toujours il s’en passera sans tourment.
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Chaque année le Père Noël empruntait une voie différente pour faire sa distribution de jouets. Chaque année la magie se renouvelait. Pendant la soirée, à un moment donné quelqu’un annonçait :
- Papa Noël est passé !-
Certaines fois, la brusque plongée dans les ténèbres était le signal ; les lampes en se rallumant découvraient les cadeaux. Personne ne savait à l’avance et personne ne s’en rendait compte. Quelque soit le moyen utilisé, les présents se matérialisaient à l’insu de tous. On ne se posait aucune question. Le vieillard à la barbe blanche n’était-il pas tout puissant ? Il comblait les espérances malgré l’ incertitude de l’argent.
Il y eut des Noëls abondants, d’autres maigres, quelques fois très maigres, mais toujours on avait à partager avec les voisins, toujours l’apparition magique des paquets multicolores ; la quantité et la qualité importait peu. Et par dessus-tout, l’enchantement suprême du buis magnifique ! Même avec un menu des plus simplifié, la table habillée de manière délicieuse, marquait l’importance du jour…
… Puisse Noël, fête du Partage, de l’Amour et de la Paix, refaire surface dans le tourbillon effréné des calomnies, médisances, cruautés et machiavélisme qui sévissent. Puissent les enfants redevenir enfants et les parents redevenir parents ! Puisse l’humanité réapprendre la fraternité !
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