Aujourd’hui, je voudrais vous entretenir d’un sujet fascinant: il s’agit de mes compatriotes. J’ai beau être une des leurs depuis deux cents ans et plus, je m’ébahis encore et toujours de leurs prouesses, de leur intelligence, de leurs ruses, de leur paresse et de leurs multiples talents artistiques.
Où pourrais-je commencer ? Par les chaudières qui se collent, les objets d’arts faits de tout et de rien, leurs coutumes ou leur amour du carnaval ?
En attendant de prendre une décision les concernant, laissez-moi vous présenter une de leurs facettes:
Vous rentrez dans la ville des Gonaïves où l’insalubrité est installée depuis le passage du cyclone Jeanne d’il y a trois ans. Les rues sont impraticables avec les immondices, les marchandes, les multiples nids de poules sur la chaussée, les eaux croupissantes des pluies, les mobylettes-taxis et les nuées infernales des moutisques qui vous harcèlent tout au long des jours et des nuits. Vous pénétrez dans une école de la place et là, vous vous retrouvez dans une oasis de joie, de paix et de propreté. Encore plus étonnante est la tenue étincelante des élèves petits et grands. Comment sont-ils arrivés avec des chaussettes aussi blanches par ces rues boueuses en certains endroits et majoritairement poussiéreuses !
Quand vous saurez qu’une maman a doté sa fille d’un uniforme neuf juste pour qu’elle lise un discours au ministre de l’Education Nationale, vous pourrez peut-être vous étonner d’un tel comportement chez ces personnes vivant dans une ville sale à souhait sans avoir l’air d’en être incommodés. (à suivre)
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