Archive for October, 2007
La découverte de Marchand-Dessalines a été pour moi très rafraîchissante et enrichissante sur bien des points, en dépit du Nordé qui soufflait ses rafales de poussière.
Je peux dire sans risque de me tromper que de toutes les villes visitées c’est elle seule qui fait l’effort de renaître. Toutes les maisons sont reconstruites ou presque. Leur style moderne affiche ce nouvel élan qui anime la communauté.
Alors qu’ailleurs ce qui existait n’est plus, ici tout ce qui manquait se constitue.
La première photo que vous pouvez admirer montre un des forts construits par Dessalines après l’indépendance. Il avait choisi La ville de Marchand sertie par de hautes montagnes, pour en faire sa capitale. Les forts autour, au moins sept, devait défendre la seule entrée.
La maison au pied de la colline, abrite un commerce d’eau potable dont l’enseigne que vous lisez sur la clôture est un jeu de mots avec la sainte patronne de l’endroit, Claire.
La deuxieme photo est la Mairie, modeste mais pimpante, puis vous pouvez admirer quelques ambiguites:
Une route asphalte bordée de maisonnettes en décrépitude, un pont artisanal précaire sur lequel roule une bicyclette, un cyber-café installé à l’abri des tôles d’une construction inachevée arborant malgré tout une antenne parabolique.
Puis vous admirerez le centre culturel CLAC construite dans une cour agréable et fraîche. La bibliothèque est bien garnie et bien ordonnée et surtout bien fréquentée.
Il ya sur place deux coquets hotels modernes, une radio-télévision et une radio assez puissante pour desservir les localités avoisinantes.
La réputation de cruauté de notre empereur n’a laissé aucune trace dans sa ville, un coin paisible et à l’avenir riche.
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Papa veux-tu jouer avec moi ?
Un jeu tout simple qui amuse le garçonnet au possible. Est-ce le fait de se tenir le menton ou de se regarder dans les yeux qui lui plait ? Il ne le sait pas lui-même peut-être, cependant après avoir essayé maintes et maintes fois avec toutes les personnes autour de lui, le voià sollicitant son père avec élan.
Tu veux bien jouer avec moi, hein papa ?
Comme papa veut bien, ils s’installent l’un en face de l’autre chacun tenant le menton de l’autre et se regardant, tandis que l’enfant chante la comptine :
Je te tiens tu me tiens par la barbichette,
le premier de nous deux qui rira aura la tapette .
A la fin du chant les joueurs doivent se fixer dans les yeux sans sourciller attendant celui qui rira. A ce moment, il dit :
Je me vois en toi comme un reflet .
J’ai trouvé la réflexion charmante et à mon avis il a exprimé une vérité et son amour tout à la fois.
Se voir en l’autre est une belle preuve d’amour !
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Si vous avez l’occasion de visiter nos campagnes, vous côtoierez des jeunes gens à motos, vêtus à la dernière mode, ornés de bijoux, alors qu’ils habitent des paillotes.
A la devanture de certaines maisons en tôle assez coquettes, le repas du soir se cuira sur un foyer primitif fait de trois grosses pierres où des bûches de bois brûleront sous une chaudière qui peut-être aura été réparée par une pâte faite de bananes vertes. Cette substance collante fera mieux qu’une soudure. Incroyable pas vrai !
Chez nous Haïtiens ces traits typiques ne se résument pas à ceux dont je vous ai parlés mais il faut bien mettre une fin au texte. Cependant je rappelerai les Toyota Land Cruiser luxueuses se balançant dans les chemins cahoteux menant à leurs demeures.
Nous sommes un peuple réunissant traditions et contradictions dans notre culture sans aucun mode d’emploi, on suit nos émotions du moment tout simplement.
Venez donc vous laisser fasciner par ce côté insolite qui fait tout notre charme.
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Le sens de la propreté, nous l’avons chez nous en excès mais à notre façon, qui ne renferme pas forcément des notions d’hygiène. Ainsi vous ne vous étonnerez pas de voir des gens se laver dans les rigoles pouvu que l’eau soit claire. Ils lavent leur nourriture avant la cuisson, tant de fois qu’ils n’y laissent plus aucune vitamine. Mais qui mange pour sa santé chez nous ? La nourriture est un plaisir d’abord, la santé vient après comme priorité secondaire, et encore si on est malade.
Les salades sont laissées au lapin, mais les feuilles comestibles sont employées en légume avec viande et beaucoup d’huile. Cependant dans les restaurants de rue, vous trouverez une petite poignée de laitue et une tranche de tomate pour justifier une cuisine recherchée et digne du prix qu’on vous fera payer.
Vous aurez beau expliquer comment faire un potage, la cuisinière vous ajoutera inévitablement du piment, vous convaincant de l’obligation où elle se trouvait d’en ajouter; ce mets étant si insipide !
Les régimes sont inutiles car, la graisse est belle femme. Si vous y êtes absolument contraints, tout le monde vous plaint car vous vivez une catastrophe qui vous empoisonne l’existence. Au fait l’obésité est un signe d’opulence qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. Néanmoins, on se laissera aller seulement après avoir convolé ou fè afè ( se mettre en couple. )
Nous sommes un peuple très patriote, très indépendant. C’est pourtant nous qui réclamons la présence des forces onusiennes chez nous.
Les artistes réalisent des miniatures des chars et des hélicoptères de la force d’occupation, en utilisant des bouteilles en plastique. Pourtant ils ne trouveront pas incongru de placer le drapeau Haïtien sur ces véhicules-jouets ornés du sigle UN. (à suivre)
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Aujourd’hui, je voudrais vous entretenir d’un sujet fascinant: il s’agit de mes compatriotes. J’ai beau être une des leurs depuis deux cents ans et plus, je m’ébahis encore et toujours de leurs prouesses, de leur intelligence, de leurs ruses, de leur paresse et de leurs multiples talents artistiques.
Où pourrais-je commencer ? Par les chaudières qui se collent, les objets d’arts faits de tout et de rien, leurs coutumes ou leur amour du carnaval ?
En attendant de prendre une décision les concernant, laissez-moi vous présenter une de leurs facettes:
Vous rentrez dans la ville des Gonaïves où l’insalubrité est installée depuis le passage du cyclone Jeanne d’il y a trois ans. Les rues sont impraticables avec les immondices, les marchandes, les multiples nids de poules sur la chaussée, les eaux croupissantes des pluies, les mobylettes-taxis et les nuées infernales des moutisques qui vous harcèlent tout au long des jours et des nuits. Vous pénétrez dans une école de la place et là, vous vous retrouvez dans une oasis de joie, de paix et de propreté. Encore plus étonnante est la tenue étincelante des élèves petits et grands. Comment sont-ils arrivés avec des chaussettes aussi blanches par ces rues boueuses en certains endroits et majoritairement poussiéreuses !
Quand vous saurez qu’une maman a doté sa fille d’un uniforme neuf juste pour qu’elle lise un discours au ministre de l’Education Nationale, vous pourrez peut-être vous étonner d’un tel comportement chez ces personnes vivant dans une ville sale à souhait sans avoir l’air d’en être incommodés. (à suivre)
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Une journée en “ique” comme qui dirait, bénéfique, ou mystique ou tout simplement magnifique ! pourquoi pas ?
Une journée où des humains se rencontrent pour échanger des idées, réfléchir ensemble, rire et prier comme des gens heureux de se sentir frères et soeurs d’une même communauté, vivant sur notre belle planète et contents d’y être.
C’est à une journée dans le genre que j’ai été conviée, et ma foi, elle a bien mérité les adjectifs en “ique” précédents, employés pour la qualifier.
Je peux lui ajouter sans crainte de me tromper : instructive tout en étant récréative, sérieuse et joyeuse tout à la fois. Pour rire nous n’avions pas eu besoin d’alcool. Pour partager, pas de contrainte non plus, seul notre bon vouloir.
On dit souvent des bonnes choses qu’elles sont de courtes durées et, à force de la répéter, l’expression finit par s’imposer comme une vérité. Il en est ainsi de beaucoup de choses dans notre comportement, s’affirmant et se généralisant jusqu’à faire croire en leur véracité. Pourtant, tout le monde sait que le fait pour un grand nombre de personnes d’agir dans un sens donné n’est pas forcément la preuve qu’elles ont raison.
Et pour confirmation, cette journée sans “hic” qui a valu à tous les participants des heures enrichissantes. Ces moments de bonne humeur, de méditation et de réflexion se sont prolongés, pour démentir l’assertion qui veut donner une durée minimum à toute joie.
Ainsi on aura la nuit et la semaine pour jouir encore des bienfaits de la rencontre. Quant aux bonnes résolutions prises à partir de tout ce qu’on a appris, elles seront tenues, même avec quelques défaillances, car elles ont été acquises comme nécessaires à tout épanouissement.
Je terminerai par le mot mirifique pour définitivement marquer cette journée du 17 octobre, en dépit du souvenir douloureux que cette date nous apporte à nous Haïtiens.
Mais puisque la vie continue, ne ternissons pas les heures vêcues avec de la tristesse, prenons plutôt enfin la décision, non pas de commémorer le crime du Pont-Rouge, mais d’en tirer les leçons qui s’imposent pour réaliser l’unité qui nous fait tant défaut.
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