Archive for April, 2007
Il était un homme, dynamique, passionné, libre et fier, désireux de transmettre cette fierté et cette liberté de son coeur à ses compatriotes. Il ignorait peut-être que la liberté se prend et la fierté se mérite, à moins que son amour ne soit si grand qu’il le crût tout-puissant. Et en effet l’amour est tout puissant, cependant il faut pouvoir le rencontrer dans son coeur et le faire grandir. Il fut fauché par une balle traîtresse encore jeune et sa mission inaccomplie. Néanmoins, il nous a laissé une poésie que je prends plaisir à vous transmettre. Dans ses rimes il marie agréablement les chansonnettes, et comptines qui animaient l’enfance et la jeunesse des petits haïtiens qui pouvaient encore jouer et rire. La voici :
“Trois fois passer la”
C’est un petit air qui me revient
Du plus loin de mes souvenirs.
Ma soeur, nous étions gosses,
Elle avait ramené de l’école…
“C’est la dernière qui restera”.
Ça ne va pas non, j’peux pas
Etre la dernière, j’suis un p’tit garçon
Pas une petite fille.
“J’ai perdu ma fille
Quelque part en ville”,
Les filles perdues se donnaient pour presque rien,
Pour ne, presque pas mourir de faim.
Mais nous étions trop jeunes pour le savoir.
“Qui a mangé les bonbons de mes bonbons ?”
Et les “tites” filles qui n’en n’ont jamais eus
Se fabriquent des poupées avec de la boue,
Petits bébés noirs, nus, comme eux démunis,
Qui s’effritent à mesure qu’on les berce
” Dodo titite manman-li”
Dors “titite”, la misère est une araignée-crabe
Qui du jardin, te guette,
Car les roses que les tiens y cultivent ont la senteur du venin.
“Je te réveille, de la part de qui ?”
De la part de A.M.O.U.R .
Si tu veux endimancher ta beauté,
Accroches en guise de fleur, un coeur
Qui saigne à tes baisers.
“Avez-vous vu? Avez-vous vu ?”
C’est un petit air qui me revient
Du plus lointain de mes souvenirs,
Ma soeur, aurait-elle oublié! ?
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Cours échappe-toi ! Fais face ne t’en va pas ! Voilà deux injonctions contradictoires, et les deux semblent impératives. Alors à laquelle des deux obéir ? Au fait, à mon avis les deux sont valables; néanmoins il faut choisir le moment et les circonstances pour chacune.
Ainsi, face à un danger imminent, la fuite peut se révéler vitale, le corps alors sécrète suffisamment d’adrénaline pour booster l”organisme et le préparer à courir, c’est une défense programmée dans les cellules. Par contre quand il s’agit d’un problème à résoudre, d’une situation à gérer, c’est notre ego ou notre mental qui nous inspire souvent une attitude de fuite; c’est alors là où l’injonction de face face, a toute sa valeur. Car ce qui nous est donné de vivre, fait partie d’un scénario qu’il nous faut impérativement jouer. Tant que notre rôle ne sera pas assimilée, les circonstances se représenteront sous des faces diverses mais toujours présentes. Fuir mentalement ou même parfois physiquement ne fera que retarder l’échéance.
Ce sont ces réflexions que j’ai voulu partager avec vous chers amis car j’ai expérimenté souvent et j’ai entendu les gens vivre des faits similaires aux miens, avant de conclure que faire face à la vie est la seule attitude valable. Elle a en plus son aspect positif qui vous gratifie et vous laisse content d’avoir bien agi mais surtout la certitude d’avoir appris et d’avoir grandi.
Puissiez-vous avoir la joie de vous faire face et de gagner de vous à vous c’est la plus belle des victoires.
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Ce sont des merveilles réalisées avec de la glace, admirez-en la finesse et l’élégance !



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Chapitre Premier
- Sèche tes larmes, retire ton épine du pied et frappe la zone douloureuse avec un caillou, cela passera.
Ceci s’adressait à la petite fille de trois ans que j’étais. La rencontre de mon peton avec cette effrayante épine du bayawonn fut très éprouvante. Mais je n’aurais pas voulu renoncer à cette randonnée familiale. Cet épisode fut ma première leçon de courage. A l’injonction de ma mère, j’enlevai l’épine et fis comme elle me le recommandait. Puis, je continuai vaillamment sur mon talon endolori ma pérégrination à travers les sentiers rocailleux et feuillus de Pica, montagne dominant la propriété secondaire de mes grands-parents, Lambert.
La tradition me dépouillait de mes chaussures urbaines de juillet à septembre. La conviction maternelle, m’obligeait à profiter au maximum de la rosée et de tout autre avantage de la marche au naturel, tout comme la plante à laquelle j’étais comparée. Mon enfance et mon adolescence s’épanouirent donc en pleine nature dès la fermeture des classes. Alors, nous pliions bagages, heureux de nous évader de la ville, mes frères et moi. J’ai ainsi grandi partageant mon enfance puis mon adolescence avec les oiseaux à Lambert.
Le matin, on jouissait de la cascade froide pour se laver ; mais le soir, on se contentait de la douche simplement ordinaire. La tombée du soir réunissait la famille autour de la table à manger sur la galerie. On échangeait les devinettes ou les contes chantés, mes favoris, en dégustant une infusion de guérimaux, de basilic ou de mélisse. Mon goût pour les infusions odorantes date de cette période. Les histoires de Bouqui et de Ti Malice, personnages incontournables de notre saga, étaient forcément du répertoire de la soirée. La lampe à kérosène attirait toutes sortes de bestioles, comme les hannetons et les lucioles ou koukouy que j’attrapais. Les pas hésitants d’un hanneton sur le revers de ma main, m’amusaient bien, d’autant que j’étais la seule à ne pas en avoir peur. Les lucioles enfermées pour un très court moment dans un bocal, me servaient de lampe de poche originale. Je les laissais partir bien vite après m’être émerveillée de la lumière qui émanait d’eux. Souvent il m’était donné la possibilité de suivre l’évolution de la chenille en papillon. Dans une boite d’allumettes vide, j’enfermais la chenille avec des feuilles de pois congo, chaque deux jours je faisais une inspection discrète jusqu’à ce que le cocon se forme Mais là s’arrêtait l’expérience car je ne pus jamais admirer le papillon s’envolant dès l’ouverture de la boite…
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Gen de moman nan lavi sa-a
Pa gen anyen kap roule swa
Ti ke’w, lespwa
Se poblèm la vi sa-a
Men pouki sa nap viv konsa ?
Nan kè’w, gade
Men soley-la
Se la li ye
Pa bliye sa
Menzanmi gade lesansyel
Nagen sekrè lajwa
Konsa, lafwa
Afè lavi sa-a roule bel
Pouki pa tankou siro myel ?
Lavi sa-a
Sa se yon chwa,
Fè bon chwa
Pou soley-la
Klere tout tan.
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Quand j’étais enfant, ma marraine possédait de très jolies cartes de voeux qu’elle conservait. Plusieurs étaient des cartes d’amoureux, mais quelques-unes s’ornaient de poissons en relief ou en dessins avec des pêcheurs à la ligne. Je ne me lassais pas de les regarder dans l’album où elle les avaient rangées. Poisson d’avril voulait dire des attrapes à faire à notre entourage. Je ne m’imaginais pas vraiment la raison de s’envoyer des cartes postales aussi élaborées, je me demande encore pourquoi. Je ne pense pas avoir revu des cartes postales de ce genre et avec ce thème. Les années passant j’oubliai complètement les poissons d’avril, rares sont les enfants qui en ont entendu parler, surtout branchés sur les jeux vidéos et les games cubes.
C’est donc la dernière chose à laquelle j’aurais pensé ce matin en ouvrant msn.fr. On y annonçait en première page l’ajournement des élections présidentielles, à cause des urnes électroniques non encore fonctionnelles. Curieuse de savoir comment un tel fait pouvait arriver dans un pays si organisé, j’ouvre la rubrique, car des irrégularités de ce genre nous ressemblaient mieux. Mais je me dis : connaissant nos origines à moitié françaises il faut croire que nous tenons nos négligences de nos pères. Et c’est ainsi que je tombai dans le panneau. Il s’agissait d’un énorme Poisson d’Avril ! Nous sommes tout autant capables de passer en dérision les choses sérieuses. Nous tenons d’eux sans nul doute pour l’humour et les jeux de mots.
Et je me rappelai une année ou une radio de chez nous, Métropole, avait fait courir la moitié du pays avec son original poisson d’avril de ce temps là. Elle avait annoncé tôt au matin qu’un énorme cachalot ou un chien de mer je ne m’en souviens plus, avait échoué sur nos rives. Les port-au-princiens avaient couru en masse, et les provinciaux étaient restés pendus à leur appareil attendant le déroulement de l’évènement. Car pensez donc un animal pareil est inconnu de nos mers ! La presse s’était déplacée appareils photos en main, chaque journaliste désireux de faire un scoop. Enfin, beaucoup ont été vexés d’avoir été pris, mais finalement l’aventure ne réclamait que de grands rires et on ne s’en priva pas. Les gènes français avaient agi une fois de plus.
Pourtant, la saine mesure est toujours de rigueur, car toute bonne plaisanterie doit être de courte durêe et surtout ne pas dépasser la limite du faisable, en annoncant par exemple une mort à quelqu’un qui pourrait en souffrir et même en mourir à son tour. Je connais un garçon malicieux qui ne s’était pas privé de causer une belle angoisse à sa mère avec une telle annonce. Il avait l’excuse de son très jeune ãge, mais des adultes sont tout à fait capables d’agir avec désinvolture, et poisson d’avril peut ne plus amuser.
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La chaine de RFO Fr3, Ô quotidien a diffusé les images navrantes de mes compatriotes débarquant sur les côtes de la Floride. C’était comme un fait divers. Cela fait si longtemps qu’ils se jettent à l’eau au propre comme au figuré ! Aucune action n’a encore été entreprise pour qu’ils aient du travail et un logement décent au pays ou ailleurs. On parlait plutôt des expériences avilissantes pratiquées sur les boat people arrêtés et entreposés à Guantanamo. Cependant j’ai retenu que les garde-côtes ont été morigénées par leurs supérieurs pour les avoir laissé passés jusqu’aux rives américaines. Je vous laisse le soin des commentaires.
Passez un très bon dimanche, sans oublier d’avoir une pensée pour nos frères en détresse.
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