Archive for April 9th, 2007
” Ne touche pas à ce couteau, tu pourrais te blesser ! “
” Ce n’est pas un jouet pour les enfants “.
” Il est l’heure d’aller au lit, les enfants doivent beaucoup dormir pour grandir ! “
” Ce n’est pas un film que tu peux voir c’est pour les adultes. “
On doit céder sa place à une grande personne, la respecter, ne pas lui répondre et surtout lui obéir. Ces principes énoncés avec conviction, ont été longtemps la base de toute bonne éducation. Mais, tout en marquant une différence entre le monde adulte et celui des enfants, ces derniers recevaient l’exhortation de se comporter comme un grand quand ils se faisaient mal. C’était l’occasion de leur demander de se hisser juqu’au monde de l’adulte, en faisant taire leur douleur et en ravalant leurs larmes.
” Tu es un grand garçon, tu es une grande fille. “
Ces agissements dont je vous parle étaient en vigueur dans mon enfance, quand l’enfant de ce temps là en était un. Les années se faisant plus perturbantes, les contraintes monétaires plus stressantes et les malaises sociaux plus préoccupants, on voit surgir une nouvelle race. Celle de petits bouts d’hommes et de femmes que l’on continue d’appeler enfants, mais qui n’en n’ont plus les caractéristiques. C’est une race à part. L’intérêt qu’une majorité lui porte est égoïste prioritairement. Les êtres qui la constituent est le marché le plus juteux dans le monde après celui des femmes.
Les jouets électroniques ont pululé parce que les demandeurs sont des petits beaucoup plus intelligents que leurs géniteurs. Ils manipulent les games cubes et les consoles vidéo avec compétence et performance. Les vêtements adultes ont rapetissé à leur taille, il n’y a pas de mode enfantine désormais. Le marchand de sable ne passe plus dans les maisons ou plutôt, ils viennent pour les parents épuisés qui ne controlent plus très bien la situation. Alors, on voit les mini-adultes passer de longues heures à la télévision aux heures de la nuit tandis que les parents s’écroulent.
Les films interdits sont passés des moins de vingt ans à moins de treize ans. A regarder ces films, je les trouve violents, avec des dialogues grossiers. Leurs histoires ne véhiculent aucune morale et souvent elles sont sans tête ni queue. Les dessins animés qui en principe s’adressent aux petiots de un à huit ans, sont eux-aussi plein de violence et les personnages sont d’une laideur ! Peut-on s’étonner des enfants soldats, assassins, trafiquant dans des réseaux pour pédophiles, ouvriers dans les usines, les préférant à cause de leurs doigts délicats ! Ces génies petits seulement par la taille, travaillent dans les mines, ils font les corvées dans les maisons pauvres ou aisées, quémandent ou se prostituent dans les rues au profit d’un proxénète. On les voyaient opérer adolescents, ils ont entre six et dix ans désormais.
Des associations essaient de les accueillir pour les orienter différemment, mais, ils ont grandi sans enfance comme Les Enfants de la Guerre de Charles Aznavour. Leur avenir est incertain. Ils attendaient des adultes qu’ils soient là pour les accompagner et les aider à grandir, mais beaucoup ont préféré le rôle de nourriciers trouvant plus commode de placer les gosses dans des maisons d’accueil, des pensions ou chez des membres de la famille quand ils s’en trouvent. Quand ils cohabitent, rares sont ceux qui voient ces enfants (appelons-les ainsi faute de mieux) avec leur interrogations et leurs angoisses. Ils sont considérés comme des partenaires, mais d’un genre particulier, puisque les bénéfices qu’ils rapportent ne sont pas partagés.
Vous adultes, en théorie des personnes dotées de raison, qu’avez-vous fait à vos enfants ! ? Pensiez-vous que les laisser grandir serait du gaspillage de temps !? Leur petitesse qui devait inciter à leur protection est au contraire utilisée pour des vols et l’apitoiement. Je pense que la dénomination enfant ne convient plus pour nommer cette engeance, ils ne sont plus des enfants. Bientôt, les quelques échantillons subsistant encore dans cette catégorie, se retrouveront dans les zoo, exhibés comme des êtres étranges. Y avez-vous pensé ?
On s’émeut ces jours-ci du réchauffement de la terre qui risque de devenir une planète morte ne pouvant servir d’héritage à nos enfants. Pourtant, il est tout aussi urgent de s’alarmer de la disparition de l’enfant dans l’enfance. Nous pourrions ne plus avoir de légataires du tout. Ils s’entretueront ou seront décimés par le sida. Ils rempliront les prisons ou disparaitront à force d’avoir été utilisés à outrance.
Il n’est pas trop tard, chacun dans sa sphère, soyez un parent attentionné, préservez votre enfant, c’est celui qui croise votre route. Que les petits puissent redevenir enfants !
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Je n’ai plus sommeil
Je me réveille.
la maison vide de présence
Semble dormir en silence.
Mais la modernité
A laquelle je veux m’habituer
Ponctue de points lumineux
Ce silence voulu généreux.
C’est encore ou le frigo
Ou le climatiseur en haut.
L’un repart en chantant
L’autre se manifestant.
Il faut bien s’adapter
En y voyant le bon côté.
Au moins, pas de sueur
Intense dans la chaleur.
Et pour la nourriture,
Nulle crainte de pourriture.
Vive la technologie
Qui simplifie la vie.
je profite de l’ordinateur
En ce moment de l’heure.
Je rédige mon courrier
Sans aucun besoin de papier.
C’est un message électronique
Envoyé en un clique.
Que je suis chanceuse
Et combien heureuse
De pleinement vivre
Ces instants qui se livrent.
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Dieu prit la rondeur de la lune et l’ondulation du serpent. L’enlacement de la plante grimpante et le tremblement du gazon. La sveltesse du roseau et la fraîcheur de la rose, la légèreté de la feuille et le velouté de la pêche, le tendre regard du chevreuil et l’inconstance de la brise. Les pleurs du nuage et la gaieté du rayon de soleil, la timidité du lièvre et la vanité du paon. La douceur du duvet qui garnit la gorge des moineaux et la dureté du diamant. Le goût sucré du miel et la cruauté du tigre. La froideur de la neige et la chaleur du feu. Le caquet du geai et le roucoulement de la tourterelle. Il mêla toute ces choses et en forma la femme…
Elle était gracieuse et séduisante et, la trouvant plus jolie que l’ibis et la gazelle, Dieu, fier de son oeuvre l’admira et il en fit présent à l’homme. Huit jours après, l’homme penaud vint trouver Dieu et dit : “Seigneur, la créature dont tu m’as fait don, empoisonne mon existence. Elle bavarde sans trêve, elle se lamente pour rien; elle pleure et rit tout à la fois, elle est inquiète, exigente, tracassière, elle est toujours après moi, elle ne me laisse pas une minute de repos ! Je t’en prie, Seigneur, reprends-la, car je ne puis vivre avec elle.
Et Dieu, paternel, reprit la femme. Mais, au bout de huit jours, l’homme revint vers Dieu et dit : Ma vie est bien solitaire depuis que je t’ai rendu cette créature. Elle chantait en dansant devant moi. Et quelle suavité d’expression quand elle me regardait, sans tourner la tête, du coin des yeux ! Elle jouait avec moi et, il n’y a sur les arbres aucun fruit qui soit aussi bon que ses caresses. Je t’en prie, rends-la moi, je ne puis vivre sans elle.
Et Dieu lui rendit la femme. Huit jours s’écoulèrent encore, et Dieu fronça les sourcils en voyant l’homme revenir avec la femme et la pousser devant lui en disant : ” Seigneur je ne sais comment cela , mais je suis bien certain que cette créature me produit plus d’ennuis que de plaisirs. Reprends-la , je n’en veux plus. A ces mots, Dieu se mit en colère, et s’exclama : ” Homme retourne dans ta hutte avec ta compagne. Si je le la gardais, dans huit jours tu m’importunerais pour la ravoir “.
Et l’homme se retira en se disant : ” Malheureux que je suis, deux fois malheureux, car je ne puis vivre avec elle, je ne puis vivre sans elle “.
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