Archive for March, 2007
En traversant la piste menant à l’avion qui devait me ramener du Cap, je croise une étrange boîte trouée d’où sortait la tête et le poitrail d’un bouc à barbiche. Il semblait appartenir à une race particulière car les cornes étaient soudés à leur bout et les poils noirs du pelage pendaient sous le cou de l’animal. J’entendis quelqu’un demander si le cabri prenait aussi l’avion. Sa question retrouvait la mienne bien que celle-ci fût formulée silencieusement. Mais celle de mon fils à l’annonce de la nouvelle fut comique au possible, la voici : ” Le cabri portait-il la ceinture sur son siège de passager?”
Le malheureux rejoignit les bagages dans le réduit affecté à cet effet car aucune ceinture ne lui était réservé bien sûr. C’était assez cocasse de le voir dans sa boîte aérée à l’excès alors que sa tête dépassait largement de son emballage. Peut-être pensait-on l’enfermer en entier à l’origine, mais vu l’exiguité de la boîte, on n’y garda que le corps. La malheureuse bête était aussi déroutée que nous de se retrouver en notre compagnie. Il n’arrêta pas de bêler, avec des accents de détresse dans la voix quand l’avion se mit à se balancer sous l’action de forts courants d’air. Quel sera son avenir après les tortures de son corps endolori, il avait les membres liés, et ses peurs ?
Ce fut pour lui et nous une première. Je lui souhaite une mort rapide s’il est destiné à la boucherie, car ce voyage lui restera comme un mauvais souvenir s’il doit en plus subir une longue captivité.
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Vue sur le Puilboreau sur la route du Cap-Haïtien
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De retour de mon déplacement, comme promis je vous ai rapporté quelques images dont voici la première.
J’espère que vous avez eu un très bon week-end.
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Chers Amis du Net,
Je pars ce matin pour le Cap-Haïtien où à nouveau mes obligations m’appellent. Peut-être que je n’aurai ni le temps ni les moyens de vous écrire, cela ne m’empêchera pas de penser à vous et de vous rapporter de belles photos. Durant mon absence, prenez soin de vous et patienter.
A bientôt, amicalement Nancy
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Dans cette atmosphère souvent mélancolique, un rayon de joie est amené de temps en temps par une voisine appréciée. Sa main écrit : C’est un bonheur d’avoir la compagnie de Mme Untel, elle est toujours heureuse ! Tes dernières lignes tremblotantes m’ont fait penser un moment à une intrusion dans ton intimité, mais j’ai plutôt penché pour du rhumatisme déformant car les sujets étaient les mêmes. En plus des peines de coeur, il a fallu à ta propriétaire des souffrances physiques, elle aura donc tout enduré avant le grand départ !
Comme ta petitesse a arrêté les confidences, il me plait d’inventer à cette femme qui te posséda une certaine aisance, ne voulant croire qu’elle n’ait eu aucune compensation même illusoire. Le ciel laisse toujours une part de bleu dans les malheurs. Et puis, nous la doterons de splendides yeux de jais la nimbant d’une beauté quasi divine, elle qui avait une foi si vibrante ! Nous la ferons partir relativement jeune; pourquoi persévérer dans la souffrance ? De plus, nous lui garderons le brillant de ses yeux jusqu’au bout. Son arrivée solitaire dans l’ailleurs sera accueillie avec joie par les anges dont elle faisait partie.
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A trente-cinq ans, la femme esseulée crut rencontrer l’âme soeur. Mais les plaintes silencieuses des pages révélèrent une toute autre réalité. Le mari était désigné sous un diminutif, sûrement par souci de cacher aux siècles à venir la douloureuse vérité. Mais le coeur en dépit de tout, rempli d’amour pour l’homme de sa vie, continua sa quête. Cependant l’époux manifesta une si grande indifférence qu’un jour, sa compagne joua à la disparue pour l’émouvoir. A-t-elle réussi ? Il semble que la réaction de son fils seule, ait mis du baume sur ses peines.
Dans l’entourage de cette femme, une soeur célibataire, jalouse et envieuse car la croyant mieux nantie. Après la perte des parents et l’exil des orphelins en terre lointaine par des tuteurs avides, l’affection de la grande soeur sur laquelle elle pensait pouvoir compter, se détériora à son mariage. Peut-être commençait elle à s’effriter bien avant, ne disait-on pas que la jeune soeur était plus jolie ! L’unique frère se souciant très peu des soeurs est à peine mentionné, on découvre le peu d’affection parentale de ce côté. Avec générosité, la malheureuse du carnet partagea son aînée avec la tante-marraine. Elle perdit peu à peu l’affection de sa fille tout au long des séjours que celle-ci faisait à sa tante pour combler sa solitude de célibataire. Elle se contenta de celle du fils unique quand elle découvrit l’admiration sans borne de sa cadette pour le père. Cette situation pourtant se laissa deviner, car aucun endroit de ton espace ne mentionna l’existence de fille, dans l’expression : ” Mes enfants, c’est pour vous que je veux vivre, puisse Dieu me le permettre !” On soupconne le sexe des autres enfants en lisant plus loin : ” Mon petit garçon si sensible ! ” Je préfère la doter de trois enfants jugeant le nombre raisonnable, mais qui sait si cela était exact. (à suivre)
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