Archive for March, 2007
Plage touristique dans la zone du Cap-Haïtien fréquentée par des étrangers croyant aborder un autre pays puisqu’ il semble que tout le monde doit fuir les rives de notre République. Pourtant ils sont bien en Haïti.

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Ici vous avez une vue d’une des plages du Sud-Est près de Jérémie

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J’ai reçu ce matin de splendides photos d’un compatriote Jérémien voulant faire connaître les sites merveilleux de notre pays, je vous en passe quelques-unes pour vous donner envie de venir un jour connaître notre île. Ici vous avez le fameux Bassin Zim, une chûte de la zone de Hinche dans le Plateau Central.

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Je suivais l’eau à la trace, assise dans la voiture qui me conduisait. Elle dégoulinait d’un camion-citerne, pris comme moi dans l’embouteillage de l’heure. La personne destinée à recevoir cette eau la paiera cher. Elle sort de la plaine où se trouve le puits et elle va à la montagne où elle sera livrée. Le camion n’a pas cessé de la renverser sur son parcours, dès le moment où il a été rempli. Ne me demandez pas pourquoi il est muni de ces ouvertures qui laissent le précieux liquide se répandre par terre et se gaspiller.
Le chauffeur à mes côtés interrogeait à haute voix : “ Konbyen galon achetè-a ap fini pa peye sou 3000 kamyon-an swa dizan pote ? (combien de gallons l’acheteur finira-t-il par payer sur les 3000 supposés du camion ?) Moi je me disais : ” Pourquoi une personne ne profiterait-elle pas de ce robinet ambulant pour s’approvisionner ?”
Une femme ayant peut-être reçu mon message, se présenta quelques mètres plus tard, sa cuvette à la main. Je dis au chauffeur : ” Elle pourrait remplir un seau car nous n’avançons guère”. Le moment d’après, elle déposait sa bokit (seau) par terre devant mon pare-chocs.
Elle avait été servi à domicile par son robinet ambulant. Son rire cristallin lancé pour saluer sa prouesse, a été reçu comme une gratification d’une créature à son créateur, garantissant toujours l’abondance à tous ceux qui veulent bien la voir et se servir là où elle se manifeste.
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La télé ne tarit pas d’émissions sur les femmes qui sont présentées comme les éternelles victimes des hommes. Pourtant hier, quelqu’un a émis une opinion que je rejoins tout à fait, la voici : ” Pour que les hommes cessent de violenter les femmes il faut que celles-ci cessent de leur donner ce droit “. En effet, quand vous entendez des femmes avouer comme normal d’être battues parce qu’elles ont mal agi, et vous dire : ” Mon homme a le droit de me corriger”.
On se demande pourquoi on pense qu’elles sont des victimes. Elles poussent leur attitude effarante jusqu’à reprocher aux hommes respectueux, de l’être ! Alors, voilà un homme compréhensif, gentil et croyant à l’égalité des sexes, se voyant contraint d’agir contre ses convictions pour garder sa compagne aimée. C’est du délire me direz-vous! Et vous aurez bien raison.
J’ai été élevée avec des frères, des cousins, des amis de mes frères et de mes cousins. A la maison, les tâches ménagères étaient réparties entre nous sans aucune considération de sexe. Il y avait une heure obligatoire pour la rentrée et le repas en famille. Quand ma mère s’absentait de la maison, mes frères n’avaient plus le droit de recevoir leurs amis en soirée comme ils pouvaient le faire en sa présence. C’était la règle acceptée par tous, et la nuance subtile qui marquait une différence entre eux et moi. Cela n’enlevait rien à nos amitiés gardées avec la plupart, sans jamais eu à avoir d’histoire amoureuse avec eux. Je m’étonne encore d’entendre l’énormité qui s’énonce ainsi : il ne peut y avoir d’amitié entre un homme et une femme. Un homme aura toujours des veilléités de mâles mais c’est l’attitude de la femme qui lui vaudra de se faire respecter.
Je ne crois pas que mon expérience ait été unique, aussi puis-je sans peine affirmer que le travail primordial à entreprendre, est d’éduquer les femmes à se revaloriser, à se considérer comme des compagnes indispensables, des coéquipières à part égale, des mères, des soeurs, des amies, pouvant partager avec une franche honnêteté la vie des hommes en leur accordant la place qui leur revient sans perdre la leur. Car en devenant des femmes dignes, elles redonneront leur dignité aux hommes qui l’auraient perdu par leur violence.
Il faut donc tenir le problème par le bon bout. La bataille est perdue d’avance si l’adversaire est consentant. Et je crois que malheureusement les femmes de chez nous se croient vouées à l’esclavage comme à une destinée inéluctable.
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Hier à la télé j’ai noté une commémoration ayant lieu à Marseille sur le racisme. Enormément de jeunes et de moins jeunes participaient à cette fête pour dire non au racisme, mais j’ai surtout retenu la réflexion d’une jeune noire rapportant l’attitude de ses amis blancs qui avaient de la méfiance pour des noirs. Quand elle leur rappelait sa propre couleur, ses amis lui répondaient : “Avec toi ce n’est pas pareil, nous te connaissons”. Elle de conclure “En fait , ils ont peur.
LA PEUR ! voilà le grand méchant, le coupable de tous nos maux humains. Certaines peurs sont inconscientes, d’autres, entretenues par des à priori. Quand nous étions enfants, nous avions peur du noir, et même après que la lumière ait été faite dans la pièce, les peurs revenaient intactes, sitôt la lampe éteinte. La peur ne se raisonne pas, nous avons peur, nous nous complaisons dans la situation sans vouloir en sortir.
Je me souviens d’un gosse qui criait à la vue d’un masque porté par sa mère au carnaval. Sa maman avait beau lui expliqué que c’était elle sous le masque, rien n’arrêtait ses cris tant que le masque lui en cachait les traits. Nous avons gardé ce comportement irrationnel vis à vis de nos frères humains différents de nous. Et ici je ne parle pas de races, mais de personnes, car la peur est réciproque. On se méfie à plein temps, attachant des caractéristiques aux noirs, aux blancs, aux jaunes ou aux métis catégorisant, en oubliant qu’ils sont tous humains. Nous sommes d’une seule race : humains. Peut-être avons-nous besoin de grandir, sortir de l’enfance peureuse, allumer les lampes en nous pour éclairer nos ressemblances, les mettre en exergue, car les différences sont si peu en vérité !
Ce matin, une amie m’envoie un courriel, où elle m’avoue s’être libérée de ses préjugés contre le créole. Devant exécuter des travaux de traduction dans cette langue, elle a eu le temps de voir le bien-fondé de son travail, de la chance qu’elle offre ainsi à nos petits compatriotes créolophones vivant à l’étranger, de pouvoir suivre des cours scolaires. En rendant service, même payant, elle a vaincu sa peur. Car, qu’est-ce qu’un préjugé, sinon de la peur ? Peur de changer sa façon d’être, peur de ne pas avouer ses faiblesses, peur de dire pardon à l’autre, peur que l’autre ne se découvre en nous. Nous aurions pu nous étendre davantage sur les méfaits de la peur, mais je pense que ce ne serait pas cela l’essentiel. Le plus important est de sortir de l’enfance, s’affirmer comme adulte et raisonner en adulte. Ainsi nous abolirons la peur en nous et pourrons enfin regarder par le regard de l’autre.
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Agréable, appétissant refuge que ce sandwich pour cette petite au visage ingrat ! Pas n’importe lequel ce sandwich-refuge, un vrai régal chinois ! Il fallait qu’il soit bon pour accueillir la petite âme délaissée et il le fut. Cependant, la découverte du chinois et de son sandwich ajouta un condiment de plus à ces deux tranches de pain à la croûte épaisse, dorée, à la mie légère, souple et trouée…
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