Archive for March, 2007
Un léger chuintement frissonne au-dehors, est-ce la pluie ? Mais oui, elle est là, depuis le temps qu’on espérait sa venue ! Elle a voulu nous surprendre en s’amenant sur la pointe des pieds, et elle a réussi ; son déferlement subit a fait sursauter. Elle gicle de partout, les récipients vides qui traînaient sur la cour, sont déja remplis, il n’y a plus d’espace pour la contenir. D’où sort toute cette eau ? Aucun signe avant-coureur ne la laissait prévoir.
L’orage au loin éclate, la connection internet a été interrompue, la télévision aussi. Depuis le “réchauffement de la planète “, la pluie est anarchique. Elle ne respecte plus sa saison pour s’amener. Elle s’absente fort longtemps, puis elle vous envahit comme ces indélicats qui débarquent chez vous à une heure indue.
Ce soir, les plantes vont dégorger, les canivaux seront débordés et les plaines inondées. En dépit du tempérament irresponsable de la pluie depuis ces dernières années, je ne puis lui en vouloir. C’est une amie très chère que j’aime. je ne peux lui enlever mon affection parce qu’on n’aime qu’une fois pour toute. En aimant, on s’investit, on acueille et accepte l’autre sans rien lui demander en retour. Mais le verbe français aimer est de toutes les sauces pour exprimer des émotions ; alors souvent, on confond : aimer boire du café chaud, avec aimer son partenaire. Quand le café est froid, il est rejeté, comme le compagnon ou la compagne le sera pour n’importe quelle raison, ne serait-ce que parce qu’on n’est plus intéressé. N’oubliez pas pourtant que l’amateur de café, le prendra sous toutes les formes et aura de la peine à s’en séparer.
En anglais par contre, I love, se démarquera de I like pour exprimer le vrai attachement et bien que j’adore puisse mettre l’accent sur un excès de sentiment, il n’aura pas vraiment la même signification que love . Je découvre dans l’anglais classique, tellement de profondeur pour parler de certains états d’âme et de grandes vérités, qu’il m’arrive de me demander, si son origine ne viendrait pas de quelque continent perdu dépositaire d’une connaissance qui aurait perdurée à travers cette langue. Néanmoins, je dirai tout simplement : ” j’aime la pluie “, et mon coeur saura faire la différence quand il m’entendra avouer aussi, combien j’aime les bananes pesées .
La pluie continue de tomber, son rythme s’accélère, bien que l’orage ait cessé. Une petite brise m’apporte la fraîcheur extérieure, augurant d’une nuit agréable. Mais je ne puis m’empêcher de penser aux rues qui déborderont d’immondices, aux bidonvilles qui pourraient se noyer dans les lits asséchés où ils ont pris logement. On a beau expliquer à ces malheureux que l’eau garde en mémoire le souvenir de son lit et qu’elle peut décider de revenir chez elle sans avertir, ils n’entendent rien. Les leurs ont péri dans ces ravines occupées impudemment. Pourtant leur philosophie fataliste ne les incite pas à la prudence. Si les gens meurent par négligence, lè yo te rive ( leur heure avait sonné .) Sinon, bondye bon ( Dieu est bon.) Avec ces formules immuables, ils continuent d’investir les ravines taries, ils se suspendent au toît des autobus et font des connections électriques dangereuses dans leur habitat.
Le gouvernement les regarde faire. Il ne les aime pas encore assez pour leur apprendre à s’aimer eux-mêmes et les aider à faire les bons choix. Je souhaite qu’un jour nos dirigeants puissent nous aimer si fort, qu’ils mettent nos intérêts avant les leurs. Ainsi notre pays redeviendra la Perle des Antilles !
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J’ai eu la joie de découvrir une saison particulière que je ne connais pas dans mon pays. Pourtant mon coeur a frémi quand les feuilles ont crissé sous mes pas. Etait-ce la remontée d’un ancien souvenir surgi d’une autre vie ? Est-ce mon sentiment d’universalité ? Voici en tout cas ce qui est venu sous ma plume à l’écoute de mon coeur :
L’or des arbres s’effeuille
Garnissant rues et trottoirs.
La pluie dorée, ravit l’oeil.
L’automne hâte les soirs
Obligeant gants et manteaux.
Dans l’âtre, la bouilloire
Réchauffe les mains et l’eau.
Au-dehors, l’on frissonne.
Les nuages en écheveaux
Sous le vent tourbillonnent.
Quelques branches dénudées
Font joliment entrevoir
L’hiver hardi trop pressé.
D’autres encore garnies
Transmettent les au-revoir
D’un été déjà parti.
Une promesse de printemps
Colore de vert l’espoir
Des coeurs tendres et aimants.
Les auvents aléatoires,
Abritent de jolis moineaux
Qui s’inventent des perchoirs
Sur tout généreux linteau.
Dans les étals des marchés,
La saison offre des poires
Et des marrons parfumés.
Le saule de sa dorure
Frôle de l’eau le miroir
Où se mire sa parure.
Les colchiques dans les prés
Saluent d’un gentil bonsoir.
Ainsi se résume l’année
Dans son beau répertoire,
Pour mon âme émerveillée.
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Une goutte d’huile essentielle lapée sur le dos de la main, atteint le coeur de la cellule en deux minutes ?
Le gel de l’aloès guérit une conjonctivite en une journée ? Une brûlure légère en une nuit, ainsi qu’une coupure ?
Un chien peut être rancunier ?
Les oiseaux chantent pour saluer un évènement heureux chez les humains ?
Un sourire est le moyen infaillible pour vaincre la peur chez l’autre ?
Un mot mal prononcé est une disharmonie sonore ?
Personne n’est jamais seule même en étant isolée ?
L’arc-en ciel est beaucoup plus qu’un effet des gouttelettes d’eau à travers le soleil ? Le voir procure toujours un moment d’émotion, de sérénité et de joie que les couleurs réfractées par le prisme ordinaire ne provoquent jamais.
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J’ai toujours été fascinée par les proverbes en général, mais plus encore par ceux de mon pays. Les proverbes sont l’essence d’un peuple, de leur philosophie, de leur croyance. Voilà en peu de mots résumé tout un code de vie, tout un apprentissage à acquérir, toute la sagesse millénaire du monde transmise de générations en générations. Sagesse issue de nulle part, mais venue du plus profond de l’être, cette part invisible de nous a sa source dans un inconnu qu’on ne peut appréhender qu’avec son coeur et qui sera toujours une vérité personnelle difficilement explicable, mais si réelle !
Etant née et ayant grandi sur une île de nature fière, rebelle dans l’âme tout en étant bon enfant et puérile, j’ai vite compris que l’analphabétisme et la pauvreté pouvaient constituer un avantage en ce sens que chez nous l’essentiel réside chez les gens dits frustres. Les rencontrer pour pouvoir les apprécier est une chance énorme et leur contact procure une richesse inépuisable.
En vous livrant quelques échantillons de ces proverbes, j’espère que vous les aimerez et qu’à travers eux vous aurez une meilleure approche de notre peuple.
Dan pouri gen fòs sou bannann mi (les dents pourries ne peuvent mâcher que des bananes-plantain bien mûres) C’est une traduction approximative du créole en français; cela veut dire : les faibles ne s’attaquent qu’aux plus faibles.
Rayi chen di dan’y blan haïssez-le chien mais admettez que ses dents sont blanches ; même si vous haïssez votre ennemi, reconnaissez ses qualités.
Si andedan pa vann-ou deyò pa ka achte’w si les vôtres ne vous trahissent pas, les ennemis ne peuvent vous avoir.
Vle pa vle entèman pou katrè que vous le vouliez ou non, l’enterrement aura lieu à quatre heures ; ce qui doit être sera, en dépit de votre volonté propre.
Ou pa ka gen dlo jis lan ren pou pè pise sou-ou vous ne pouvez-pas craindre de pisser, avec de l’eau jusqu’aux reins ; vous êtes trop à fond dans une situation pour craindre le pire.
Byen pre pa lakay Etre bien prêt de chez soi ne veut pas dire que l’on est déjà arrivé ; avoir une certaine réussite ne veut pas dire La Réussite.
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Avec du jaune, bleu et rose
Un cerf-volant, se propose
De vaincre du noir, tout le noir
Où une main d’artiste
A cru le figer sans espoir.
Mais , fier et fort, il suit sa piste.
Son but et son attente, l’infini ?
Ses couleurs ont plein pouvoir.
Le bleu nous emmène au paradis,
Le jaune nous livre la sagesse du savoir,
Le rose enfin ouvre le coeur
Et nous guide vers l’amour !
Dans l’absolu, on devine ses pourtours.
On sent plutôt qu’on ne voit, ses couleurs.
Dans le noir intense de son cadre,
Il a laché les amarres du doute et de la peur
Librement il atteint le hâvre
Où se fera la fusion totale
Dans l’apothéose finale.
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Un échantillon des poissons pouvant être pêché dans nos mers. Savourez déjà le fameux court-bouillon que cela ferait !

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