La fluidité de l’aurore
Frémit des éclairs colorés
Eclaboussant partout le décor,
Révélant le passage des fées.
Les elfes aux ailes de lumière
Se cherchent dans les corolles
Où les abeilles ouvrières,
S’agitent en farandoles.
Est-ce un sylphe ou un papillon ?
Les vols argentés se confondent
S’entrelacent en un tourbillon
Magique, inconnu du monde.
De la source chuintante
S’élève un pur chant cristallin.
C’est l’ondine ravissante
Qui enchante le doux lutin.
Les arbres aux doigts fendus
Cachent le trésor des farfadets
Aux nez et aux regards tordus,
Qui résident dans les forêts.
Les gnomes, les trolls et les nains
Entassent dans les rochers creux
Des bijoux que la rosée du matin
Fera étinceller de mille feux.
Sur le nénuphar princier,
La nymphe gracile
Etale sa robe diaprée
Tout en faisant son joyeux babil.
Ces petits êtres invisibles
Aux yeux des gens incrédules,
Ne se rendent aujourd’hui tangibles,
Qu’à l’aube ou au crépuscule.
A ceux qui ont un coeur d’enfant
Voulant bien sûr les découvrir,
Ils se présentent gentiment
Avec leur joli sourire.
Le feu vivifiant et subtil
Nourrit les salamandres.
Créatures juvéniles
Habitant les méandres
Des longues flammes mouvantes.
Les esprits de l’eau, de la terre,
Unissent leurs voix vibrantes
A celles des êtres de feu et d’air.
Leur concert presque inaudible
Ne s’écoute bien qu’avec le coeur.
La mélodie ainsi perceptible
Ajoute à la vie une candeur
Et à l’âme tout plein de douceur.
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