Archive for March 23rd, 2007
Lady notre chienne ne parlait pas dans le sens où nous les humains nous l’entendons, mais elle s’exprimait et nous la comprenions. Chacun de ses aboiements avait un sens suivant leur tonalité tout comme les bébés. Le soir elle avertissait si nécessaire. A la maison, les chambres étant construites sur différents niveaux, elle faisait un tour de garde devant chacune d’elles une bonne partie de la nuit. Aux petites heures du matin elle se tenait sur le toît pour une dernière inspection avant qu’on ne l’attache dans sa niche; c’était une gardienne incroyable. Elle est restée longtemps seule sans compagnon. Peut-être était-ce la raison de son indifférence et de sa cruauté envers sa première portée. Néanmoins elle s’habitua au fait d’être pleine et sous les injonctions de mon mari, réussit à prendre soin de ses autres chiots.
Elle n’aimait pas le bain, dès qu’elle voyait la bouteille de shampoing, elle se sauvait. Etonnée de la voir comprendre la signification du flacon je me promis la prochaine fois de la lui dissimuler cependant il n’y avait pas que la bouteille qu’elle reconnaissait elle comprenait aussi les mots. Car si elle m’entendait dire : ce matin je dois baigner Lady, elle se mettait à gémir. Je m’y pris autrement pour le bain suivant; je l’attachai d’abord près du bassin, puis j’amenai mes accessoires. Il fallait la voir me supplier de ses yeux larmoyants ! Je restais bien sûr sourde à son appel, alors elle se mettait à trembler jusqu’à ce qu’elle soit sèche. Elle présentait comme tous les membres de la famille une intolérance au lait et elle souffrait de mal d’auto comme les humains, aussi ne sortions nous pas trop souvent avec elle. Soit dit en passant tous nos chats ne tolèrent pas non plus le lait.
Une petite amie de ma fille avait pris l’habitude de la narguer quand la porte de la cour était fermée. Elle lui faisait des grimaces sachant être en sécurité derrière les barreaux. Un jour pourtant Lady lui fit une belle peur pour la corriger. Elle pénétrait dans la maison, ignorant que Lady était libre sur la cour avec la porte ouverte. A sa vue, la chienne fit un bond vers elle, avec les babines retroussées et les crocs menaçants. Elle se dépêcha de venir se réfugier dans mes jupes, mais la chienne lui avait déjà donné l’assaut et dans son langage lui disait : la prochaine fois je ne me contenterai pas seulement de te faire peur.
Quand elle mourut, elle vint nous dire adieu comme le fait certaines personnes au moment de mourir, et pendant quelques jours nous la sentions dans la maison. Notre affection réciproque avait-elle suffit à lui donner ce caractère humanisé ? Etait-ce une bête particulièrement intelligente ? Cette intelligence ne venait-elle pas de son âme en quelque sorte ? De plus toutes les personnes qui sont proches des animaux, volailles, poissons oiseaux et autres, peuvent vous en dire autant sur leurs compagnons et mêmes plus. Je suis solidaire de toutes les actions en faveur de nos frères à quatre pattes, à ailes ou à nageoires, je pense qu’il est grand temps qu’on puisse les considérer comme des êtres capables de souffrir, d’aimer et de partager nos vies dans la dignité. Ils nous servent sans réserve et en retour nous les blessons et les torturons. même s’ils doivent mourir, évitez-leur des souffrances inutiles.
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