Archive for March 17th, 2007
Un léger chuintement frissonne au-dehors, est-ce la pluie ? Mais oui, elle est là, depuis le temps qu’on espérait sa venue ! Elle a voulu nous surprendre en s’amenant sur la pointe des pieds, et elle a réussi ; son déferlement subit a fait sursauter. Elle gicle de partout, les récipients vides qui traînaient sur la cour, sont déja remplis, il n’y a plus d’espace pour la contenir. D’où sort toute cette eau ? Aucun signe avant-coureur ne la laissait prévoir.
L’orage au loin éclate, la connection internet a été interrompue, la télévision aussi. Depuis le “réchauffement de la planète “, la pluie est anarchique. Elle ne respecte plus sa saison pour s’amener. Elle s’absente fort longtemps, puis elle vous envahit comme ces indélicats qui débarquent chez vous à une heure indue.
Ce soir, les plantes vont dégorger, les canivaux seront débordés et les plaines inondées. En dépit du tempérament irresponsable de la pluie depuis ces dernières années, je ne puis lui en vouloir. C’est une amie très chère que j’aime. je ne peux lui enlever mon affection parce qu’on n’aime qu’une fois pour toute. En aimant, on s’investit, on acueille et accepte l’autre sans rien lui demander en retour. Mais le verbe français aimer est de toutes les sauces pour exprimer des émotions ; alors souvent, on confond : aimer boire du café chaud, avec aimer son partenaire. Quand le café est froid, il est rejeté, comme le compagnon ou la compagne le sera pour n’importe quelle raison, ne serait-ce que parce qu’on n’est plus intéressé. N’oubliez pas pourtant que l’amateur de café, le prendra sous toutes les formes et aura de la peine à s’en séparer.
En anglais par contre, I love, se démarquera de I like pour exprimer le vrai attachement et bien que j’adore puisse mettre l’accent sur un excès de sentiment, il n’aura pas vraiment la même signification que love . Je découvre dans l’anglais classique, tellement de profondeur pour parler de certains états d’âme et de grandes vérités, qu’il m’arrive de me demander, si son origine ne viendrait pas de quelque continent perdu dépositaire d’une connaissance qui aurait perdurée à travers cette langue. Néanmoins, je dirai tout simplement : ” j’aime la pluie “, et mon coeur saura faire la différence quand il m’entendra avouer aussi, combien j’aime les bananes pesées .
La pluie continue de tomber, son rythme s’accélère, bien que l’orage ait cessé. Une petite brise m’apporte la fraîcheur extérieure, augurant d’une nuit agréable. Mais je ne puis m’empêcher de penser aux rues qui déborderont d’immondices, aux bidonvilles qui pourraient se noyer dans les lits asséchés où ils ont pris logement. On a beau expliquer à ces malheureux que l’eau garde en mémoire le souvenir de son lit et qu’elle peut décider de revenir chez elle sans avertir, ils n’entendent rien. Les leurs ont péri dans ces ravines occupées impudemment. Pourtant leur philosophie fataliste ne les incite pas à la prudence. Si les gens meurent par négligence, lè yo te rive ( leur heure avait sonné .) Sinon, bondye bon ( Dieu est bon.) Avec ces formules immuables, ils continuent d’investir les ravines taries, ils se suspendent au toît des autobus et font des connections électriques dangereuses dans leur habitat.
Le gouvernement les regarde faire. Il ne les aime pas encore assez pour leur apprendre à s’aimer eux-mêmes et les aider à faire les bons choix. Je souhaite qu’un jour nos dirigeants puissent nous aimer si fort, qu’ils mettent nos intérêts avant les leurs. Ainsi notre pays redeviendra la Perle des Antilles !
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J’ai eu la joie de découvrir une saison particulière que je ne connais pas dans mon pays. Pourtant mon coeur a frémi quand les feuilles ont crissé sous mes pas. Etait-ce la remontée d’un ancien souvenir surgi d’une autre vie ? Est-ce mon sentiment d’universalité ? Voici en tout cas ce qui est venu sous ma plume à l’écoute de mon coeur :
L’or des arbres s’effeuille
Garnissant rues et trottoirs.
La pluie dorée, ravit l’oeil.
L’automne hâte les soirs
Obligeant gants et manteaux.
Dans l’âtre, la bouilloire
Réchauffe les mains et l’eau.
Au-dehors, l’on frissonne.
Les nuages en écheveaux
Sous le vent tourbillonnent.
Quelques branches dénudées
Font joliment entrevoir
L’hiver hardi trop pressé.
D’autres encore garnies
Transmettent les au-revoir
D’un été déjà parti.
Une promesse de printemps
Colore de vert l’espoir
Des coeurs tendres et aimants.
Les auvents aléatoires,
Abritent de jolis moineaux
Qui s’inventent des perchoirs
Sur tout généreux linteau.
Dans les étals des marchés,
La saison offre des poires
Et des marrons parfumés.
Le saule de sa dorure
Frôle de l’eau le miroir
Où se mire sa parure.
Les colchiques dans les prés
Saluent d’un gentil bonsoir.
Ainsi se résume l’année
Dans son beau répertoire,
Pour mon âme émerveillée.
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Une goutte d’huile essentielle lapée sur le dos de la main, atteint le coeur de la cellule en deux minutes ?
Le gel de l’aloès guérit une conjonctivite en une journée ? Une brûlure légère en une nuit, ainsi qu’une coupure ?
Un chien peut être rancunier ?
Les oiseaux chantent pour saluer un évènement heureux chez les humains ?
Un sourire est le moyen infaillible pour vaincre la peur chez l’autre ?
Un mot mal prononcé est une disharmonie sonore ?
Personne n’est jamais seule même en étant isolée ?
L’arc-en ciel est beaucoup plus qu’un effet des gouttelettes d’eau à travers le soleil ? Le voir procure toujours un moment d’émotion, de sérénité et de joie que les couleurs réfractées par le prisme ordinaire ne provoquent jamais.
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