Minuscule petit carnet aux pages centenaires et à la couverture noire, pour mieux cacher les idées mélancoliques de ta propriétaire, je te tiens dans mes mains avec beaucoup d’émotion. A travers le crayon pâli de tes écritures, se devine la détresse d’une femme, épouse et mère, vivant en secret un grand abandon affectif. Comme je la comprends ! Ne serions-nous pas parentes elle et moi ? Tu m’es apparu venant de nulle part. Avec discrétion tu as révélé ce qui va suivre.
Quelques phrases tirées de romans, lors nouvelle vague, servant de repères philosophiques et religieux à une jeune âme en éveil, sa recherche de l’Amour divin compensant son manque d’amour humain. Cette quête dura le temps de l’adolescence et même au-delà peut-être, puis survint un grand vide qui dévoila dans ses pages, le grand vide de ce coeur féminin. Il n’y avait plus rien à transcrire et rien de nouveau à relater. Cela dura vingt ans, un long silence douloureux. ( à suivre)
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