Note d'Or

Poésies et Histoires pour votre plaisir!

Feb-20-07

Le fin du fin de la conduite automobile

Posted by Nancy

Les années de conduite m’avaient apportées maintes expériences, avec des bobos plus ou moins graves pour la voiture et mes poches, mais je m’améliorais grâce à elles bien sûr car c’est bien là leur rôle, nous faire avancer et nous permettre de grandir. A condition qu’on coopère avec elles évidemment. Par exemple à force de casser mes rétroviseurs, j’avais fini par pouvoir sortir de mon garage. Je pouvais faire une marche arrière sans défoncer le pare-choc, me faufiler dans la circulation et réussir ce que nous appellons ici une linèt qui consiste à s’insérer entre deux véhicules avec pour tout espace celui du vôtre.

Il me restait cependant l’épreuve suprême : l’obtention du permis de conduire de la Floride où je réside. De l’argent et une bonne relation de mon professionnel m’avaient permis de renouveler mon tout premier permis des Gonaïves, sans jamais subir d’examen, hormis le seul sur le code de la route à l’écrit. Aux Etats-Unis cel n’était plus possible et mon document haïtien avait une valeur limitée. Il me fallait ce papier légal qui constituait la principale pièce pour la majorité des transactions. Je me mis à l’étude de ce code américain qui ne différait pas trop du mien, mais dont la pricipale difficulté se situait dans la différence de langue. L’examen se trouvait disponible sur internet et avec mon aîné sur place j’avais toutes les chances. Ça c’était en théorie, la pratique se révéla autrement ardue.

Le jour de l’examen, ma fille qui passait également le test m’accompagnait, ainsi que mon fils. Une longue file vertigineuse nous garda en rue devant le service de la circulation, plusieurs heures d’affilées. Etait-ce la fatigue de l’attente, l’atmosphère tendue qui y régnait, comme en tout lieu d’examen ? Ou plutôt le ton sévère de ceux qui nous recevaient, ou encore la crainte de ne pas comprendre tous les mots, ou quoi encore ? Je ne sais… La vérité est que j’étais dans une confusion totale que mes années de pratique haïtienne ne semblaient pas pouvoir apaiser, voire clarifier. Pourtant je passai le test écrit avec une très bonne moyenne. Restait celui de la pratique, jamais subi auparavant avec un examinateur. Personne ne comprenait la panique qui s’emparait de moi à l’idée de cet examen. J’en perdais le sommeil et je mangeais mal. Les tournées faites avec mon fils pour me préparer se révélaient correctes et promettaient une réussite certaine. D’où venaient donc ces angoisses ? Aucune explication  ne les justifiait. Je retardais sans cesse le moment fatal; cependant, il vint l’heure inéluctable.(à suivre)

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