Archive for January, 2007
Nous nous engouffrons tous les six : Henry, avec femme, enfant et garçon de cour, Rudolph et moi dans une petite Honda passablement essoufflée. Il est passé huit heures quand la séance de cinéma se termine. La Honda fait des siennes pour démarrer. Cette attitude de la voiture installe en nous une angoisse diffuse avec toutes sortes de questions inavouées sur sa possibilité de nous mener à bien. Rudolph décide de plaisanter pour chasser notre inquiétude, mais les arrêts intempestifs du véhicule ne font que la renforcer. La route est longue, la circulation est très clairsemée ; la possibilité d’un secours est donc du fait très limitée. En notre for intérieur, nous nous voyons déjà trimballer nos multiples bagages sur la route déserte pendant des heures. Henry, essaie de passer de la première à la troisième vitesse pour soulager la malheureuse Honda s’esquintant de plus en plus, mais la manoeuvre est impossible. A chaque essai, une crise d’athsme la terrasse. Arriverons-nous à la maison ? That is the question!! Nous continuons notre route suivant le rythme du véhicule, sous les plaisanteries et jeux de mots de Rudolph. Il se donnait pour devoir de nous détendre, mais il n’a pas vraiment réussi, notre situation précaire étant trop évidente. On sentait dans sa voix, les efforts qu’il faisait lui-même pour se convaincre que tout allait bien. Je sentis soudain que la voiture ralentissait encore plus. Je le dis à mon frère au volant mais ma remarque ne fut suivit d’aucun commentaire. L’inquiétude par contre augmenta avec une odeur de roussi venant de la pédale du débrayage. Encore quelques mètres à supporter nos effets sur nos genoux avec toujours la question lancinante et silencieuse : arriverons-nous ? A un tournant, ma belle-soeur Gercy s’écria : Ouf! nous ne sommes plus très loin, nous pourrons même marcher si nécessaire. Elle ne se rendait pas compte que la soi-disant proximité de la maison nous prendrait malgré tout une bonne heure de marche avec la fatigue et le poids des colis à porter. Ma réflexion concernant cette possibilité nous amena à solliciter l’aide du ciel pour atteindre notre but, de préférence avec la Honda même en piteux état. Elle se traînait lamentablement mais nous rapprochait de la maison à chacun de ses efforts. Quand enfin elle s’arrêta définitivement épuisée, nous étions dans notre cour. Les pneus subissant la chaleur excessive des jantes chauffées à blanc sous l’effort. Les freins s’étaient bloqués, ce qui ralentissait la voiture quand j’en avais fait la remarque. La pauvre avait trouvé ce moyen de nous ramener sans trop subir de ses crises d’étouffement. Elle y était arrivée à ses dépens mais fière d’avoir accompli sa mission. Qu’importe son mal si nous étions en sécurité sous notre toit. Henry, l’arrosa d’eau fraîche la soulageant un peu, mais déjà nous savions qu’elle n’était plus bonne à rien. ( à suivre)
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Me revoici à l’aéroport du Cap-Haïtien accueillant mon ami Rudolph qui vient comme moi faire un travail particulier dans la ville. Il se coince à l’avant de la pick-up que j’ai pu nous trouver pour le récupérer. En route, je lui fais un bref compte-rendu de ma première journée, puis nous nous préparons à l’interview radio devant avoir lieu dans une demi-heure, c’est à dire à 4h pm.
A la radio, c’est l’enthousiasme complet. Beaucoup d’éditeurs posent des questions en direct sur les sujets ésotériques et spiritualistes qui constituent la trame de l’émission. Certains sont même venus sur place rencontrer l’invité spécial d’antenne-Jeune, de radio Maxima. Rudolph est intarissable et nous deux sommes bien contents que le milieu capois puisse montrer un si grand intérêt aux choses de l’esprit dans le domaine de la spiritualité. Cependant, après une dure matinée cahotée et ballottée dans les transports publics je n’étais plus bonne à rien après plus d’une heure d’entretien. Il me tardait de rentrer chez Henry, mon frère, qui nous offrait son hospitalité, pour manger, me laver et me reposer. Mon désir de bien-être fut mis à l’épreuve car nous dûmes patienter fort longtemps pour combler nos besoins légitimes. Une panne importante obligeait Henry à se procurer un autre véhicule et pour cela attendre celui d’un ami. De plus ma nièce tenait à une séance de cinéma, que je trouvais incongrue, vu les circonstances, mais à laquelle nous dûmes nous plier. Il fallait attendre la fin du film ne pouvant la laisser et la maison étant à plusieurs kilomètres de la ville.
Dans un premier temps, des oranges juteuses apaisèrent partiellement notre faim devenue cruciale entre temps. La petite marchande de douze ans épluchait avec compétence les fruits démandés. N’allait-elle donc pas à l’école? Ou était-ce une activité post-scolaire? Elle avait l’air neutre d’une personne ne pouvant plus s’étonner de rien. Rudolph lui offrit la somme pouvant lui permettre de s’acheter une autre cuvette pour contenir ses oranges, car la sienne menaçait de se fendre complètement. Elle remercia sans chaleur bien qu’avec sincérité. A mon avis, la lassitude et le découragement avaient eu raison d’elle. Devra-t-elle remettre l’argent à quelque sévère marâtre?
A sept heures du soir, le ventre toujours creux et les oranges largement digérées, nous atteignons enfin le cabinet d’Henry où ma belle-soeur avait eu la lumineuse idée de nous faire apporter notre repas. Dégustant du poisson frais accompagné de notre riz et pois national nous jouissions de la lune montante et d’une bonne brise vespérale. En guise de dessert, nous eûmes des cacahuètes grillées et chaudes et des bonbons à la menthe. C’est un mélange que nous faisons souvent chez nous en Haïti . Rassasiés, nous devisions calmement attendant ma nièce Audrey. (A suivre)
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Pyjama qu’on ne m’ôte plus
Usé de sollicitude.
Peignoir aux couleurs fondues
Qui m’offre ta quiétude,
Chers vêtements défraîchis
Accrochés à ma peau
Vous partez à vau-l’eau
Sans que mon amour flèchit
Quel est votre secret
Pour capturer mon coeur?
Ce chaud confort douillet
Ou l’unique douceur
M’enlacant de tiédeur?
Nancy 2 octobre 2004
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Absente pour quelques jours, je viens de vivre des moments intenses, que je vous ferai partager tout au long des jours à venir.
Déjà je vous embarque dans l’avion où vous pourrez voir à travers mes yeux, la dégradation de mon pays. Cependant je vous réserve des surprises, car notre peuple toujours accueillant vous fera vite oublier ce qui n’est plus, pour vous amener d’autres beautés et des paysages toujours merveilleux.
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8h30, dans une demi-heure, le vol Caribintair décollera vers le Cap-Haïtien. Neuf heures, je suis dans l’avion, un petit appareil à hélices. De ma place je peux voir le poste de pilotage; une des hélices est à ma gauche comme une immense mouche immobile. L’avion se remplit lentement bien qu’il ne puisse dépasser quinze passagers. Personne ne se presse, l’heure du départ a dû être changée à mon insu peut-être, car mon billet affichait neuf. Bref! Ici aucun horaire précis, toujours dans l’incertain, jamais de planification. Je viens d’entendre quelqu’un crier:”kote pilot yo?“(où sont les pilotes) Moi aussi je me pose la même question. Prévoyant un retard possible, j’avais demandé à ma nièce d’attendre mon signal pour venir me chercher. Bonne précaution pour éviter une attente inutile. Nous ne sommes que huit à partir finalement, c’est une première pour moi, il semble bien que ce second vol ne convenait pas à beaucoup. Le co-pilote a vérifié avec le pilote les différentes manoeuvres indispensables au vol. La grosse mouche s’anime, l’avion roule sur la piste augmentant sa vitesse progressivement, il se prépare à l’envol. Un tremblement de vibro-masseur secoue mon siège, la carlingue suit le mouvement tandis que la vitesse s’accroit. Un dernier sursaut et nous voilà dans les airs.
Sous l’avion défile un paysage de papier màché d’un brun uniforme. la vie s’est retirée de ces montagnes. les longues cicatrices blanches en témoignent, elles sont exangues. De petits nuages se traînent à contrecoeur sur cette désolation, on sent aussi le découragement du vent ne pouvant faire chanter les arbres. Nous continuons à survoler ce désert montagneux pendant une dizaine de minutes, puis ça et là apparaissent quelques touffes de verdure sur le sol nu, telles des grains de cheveux entortillés sur des crânes tondus d’enfants chétifs. Chez nous on les appelle des tet grenn. Mon pauvre pays que ne t’avons-nous pas fait!? En nous approchons du Nord, la nature semble prendre le dessus sur la folie destructrice des hommes. Une rivière diminuée subsiste, pour encore alimenter la végétation tenace qui s’y abreuve. Des toîts de tôles apparaissent au travers de la verdure. Quelques personnes sont maintenant visibles car l’avion amorce la descente. Nous atterrissons avec un léger heurt, la ville est là m’attendant. Pendant quatre jours je sillonnerai les rues et les quartiers de la banlieue capoise ou je suis née et vêcu jusqu’à mon mariage; mais je ne retrouverai pas mon passé bien révolu dans ce nouveau décor délabré et laid. Pourtant comme une fleur s’épanouissant dans la vase putride, une maison rose et blanc croise mon regard la deuxième journée de mon séjour. Son balcon impéccable de propreté, rénové tout en gardant le style particulier du Cap d’autrefois, offrait une ombre bienfaisante, obligeant les regards à en chercher la source pour la bénir de sa présence dans ces rues défoncées et sales. La beauté est partout où on veut bien la voir, il suffit d’ouvrir son coeur et ses yeux. Cette maison à la couleur de l’amour m’a bien réconfortée! Tant pis pour les indifférents pressés, s’agglutinant dans l’espace encombré, trop soucieux de serrer leur maigre monnaie dans leurs sacs à moitié troués. (A suivre).
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Le geste du père a rompu
Sa main a offert,
Celle du fils a reçu
Une tige de bougainvillier.
Et voilà le visage ouvert
Par le large sourire manifesté !
Un garçon souffreteux,
Avec ses doigts et ses yeux
A révélé de son âme l’éternité.
Il a suffit de deux secondes
A mon coeur pour capter
Ce message d’un autre monde.
Ce duo d’amour fut ma fleur.
Mais ceux qui m’ont gratifiée
De ce merveilleux cadeau
N’en n’ont pas eu conscience,
Tant ils vivaient leur bonheur.
Cet instant sans défaut
De leur réciproque présence
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Pour enchanter
Mon coeur
J’ai revêtu du rose
Pour dépasser
la peur
J’ai chaussé du rose
Pour garder
Le bonheur
Ton éléphant rose
A mon cou suspendu.
Ce nouveau jour en rose
C’est l’amour revenu
Ce matin deux-mil-sept.
Au coeur, la Rose
En tête
Un air de fête
Que le ciel propose
A chaque touche de rose”

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